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Grand emprunt Sarkozy: 35 milliards pour rien


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Rouxel Jean - jeudi 17 décembre 2009

dette, sarkozy
Décidément, ce fameux grand emprunt tourne de plus en plus au grand n’importe quoi ! Lundi 14 décembre, Nicolas Sarkozy a fait une conférence de presse dans laquelle il a exposé les grandes lignes de ses décisions en ce domaine (d’ailleurs complètement autocratiques, mais passons…).
Il y aura donc un grand emprunt de 35 milliards d’euros.

Contrairement à ce qui avait d’abord été imaginé, il ne sera pas levé auprès des Français (qui, de toute façon, n’y auraient guère participé), mais auprès des marchés.

Mais, comble du loufoque : Nicolas Sarkozy nous apprend que ce grand emprunt n’a rien à avoir avec la conjoncture économique.
Il nous avait déclaré récemment qu’on ne pouvait pas baisser l’endettement public en période de crise (on se demande bien pourquoi). Il nous explique maintenant que, quelle que soit la conjoncture, il faut s’endetter.

Peut-être ses collaborateurs ont-ils omis de lui dire que notre dette publique atteignait la bagatelle de 2000 milliards d’euros. Et qu’on ne voit donc pas bien comment 35 nouveaux milliards permettraient miraculeusement un investissement que les 2 000 précédents n’ont pas permis !
Nicolas Sarkozy a l’idée d’investir ces 35 milliards dans l’enseignement supérieur et la recherche. On ne peut que lui donner raison. Évidemment, cela vaut mieux que de les jeter par les fenêtres ! Mais comment saura-t-on si lesdits 35 milliards auront été investis à bon escient et pas dans de nouveaux « avions renifleurs » ou autre idée géniale du même acabit ? Le chef de l’État a fixé lui-même les « indicateurs » : il veut une dizaine de campus de dimension internationale.

Bravo ! Mais il faut rappeler qu’il existe déjà des campus de dimension internationale en France (l’INSEAD, HEC ou Polytechnique, par exemple) et que tous ne sont pas financés par l’argent public et surtout qu’aucun ne correspond au modèle si cher à nos « élites » politiques de l’université gratuite et non sélective.

Au lieu de balancer des milliards qu’il n’a pas, Nicolas Sarkozy ferait mieux de montrer un peu de courage et de réformer vraiment l’enseignement supérieur en cessant de fonctionnariser les chercheurs et en laissant les universités vraiment libres de sélectionner leurs étudiants.

Erratum : dans mon éditorial du n° 719, j’ai écrit par erreur qu’il fallait 50 000 signatures pour un référendum en Suisse. En réalité, il en faut 100 000. Merci aux lecteurs qui m’ont corrigé.

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