Gizardin Henri - dimanche 10 octobre 2010
greves
Les radicaux du petit monde syndical ressortent de l'ombre et brandissent les étendards rouges des grands soirs qui alimentent leur rêve d'hégémonie démocratique boulevardière. Les secrétaires généraux des centrales sont doublés à gauche. Pour ne point paraître ringards, résignés ou pire, complices des gouvernants, ils sont contraints à un zèle à corps-défendant.
Les mouvements s'étendent avec de nouveaux participants, otages innocents et naïfs d'une désinformation orchestrée dans les milieux enseignants. Les pauvres lycéens et étudiants servent de lit de rose à des contestataires qui ne visent que leur propre intérêt. Ils font masse et sont prétextes à démontrer que la jeunesse est soucieuse de son âge de départ à la retraite. Ils ne savent même pas ce qu'ils vont faire de leur vie et les meneurs sournois prétendent leur faire dire déjà comment ils envisagent leur troisième âge! En réalité, ils ignorent qu'ils se portent caution par anticipation pour la retraite de ceux qui les poussent dans les manifs. Comme des prisonniers sur un champ de mines!
Plutôt que de décompter et mécompter le nombre de manifestants, il serait plus judicieux de bien éclairer les citoyens sur le statut de ceux qui font grève. Ce sont, à une écrasante majorité, des employés de la fonction publique ou des emplois parapublics: SNCF, Métro, enseignants, dockers... Eux-mêmes sont complices à leur insu, pour ne pas dire victimes, de la guerre des chefs.
Tous ces tripatouillages bruyants sont bénis par les têtes de l'opposition qui profitent des clameurs de la rue pour conforter sans frais, devant les caméras, leur anti-sarkozisme viscéral et nourrir une revanche annoncée. Elles n'ont vraiment pas le désir de retraite...
Pendant ce temps, le monde civil nombreux et anonyme, qui n'a guère le temps de se dérouter, court à ses occupations et à des rendez-vous où ils arrivera en retard ! Mais qu'importe ! Les caméras, pourtant si nombreuses et avides, ne feront parler que ceux qui sont solidaires des grévistes. Le patron peut toujours attendre!
Henri Gizardin
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