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Guerre États-Unis Iran en vue


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Artur du Plessis Laurent - mercredi 17 janvier 2007

irak, bush, iran
Dans son discours à la Nation, le 10 janvier, George Bush a accusé l’Iran et la Syrie de laisser les rebelles irakiens utiliser leur territoire pour lancer des attaques en Irak. Il a promis que les États-Unis interrompraient ce « flux de soutien » et qu’ils détruiraient les « réseaux fournissant des armes et une formation aux ennemis des États-Unis en Irak ». À rebours du rapport Baker, il envoie 21 500 soldats supplémentaires. Tollé à Washington !

Des parlementaires de premier plan ont exprimé la crainte que ces déclarations reflètent l’intention présidentielle d’étendre la guerre à l’Iran et à la Syrie. Le surlendemain, le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, s’est inscrit en faux contre ces assertions.

Le même jour, devant la Commission sénatoriale des armées, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a été plus nuancé : il a affirmé que les Etats-Unis n’avaient pas l’intention d’attaquer l’Iran pour le moment, mais qu’ils n’excluaient pas de manière définitive toute action militaire.
Les craintes d’une extension du conflit à l’Iran s’alimentent des récentes opérations militaires américaines contre des Iraniens en Irak, sur l’ordre donné par le président de mener une vaste offensive contre des agents iraniens dans ce pays. Dans un entretien à la BBC, le 13 janvier, Condoleeza Rice a dit que cet ordre ne constitue pas un élargissement du conflit, « juste une saine mesure politique ». Des responsables militaires ont expliqué que leur plan visait à démanteler ces réseaux tout en se cantonnant à l’Irak.

L’administration Bush accuse depuis longtemps, et à juste titre, l’Iran d’ingérence en Irak, lui reprochant notamment d’armer et de former des miliciens chiites. Les bombes les plus sophistiquées utilisées contre les forces américaines en Irak sont fabriquées en Iran.
Dans le milieu du renseignement, on murmure que c’est pour parer à l’insurrection chiite qui résultera de l’attaque aérienne américaine des sites nucléaires iraniens que Bush envoie un renfort de 21 500 hommes en Irak. Cette idée est accréditée par le tout prochain envoi du porte-avions USS John C. Stennis dans le golfe persique, où il rejoindra un autre porte-avions, l’USS Eisenhower, sur place depuis décembre. Et par le départ de Condoleeza Rice, le 12 janvier, pour un périple au Moyen-Orient, où elle semble battre le rappel des gouvernements arabes alliés des Etats-Unis : ceux de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite et du Koweït.
Avant son départ, elle a indiqué qu’elle consacrerait l’essentiel de sa tournée à la défense de la nouvelle stratégie de l’administration Bush en Irak, basée sur l’envoi des renforts, une augmentation de l’aide à la reconstruction. Et le déploiement de missiles antimissiles Patriot dans la région pour protéger les alliés arabes modérés des USA.

Contre quoi, si ce n’est des missiles iraniens ? Elle a prévenu que les États-Unis ne resteraient pas « inactifs » face aux agissements des Iraniens en Irak. Cet avertissement a coïncidé avec une opération américaine à Erbil dans le Kurdistan irakien - au cours de laquelle six Iraniens ont été arrêtés -, dénoncée par l’Iran comme une attaque contre l’un de ses consulats.

Particulièrement importante est l’étape koweïtienne du voyage de Condoleeza Rice, marquée par une réunion avec les ministres des Affaires étrangères du « CCG+2 », le groupe de pays arabes sur lesquels l’administration US compte s’appuyer pour faire échec à la montée de l’influence de l’Iran et la Syrie dans la région. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) regroupe six monarchies pétrolières : Arabie Saoudite, Koweït, Émirats arabes unis, Oman, Qatar et Bahreïn. L’Égypte et la Jordanie se sont jointes à ce groupe pour former le « CCG+2 » qui s’est déjà réuni à trois reprises depuis septembre avec Condoleeza Rice à New York, au Caire et en Jordanie.
Israël semble, aussi, se préparer à l’éventualité d’un affrontement avec l’Iran, en entraînant intensivement son aviation à des missions de longue distance.

L’Iran a réagi à la résolution 1737 de l’ONU par la mise en service de 3 000 centrifugeuses supplémentaires. Dans quelques semaines, Mohammed El Baradei, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, fera un rapport, susceptible de déboucher sur de nouvelles sanctions, qui n’arrêteront pas la course aux armements atomiques de l’Iran. Le moment où l’impuissance de la diplomatie sera avérée n’est plus très loin. Bush pourra alors mettre en œuvre la solution militaire - une attaque aérienne des sites nucléaires iraniens - dont le faisceau d’indices évoqué ici donne à penser qu’elle aura lieu cette année.

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