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GDF-Suez : Nicolas Sarkozy met la CGT au pied du mur


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Rouxel Jean - mercredi 05 septembre 2007

cgt, syndicats, economie
Sur ce dossier GDF-Suez, Nicolas Sarkozy a suivi l’avis de son ministre Christine Lagarde, et non pas celui de son conseiller spécial Henri Guaino.

Pourtant, jusqu’au dernier jour du mois de juillet, le Président hésitait. Ce ne sont certainement pas les raisons avancées par les présidents des deux sociétés concernées qui l’ont convaincu. Ce sont évidemment des considérations politiques.

Le Chef de l’État est acquis à l’idée de rompre avec la funeste cogestion, pratiquée, de fait, depuis soixante ans dans notre pays, qui aboutit au fait que l’essentiel du secteur public est dirigé conjointement par une camarilla de hauts fonctionnaires et un petit groupe de chefs syndicalistes autoproclamés. Cette cogestion à la française profite à la famille communiste, sous la forme de la variante CGT.

Ce système est  tout particulièrement à l’œuvre dans le secteur de l’énergie. Si l’on veut ramener, dans ce pays, l’influence de la famille communiste à sa juste place, qui est devenue dérisoire, il faut lui ôter les leviers qu’elle y détient toujours.

Une partie de ce travail a été réalisée par le marché. Il n’y a plus, en France, une seule mine de charbon. Les capitaux publics se sont désengagés du pétrole. Le constructeur de centrales nucléaires Aréva attend son heure pour être privatisé, en s’appuyant sans doute sur le groupe Bouygues. Seuls le gaz et l’électricité demeuraient très largement sous contrôle public, avec la CGT en vigile.

Suez produisait et vendait déjà du gaz tandis qu’EDF avait mis une partie de son capital en bourse. Mais, avec cette opération GDF-Suez, c’est non seulement une nouvelle étape qui est franchie mais encore – et c’est bien plus important – c’est la mise en concurrence, de fait, d’EDF. Ce qui, ajouté à la libéralisation du marché, imposée par l’Union européenne, aboutira, avant peu, à une normalisation concurrentielle de la totalité du secteur de l’énergie en France. Le PCF, dans cette affaire, joue sa survie. Nous pensons que Nicolas Sarkozy a choisi le bon moment et le bon terrain. Et on ne voit pas que la défense des monopoles publics, avec statuts spéciaux et très privilégiés du personnel, puisse être très populaire.

On peut faire confiance aux syndicats stipendiés pour mobiliser autant qu’ils le pourront leurs troupes conditionnées. Que le gouvernement tienne bon, et l’emporte, et ce sera la voie ouverte aux réformes qui n’ont pas été mises en route au cours des cent premiers jours de cette nouvelle présidence.

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