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Grève de la faim pour le licenciement d’un voleur


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Entretien - mardi 11 janvier 2011


Entretien avec Jean-François Marteau
PDG de l’entreprise Gautier
Entretien réalisé en partenariat avec le site

<www.nouvelles-de-france.fr>

Jean-François Marteau, PDG de l’entreprise Gau­tier, a observé une grève de la faim de plusieurs jours, pour obtenir le droit de licencier un salarié délégué du personnel ayant volé 50 000 euros de matériel. Ce que le ministre du Tra­vail lui a finalement « ac­cordé » fin novembre…


Pourquoi cette grève de la faim ?
Ce qui pousse un chef d’entreprise à faire ce que j’ai fait, c’est que tous les recours possibles et imaginables ont été épuisés et que l’administration restait sourde à nos appels. J’en suis désolé et pas très fier, mais je n’avais pas d’autres moyens de me faire entendre.

Comment expliquer le soutien des salariés à leur chef d’entreprise ?
J’ai repris en 2003 une entreprise dans laquelle je travaillais depuis 30 ans et où on écoutait chaque employé. Avec ses 50 salariés, elle avait un caractère très familial que je veille à conserver. Je suis chaque jour dans mon bureau de 6 h 30 du matin à 20 heures et les salariés savent qu’en cas de problème humain ou financier, ils peuvent venir me trouver : mes portes ne sont jamais fermées, sauf pendant la grève de la faim. Je tiens à cet humanisme et au caractère familial de notre entreprise.

Vous avez aujourd’hui 200 salariés…
Oui, en sept ans, nous sommes passés de 50 à 200 salariés. nous avons également créé une filiale qui fabrique en France des modules photovoltaïques, Fran­ceWatts. Pourquoi le faire à l’étranger, alors qu’on a de la main-d’œuvre qualifiée ici ?

Vos salariés vous ont soutenu et ont dû, pour cela, dé­brayer. Leur payerez-vous leurs jours de grève ?
Bien sûr ! Il n’est pas question qu’ils perdent un centime à cause de leur soutien. Je crois que je me souviendrai toute ma vie du jour où ils sont venus à Rouen, avec les camions, me soutenir alors que l’inspection du travail venait de refuser ma demande de licenciement. J’étais avec mon fils, j’en ai eu les larmes aux yeux…

Que répondez-vous aux syndicats Sud et CGT de l’inspection du travail de Seine-Maritime qui dénoncent votre « comporte­ment » et vous accusent d’avoir exercé « un véritable chantage à l’égard de l’inspectrice du travail ayant refusé le licenciement d’un délégué du personnel » ?

Je leur réponds : « Quand vous manifestez, par exemple contre la loi de réforme des retraites, vous cherchez à médiatiser votre combat en bloquant l’économie du pays. Pourquoi n’aurais-je pas le droit de médiatiser mon cas ? Pourquoi le patronat n’aurait-il pas les mêmes droits que les syndicats ? » Le problème, c’est que, dans les médias, on ne retient que le patronat du CAC 40. On ne parle pas assez de ces milliers de petits patrons qui œuvrent chaque jour pour que leur entreprise marche et qui ne cherchent pas à « s’en mettre plein les fouilles ». Moi, gérer une entreprise, c’est ma passion ! Pour créer France­Watts, j’ai vendu tout ce que j’avais. Mes salariés l’ont compris. Il n’y a rien de plus beau que leur témoignage de soutien pour leur patron !

La première chose que j’ai faite quand je suis devenu PDG a été d’instaurer une participation aux bénéfices, de les intéresser aux résultats. Le droit des salariés est quelque chose que je ne conteste pas, mais il ne doit pas y avoir de salariés privilégiés. L’obligation de recourir à l’inspection du travail pour licencier un délégué du personnel qui a reconnu son vol n’est pas normale.

Ce délégué du personnel n’a-t-il pas été embarrassé de vous voir mettre votre santé en danger pour être entendu du ministre du Travail ?

Non, il a même profité de la situation. On lui a proposé une négociation qui, à mon avis, n’est pas légale : nous signions un accord à l’amiable, lui accordions deux mois de salaire et des indemnités de licenciement, retirions les plaintes pénales et, alors, le ministre du Travail autorisait le licenciement…

C’est incroyable…

Je crois surtout que l’administration n’a pas voulu reconnaître son erreur. C’est dommage. Je fais aussi des erreurs, mais je les reconnais. Mes salariés aussi, c’est humain. On en parle et on règle la situation…

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En bref
Audience
 En 2010, TF1 est restée la principale chaîne télévisée française : 24,5 % de parts d’audience (contre 26,1 % en 2009), de­vant France 2 (16,1 %, contre 16,7 % en 2009), France 3 (10,7 %, contre 11,8 % en 2009), M6 (10,4 %, contre 10,8 % en 2009), TMC (3,3 %, contre 2,6 % en 2009), Fran­ce 5 (3,2 %, contre 3,1 % en 2009), Canal+ (3,1%, même score qu’en 2009), W9 (3 %, contre 2,5 % en 2009), Gulli (2,2 %, contre 1,8 % en 2009), Direct 8 (2 %, contre 1,4 % en 2009)…

Medias
Midi > Le groupe des Journaux du Midi, filiale du groupe Sud-Ouest, dont les principaux titres sont « Le Midi libre » et « L’Indépen­dant », emploie 1 000 salariés, dont 400 journalistes. Les journaux du groupe ont connu une diffusion France payée de 226 573 exemplaires en moyenne entre juillet 2009 et juin 2010, soit une baisse de 2,4 % par rapport à l’année précédente.

Facebook > Facebook est devenu en 2010 le troisième site le plus fréquenté du monde derrière Google et Microsoft.

Le bon coin > Lancé voici un peu plus de 4 ans, le site internet de petites annonces leboncoin.fr reçoit chaque mois environ 12 millions de visiteurs uniques. Chaque jour, 3 millions d’utilisateurs prennent connaissance des quelque 12 millions d’annonces et y déposent 400 000 nouvelles annonces. Le site emploie actuellement 45 personnes et est estimé autour de 400 millions d’euros…

Viacom > Le groupe de médias américains Viacom a réalisé un chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars au deuxième trimestre (chiffre stable), pour un bénéfice net de 420 millions (en hausse de 50 %).




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