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Gel des dépenses publiques : Enfin


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Rouxel Jean - jeudi 13 mai 2010

dette
François Fillon a annoncé la semaine dernière un gel des dépenses publiques. Mon premier mouvement a été de me dire : Mieux vaut tard que jamais !
L’une des motivations des électeurs de Nicolas Sarkozy était en effet l’assainissement des finances publiques et, par conséquent, l’allégement des charges qui pèsent sur les entreprises.

Au lendemain du 3e anniversaire de l’élection présidentielle, nous en sommes loin : les dépenses publiques ont, au contraire, cru dans des proportions astronomiques. Que les trois prochaines années soient enfin consacrées à cet assainissement attendu depuis plus de 30 ans est, dans notre malheur, une bonne nouvelle.

Il faut noter toutefois que ce gel est annoncé « hors charges d'intérêt de la dette et hors dépenses de pensions ». Or, ces deux postes – qui figurent parmi les plus élevés du budget de l’État – vont, chacun le sait, considérablement augmenter au cours des années à venir. Un véritable gel des dépenses publiques ne peut pas en faire abstraction.

En d’autres termes, pour « geler » à strictement parler les dépenses publiques, il ne faudrait pas seulement stabiliser les autres postes de dépense, mais les réduire. À nouveau, nous en sommes loin.

Autre élément d’inquiétude : il semble qu’il ait fallu attendre les avis des agences de notation (presque toutes américaines et donc assez peu sensibles aux intérêts européens et moins encore aux intérêts français) sur les dettes publiques européennes pour prendre enfin des mesures. Cela prouve clairement que nous ne sommes plus indépendants. Nous sommes ainsi entrés dans un cercle vicieux : nous nous sommes endettés au-delà du raisonnable ; nous dépendons donc de forces financières qui nous échappent totalement ; et ces forces financières peuvent à présent nous dicter la politique à mener… Or, un des éléments de cette politique est paradoxalement l’accroissement des dépenses publiques (avec les aides aux États en faillite) !

J’ajoute que ce que nous n’avons pas eu le courage de faire en début de mandature, je doute que nous ayons davantage le courage de le faire à quelques mois des prochaines échéances électorales. Je crains donc que ce gel ne soit en réalité de la pou­dre aux yeux. Et quand je vois les commentateurs débattre pour savoir s’il s’agit ou non d’un plan de rigueur, cela ne me rassure pas…
Bref, bravo, Monsieur le Premier ministre, pour votre gel des dépenses publiques… À condition de le faire vraiment !

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