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Gael chante le Che à Star Academy


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Courrier - mercredi 08 novembre 2006

che, star-academy, communisme
Il est de bon ton, chez les jeunes communistes, de qualifier TF1 de chaîne de « beaufs franchouillards » inféodée à la droite la plus réactionnaire. Qu’ils se rassurent : la première chaîne sait donner des gages à l’idéologie meurtrière qu’ils défendent.

En effet, c’est à un hallucinant spectacle que l’émission de télé Star Academy nous a conviés le 20 octobre dernier : Gaël, le « Gipsy » de l’école, interprétant Commandante Che Guevara accompagné de danseurs en costume latino-américain et dans un décor de circonstance, avec une belle jeep couleur kaki et un portrait géant du célèbre guérillero !

Gaël a été chaudement félicité par ses camarades qui ont salué en lui un rebelle, un révolutionnaire, et j’en passe ! Et quand le présentateur Nikos Aliagas lui a demandé si le Che était un modèle pour lui, notre guérillero-académicien a répondu : « ce doit être un modèle pour tout le monde, je pense ».

Un modèle de quoi ? Nous ne le saurons pas. Il est même possible que le jeune chanteur soit a peu près ignorant de qui était réellement ce personnage permettant de vendre beaucoup de T-shirts.

Le Che, surnom d’Ernesto Rafael de la Serna, né en 1928 dans une famille aristocratique sans fortune d’Argentine, est d’abord un étudiant en médecine asthmatique à la recherche d’aventures. En 1951, prenant une année sabbatique, il enfourche une moto et part sillonner l’Amérique du Sud avec un ami d’enfance. L’observation concrète de la pauvreté sévissant dans les pays qu’il traverse renforce ses convictions : la révolution se fera par les armes pour renverser l’« exploitation capitaliste ». La rencontre du Cubain Fidel Castro, en 1955, lui permettra de passer de la théorie à la pratique. En 1959, les « barbudos » renversent le dictateur Batista. Castro et ses partisans ont vite fait de renier toutes leurs promesses de Démocratie et de Liberté. Les compagnons d’armes voulant rétablir une constitution libérale sont contraints à l’exil, parfois exécutés.

Che Guevara participe alors activement a l’établissement d’un régime totalitaire. Il s’illustrera de façon particulièrement morbide dans la prison La Cabana, qu’il dirige début 1959. Les exécutions y seront nombreuses durant cette période : 600, lit-on dans Le Livre Noir du Communisme (Robert Laffont 1997), 200 selon d’autres sources. Les procès sont des parodies de justice, la doctrine du Che en la matière étant « Si il y a un doute, tuez-le ».

Regis Debray, ancien compagnon d’arme du Che, rappelle également que ce dernier a ouvert les premiers camps de travail à Cuba, en 1960. En 1965, les camps d’internement sont systématisés pour ceux que le Che et sa bande considèrent comme suspects de tendances « contre-révolutionnaires » : les poètes dissidents, les homosexuels, les témoins de Jéhova, les prêtres catholiques, les clochards, les adolescents écoutant du rock, etc. La liste était longue.

Le reste de sa carrière ne fut pas plus brillant. Que ce soit en tant que Président de L’Institut national de la réforme agraire, directeur de la Banque centrale ou ministre de l’Industrie le héros s’illustra par son incompétence et son dogmatisme. La réforme industrielle ayant totalement échoué, Cuba ne devra sa survie pour les décennies à venir qu’aux subsides de l’URSS, à qui elle vend son sucre.France Intox, Frédéric Valandré; préface de Pierre Rigoulot; ISBN 0-9774224-3-7

Certains défenseurs du Che essayent de redorer l’image du personnage, en soulignant sa distance vis-à-vis de l’URSS. Le Che n’aurait donc rien à voir avec les tyrans moscovites. C’est oublier le pourquoi de la brouille. En effet, celui-ci accusait l’URSS de faire trop de concessions. Durant la crise des missiles de 1962, le Che reprocha à Kroutchev d’avoir négocié avec les Américains le retrait des armes atomiques de l’Île. « Nous les aurions toutes utilisées et les aurions dirigées vers le cœur de l’Amérique », affirmera l’icône de la gauche pacifiste d’aujourd’hui.


Dans mon livre France Intox (Éditions Underbahn, 2006), j’ai épinglé l’ignorance crasse des jeunes gens autoproclamés antifascistes et pacifistes, qui brandissent le portrait du Che dans leurs manifestations. Je suis sans doute mal placé pour juger des qualités de chanteur des « stars académiciens », mais en histoire comme en politique, c’est sûr, je leur donne un zéro pointé !

Frédéric Valandré et Aléric Brei-Lefebvre

Voir aussi : La BAF piège les porteurs de T-Shirts Che Guevarra


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