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Gabriel Dubois : Aimer la France et connaître son histoire


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Entretien - mardi 24 juin 2008

livre
La saga capétienne : D'Hugues Capet à Louis XVIEntretien avec Gabriel Dubois, jeune essayiste et historien,

Vous venez de publier un imposant volume sur l’histoire de la royauté française. À quel public est-il destiné ?

« La Saga capétienne » est destinée à un public large, celui de l’honnête homme qui, ayant déjà quelques connaissances sur la période, désire mieux la connaître. Si l’érudit n’apprendra rien, j’ai eu pour ambition de faire le miel de l’amateur éclairé et de l’étudiant.

Vous renouez avec l’histoire chronologique, qui n’a pas très bonne presse dans la France contemporaine. Est-ce le résultat d’un choix « idéologique » ?

Pas le moins du monde. Je me suis seulement dit que, si le lecteur voulait y comprendre quelque chose, il fallait lui donner un repère solide. Et quel plus beau tuteur que la chaîne du temps ? Concernant l’histoire thématique, je n’en ferai jamais la méthode de fonctionnement d’un de mes ouvrages, à l’exception d’une étude spécifique sur tel ou tel point. En effet, je pars du principe qu’on ne peut se lancer de façon constructive dans l’histoire thématique qu’après avoir déblayé le chronologique. L’histoire thématique est l’apanage des érudits, des vieux professeurs, mais, chez le néophyte, cela ne peut provoquer que l’indigence intellectuelle, faute de repères.

Ce retour à la chronologie ne risque-t-il pas de se faire au détriment de l’histoire des idées, de l’histoire des institutions, ou d’autres formes d’histoires plus contemporaines ?

Pas du tout. Une étude sérieuse suivant une ligne chronologique peut tout à fait laisser apparaître en toile de fonds une évolution institutionnelle et idéologique. Je pense d’ailleurs que l’étude sérieuse des événements et de leur enchaînement permettant de mieux cerner l’évolution et le contexte des idées et des institutions en donne une perception plus sûre. Qui comprendra quelque chose à la loi fondamentale de catholicité s’il n’a pas en tête l’évolution historique du catholicisme en France, du baptême de Clovis aux guerres de religions ? C’est un peu « l’empirisme organisateur » de l’étude de l’histoire…

Vous écrivez une dernière partie sur les institutions, dans une logique qui semble assez tocquevillienne, de continuité entre Ancien Régime et modernité politique. N’êtes-vous pas frappé aussi par l’aspect de rupture des événements révolutionnaires ?

Si, bien sûr, et j’espère l’avoir montré dans mon chapitre sur Louis XVI. À vrai dire, si continuité il y a entre les institutions de la royauté et celles de la France contemporaine, elle se situe dans la forme, le fonctionnement concret et technique, mais en aucune manière sur le fond. Les institutions restent des outils au service d’une réalité humaine et d’idées. La Révolution en dépit de sa table rase a conservé bon nombre d’institutions, mais elle a totalement rompu avec les idées de la royauté.

Il est clair qu’on ne peut pas comprendre la France sans connaître ces presque mille ans d’histoire capétienne. Mais, pour vous, la monarchie semble être également une idée d’avenir. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Les idées ne meurent pas. Elles peuvent tomber dans l’oubli pour un temps plus ou moins long, puis revenir vers nous sous un visage méconnaissable. Une seule chose est sûre, une fois qu’elles sont lancées, elles acquièrent l’immortalité, même si personne ne peut dire où et quand elles tomberont en sommeil puis reviendront au jour. La royauté, autant qu’une institution politique concrète, historiquement datée, est une idée politique, une conception des rapports entre l’institution politique et les habitants de la cité. Si le temps des treize siècles qui ont fait la France semble achevé, l’idée de la royauté française a toujours de l’avenir. Mais, ici, peut-être faudrait-il méditer la conception de l’histoire du philosophe Jean-Baptiste Vico. Je ne résiste pas à l’envie de vous renvoyer aux chapitres correspondants de la remarquable « Histoire mondiale des idées politiques », publiées récemment par Yves-Marie Adeline.

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En bref
Provocation
Le président syrien El-Assad a été invité aux cérémonies du 14 juillet. Parmi les troupes qui défileront devant lui, figure la dernière promotion de St-Cyr. Cette promotion est baptisée « Lieutenant de la Batie », du nom d’un jeune officier parachutiste tué au Liban lors de l’attentat du Drakkar (23 octobre 1983), et vraisemblablement commandité par le régime syrien… On ne fait pas plus délicat !

Divers faits
CESU > Début 2008, 12 300 entreprises, collectivités, mutuelles… proposaient des chèques emplois service universel (CESU) préfinancés à leurs collaborateurs pour les aider à rémunérer des services à la personne. Parmi ces 12 300 organismes, 10 880 étaient des entreprises, dont plus de 7 600 avaient moins de 50 salariés…

RTT > 38% des salariés bénéficient de jours de RTT (réduction du temps de travail), pour une moyenne de 13 jours par an.

Forêt > Bien que la France soit le 4e pays européen par sa surface forestière, le secteur bois-forêt est le deuxième poste le plus déficitaire de notre balance commerciale (5,5 milliards d’euros de déficit en 2007) !

Mort clinique > Début 2008, lors d’une intervention chirurgicale visant à prélever (pour les greffer) des organes sur un patient dont le cœur était arrêté depuis une heure et demie, les médecins de la Pitié-Salpêtrière ont eu la surprise de découvrir que leur patient reprenait vie. La frontière entre la vie et la mort est décidément bien ténue…

Papier > La consommation française de papier et carton a augmenté de 2 % en 2007 pour atteindre 11,1 millions de tonnes.




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