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Grands travaux : la ruine par le TGV


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Poncins (de) Michel - mercredi 18 mars 2009


À la suite d’un récent entretien avec les 4 Vérités (Non à la relance par les déficits), un lecteur m’a écrit que la phrase « les TGV jouent un rôle important dans la ruine de la SNCF, celle-ci étant une cause majeure dans la ruine de la France » mériterait un développement. Il a raison et il est intéressant d’expliquer, car c’est d’une grande actualité avec le projet de quatre lignes supplémentaires. Voyons les faits avant de les expliquer.

Un chapitre d’un rapport de la Cour des comptes
sur la réforme ferroviaire indique bien que les TGV sont à la source de la ruine connue de la SNCF. La Cour a dénoncé : « Le lourd endettement de la SNCF induit principalement par les investissements considérables effectués pour construire et équiper les lignes nouvelles à grande vitesse ». Or, les comptes de l’ensemble SNCF plus Réseau Ferré de France (RFF) sont dans le rouge depuis longtemps, malgré des apparences trompeuses, et, ceci, en particulier à cause de l’endettement.

Avec la liaison Lyon-Turin, la catastrophe financière du tunnel sous la Manche risque d’être multipliée par deux ou trois. Le tunnel a coûté 100 milliards ; dans les Alpes nous serons vers les 200 milliards. Paris et Londres comptent chacun 10 millions d’habitants, alors que Lyon et Turin se limitent à 1,5 million. Autant dire qu’il y aura fort peu de clients et jamais assez pour rentabiliser.
Il en est ainsi de tous les projets de TGV expressément visés par la prétendue politique de relance, laquelle, d’ailleurs, est axée uniquement sur des investissements publics.

Pourquoi de tels grands projets publics conduisent-ils à une faillite financière ? À la base, évidemment, se trouve le refus de raisonner dans le cadre du marché, puisqu’il s’agit de projets étatiques et que ces projets obéissent à d’autres critères.
Un projet public obéit, non pas quelquefois, mais toujours, au bon plaisir momentané des personnages au pouvoir et en particulier à celui des élus. Les élus attachés non pas au bien commun, mais à leur réélection, se glorifient abusivement du magnifique instrument : le point d’orgue est la joie du cordon à couper !

L’exemple typique est le projet pour atteindre la ville de Nice. L’on se prépare à déverser des milliards pour faire gagner une heure à ces « malheureux » Niçois lorsqu’ils veulent se rendre dans la capitale !

Un autre facteur joue en faveur de ces projets gigantesques avec une allégresse coupable : dans leur évaluation, les grosses firmes que sont, prioritairement, les banques et les sociétés de travaux publics poussent à la roue avec la perspective de gros bénéfices et de grasses commissions.
Il en résulte que, dans les calculs préalables, l’on augmente systématiquement les perspectives commerciales et que l’on minore les perspectives de coûts.

C’est ce qui est arrivé au tunnel sous la Manche qui a ruiné ses premiers actionnaires. Rappelons que ces actionnaires d’origine ont joué leur argent sous la forte pression des banques qui montraient des courbes magnifiques. L’on se réjouit du premier dividende qui va être versé aux actionnaires d’aujourd’hui et personne n’évoque la ruine des précédents.

Dans le cas particulier des TGV, c’est le peuple français, dans son ensemble, qui paie durement tous les jours la ruine infligée par la SNCF et, bien entendu, il n’est compté pour rien dans les calculs préalables, alors que celle des actionnaires du tunnel fut particulièrement visible.

Ayant énoncé la ruine et ses explications, il est légitime de se demander ce qui se serait passé si les TGV n’avaient pas été imposés quasiment par la force publique à l’ensemble des Français. Le marché aurait peut-être conclu en faveur d’une seule ligne : Paris-Lyon-Marseille.

Des hommes d’affaires ultra-pressés auraient payé le prix qu’il fallait. La SNCF, avec un endettement plus raisonnable, aurait eu l’argent nécessaire pour régler ses innombrables problèmes – au premier rang desquels ceux qui détruisent la vie quotidienne d’au moins 20 millions de Français.

Allégeant largement la chape de plomb qu’elle fait peser sur toute l’économie, elle aurait permis à des activités multiples de se créer dans la liberté. Quelles activités ? Nous ne le saurons jamais, car le propre de la liberté est de voir naître des projets qui ne préexistaient pas ; le propre de l’étatisme étant de tuer par avance ces projets

Voir aussi : http://www.libeco.net/

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