Rouxel Jean - mardi 07 juillet 2009
fn, ump, chirac, sarkozy
Dimanche 5 juillet, le « front républicain » a une nouvelle fois fait la preuve de son efficacité. À Hénin-Beaumont, malgré sa très large avance, le Front national a perdu au deuxième tour, avec 47,6 % des voix contre 52,4 % au divers-gauche Daniel Duquenne.
Compte tenu de la situation très particulière qui régnait dans cette ville du nord de la France, le FN avait, pour la première fois, la possibilité de battre en duel un candidat de ce pseudo « front républicain ». Car Hénin-Beaumont se caractérise, en particulier, par le rejet profond d’une classe politique corrompue incarnée par l’ancien maire socialiste Gérard Dalongeville. L’appel au « vote citoyen » aurait fort bien pu ne pas être entendu…
Au demeurant, il a été beaucoup moins entendu que pour la présidentielle de 2002 ou les municipales de 2001 (le cas des régionales de 1998 est différent, puisque l’appel au refus des voix du FN ne concernait que les politiques eux-mêmes et non les électeurs).
Les électeurs de Hénin-Beaumont ont en effet davantage voté pour le FN au deuxième tour qu’au premier : sur les 26 000 habitants, 1 000 électeurs de plus se sont portés sur la liste de Steve Briois (alors que le FN n’a été battu que de 500 voix).
Malgré tout, donc, le « front républicain » continue à fonctionner, avec une redoutable efficacité. Les réflexes pavloviens de la classe politico-médiatique appelant à « faire barrage au Front national » ont permis une hausse de la participation et un désistement sans condition de toutes les listes en faveur du candidat de gauche arrivé en deuxième position au soir du premier tour.
Mais ce qui est gravissime pour la droite tient en une phrase : l’UMP de Nicolas Sarkozy a manifesté qu’elle était sur la même ligne politique que celle de Jacques Chirac.
La droite parlementaire continue à montrer qu’elle décide de son vote, non pas en fonction des circonstances politiques et de la plus ou moins grande proximité de tel ou tel candidat avec ses valeurs, mais qu’elle prend ses consignes dans la presse de gauche. Alors que tout le succès de Nicolas Sarkozy résidait dans le fait qu’il affirmait sans complexe être de droite.
Avec ce « front républicain » à Hénin-Beaumont, nous voici revenus dix ans en arrière. La gauche peut facilement remporter les élections en étant minoritaire en voix. Que les chefs de l’UMP se réjouissent du résultat de dimanche soir (après les 4 % du premier tour !) dépasse l’entendement…
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