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G20 : échec (momentané ?) au mondialisme


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Rouxel Jean - mercredi 09 juin 2010

mondialisme
Le sommet des ministres des Finances du G20, qui s’est tenu le week-end dernier à Busan (Corée du Sud), a écarté le projet de taxe bancaire internationale.

Ce projet bénéficiait pourtant de soutiens puissants : une grande partie de l’Union européenne (Allemagne, France – dès qu’il y a une taxe à créer, on peut savoir que nos dirigeants sont pour ! –, Royaume-Uni…), et surtout les États-Unis.

Mais une coalition de quelques pays récalcitrants (Canada, Japon, Australie et quelques pays émergents) a empêché cette création.

Pour ma part, je m’en réjouis.

D’abord, parce que je commence à être un peu lassé de ce réflexe pavlovien de nos « élites » politico-économiques : quand il y a un problème, le premier réflexe est de lever une taxe. En fait de rupture, Sarkozy est en la matière le clone parfait de Chirac.

Mais surtout, parce que cette taxe était l’instrument que souhaitait le Fonds Monétaire International, dirigé par l’illustre Strauss-Kahn (à qui nous devons au moins deux calamités : les 35 heures, dont il est coresponsable avec son amie et rivale Aubry, et les calamiteux plans de relance qui ont multiplié l’endettement de nos États dans des proportions gigantesques), pour une « gouvernance mondiale ».

Je ne dis évidemment pas que les banques, largement responsables par leur irresponsabilité (si j’ose dire) de la crise, ne mériteraient pas de payer. Mais pas comme ça.

Car, concrètement, cette « gouvernance mondiale », c’est ce que l’on appelle le mondialisme, c’est-à-dire l’idéologie qui prétend que les états-nations sont périmés et que, désormais, les problèmes doivent se résoudre au niveau « global ». Manque de chance, les institutions en charge de cette « gouvernance mondiale » n’ont aucune légitimité d’aucune sorte. Pas de légitimité politique, bien sûr, mais même pas de légitimité économique : ce n’est tout de même pas le fait de s’être trompé sur tout depuis des décennies qui accrédite leur brillante expertise !

Le jour où une taxe internationale aura été acceptée par la lâcheté des gouvernants, incapables d’assumer leur autorité, (et malheureusement, ce jour a toutes chances d’arriver dans les années qui viennent), le mondialisme aura gagné.

Nous serons alors gouvernés par des personnes que nous n’aurons pas choisies et dont le seul titre à nous gouverner sera le zèle qu’elles auront mis à nous spolier. Vous me direz que c’est déjà le cas ? Certes. Mais nous pouvons encore décider d’envoyer tout valser !


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