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Gilles Marchand : Hadopi et l’avenir d’internet


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Entretien - mercredi 25 novembre 2009

internet
Entretien avec
Gilles Marchand


Président d’Informatique sans frontière
http ://www.informatiquesansfrontieres.org

Après maintes péripéties, la loi Hadopi a été adoptée… Qu’est-ce que cela change concrètement pour l’internaute ?
L’internaute sait désormais qu’il ne peut plus voler sans risque dans la boulangerie et dévitaliser une création qui a besoin de revenus pour exister. Il y a pourtant des titres que l’on ne trouve qu’en « peer-to-peer », mais ce schéma a tendance à s’inverser, les connexions de celui-ci diminuant, alors que l’on assiste à une montée en puissance des plates-formes payantes qui s’étoffent en permanence et offrent de la musique en qualité CD.

Lors du débat sur la loi Hadopi, les clivages droite-gauche semblent avoir été dépassés… Des artistes, plutôt de gauche, se sont rangés aux côtés de l’UMP. Comment l’expliquez-vous ?
Le clivage n’a pas disparu. La preuve, le projet de loi avait été retoqué par le sénat en première lecture, mais il y a une telle urgence pour les artistes que tout le monde est d’accord pour agir et créer de l’économie sur internet dans le quatrième secteur économique, à savoir les biens immatériels. Il en va, à long terme, de la prospérité économique du secteur.

La régulation d’internet ne relève-t-elle pas de l’utopie ?
Internet est une stratégie du contournement, inventée au départ par les militaires qui redoutaient une rupture des transmissions, et les universitaires qui lui donnèrent son visage actuel, en plus de l’invention du HTML au CERN de Genève. C’est pourquoi on peut toujours trouver un accès autre. Pourtant, la tendance est celle du renforcement de clivages nationaux, comme en Chine et en Iran, mais l’effet d’un contrôle est à double tranchant puisqu’il n’empêche pas véritablement l’évolution des sociétés civiles concernées. Les gouvernements ont toujours cherché à contrôler les nouvelles techniques d’expression ou de communication qui émergeaient.
Internet ne doit pas être une jungle où sévissent des cyber-délinquants ou des cyber-flics qui les traqueraient, mais il faut bien avouer que la vieille problématique du gendarme et du voleur se reproduit sur Internet. La nature humaine évolue, mais elle ne change pas fondamentalement. Il est pourtant indispensables que les libertés fondamentales soient également respectées sur le net.

Comment voyez-vous l’avenir d’internet ?
Internet est encore archaïque au regard de ce qui nous vient : un Web 3D dans lequel réel et virtuel s’intégreront davantage. Une économie puissante et grande créatrice de richesses en découlera. Nous devrons alors être en mesure de choisir d’utiliser des environnements interactifs et d’utiliser des interfaces sous formes de répliques numériques intelligentes qui nous serviront d’intermédiaires. L’enjeu consistera à bien différencier le réel des fausses imitations de la vie. On peut d’ores et déjà prédire que ce nouveau contexte sera particulièrement fécond sur le plan artistique, les créateurs auront alors des possibilités de détournement et d’expression absolument et radicalement nouvelles.

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En bref
France 2
L’inoxydable saltimbanque Patrick Sébastien fait toujours recette ! Samedi 21 novembre, son « Plus grand cabaret du monde » sur France 2 a réuni 5 millions de téléspectateurs (23,7 % de part d’audience). À peine moins que TF1 (5,2 millions et 26,9 %) et loin devant France 3 (2,15 millions et 9,7 %)…

Medias
Radio > En octobre, RTL demeurait la première radio généraliste (12,3 % de parts d’audience et 2 h 26 de durée d’écoute par auditeur), devant France Inter (9 % et 2 h 05), Europe 1 (6,4 % et 1 h 42). Les radios généralistes représentent 38,1 % de part d’audience et ont été écoutées en moyenne 2 h 13 par auditeur ; elles devancent de peu les radios musicales (33,5 % et 1 h 48).

Goom > Les radios du groupe Goom, spécialisé dans la radio numérique et dirigé par Roberto Ciurleo, sont écoutées par 2,5 millions d’auditeurs par mois (dont 95 % en dehors du site internet de Goom, sur les réseaux sociaux comme Facebook).

L’Express > Le groupe belge Roularta (éditeur notamment de « L’Express » et de « L’Expansion ») a annoncé une baisse de son chiffre d’affaires de 10,6 % sur les neuf premiers mois de l’année, à 500,4 millions d’euros.

Courriels > En moyenne, chaque Français reçoit 35,9 messages électroniques par jour. C’est nettement plus que la moyenne européenne (27 par jour).

Partialité > « Très clairement, au PS, nous sommes maltraités par les médias ! » (David Assouline) Ce sénateur socialiste (ex-trotskiste) n’a pas l’air de savoir que presque tous les journalistes votent à gauche ou à l’extrême gauche…




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