Lambert Christian - mercredi 08 novembre 2006
Il y a peu, « Le Monde », journal de gauche, consacrait deux pages aux affrontements entre « Rebeus » et « Renois », ce qui, traduit en français, veut dire affrontements entre maghrébins et Noirs.
À Marseille, des « Rebeus », selon toute vraisemblance, c’est-à-dire des maghrébins, ont aspergé d’essence enflammée une « Renoi », Mama Galledou, sénégalaise naturalisée française qui, dans la meilleure hypothèse, restera handicapée toute sa vie. Indignation générale justifiée. Je note cependant, à ce sujet, que l’assassinat, le 27 octobre 2005 de Jean-Claude Irvoas, en pleine rue et devant sa fille par des immigrés, « rebeus » et « renois », trafiquants de drogue, n’a donné lieu qu’à des manifestations du souvenir très discrètes. Monsieur Irvoas n’était ni « rebeu » ni « renoi ». Il était Français !
Ces drames, qui se succèdent, s’inscrivent dans un contexte de guerre civile qui fait que plusieurs départements échappent désormais à toute autorité. « Certains quartiers sont devenus des bantoustans, soumis aux lois des tribus, des mafieux, des barbus », écrit Yvan Rioufol dans « Le Figaro » du 27 octobre. Après les guets-apens tendus aux forces de l’ordre par les « rebeus » et les « renois », il faut savoir que lesdits « rebeus » et « renois » ne se contentent plus de brûler, chaque jour, des douzaines de voitures, ils veulent tuer. Les toits des immeubles des « quartiers sensibles », c’est-à-dire consacrés aux immigrés, sont surchargés d’objets lourds : plaques d’égout de 30 kg, vieilles machines à laver de 50 kg, parpaings de 15 kg pour jeter sur les forces de l’ordre qui, de plus, ont fait l’objet de tirs de chevrotines au calibre 12. Il faut savoir également qu’il ne serait pas difficile aux « jeunes » de se procurer des armes de guerres, fusils-mitrailleurs, lance-roquettes et explosifs pour voitures piégées. Parmi les six millions de musulmans de France, on compte pas mal d’islamistes ! Toujours est-il que le nombre des violences urbaines – celles qui ont été enregistrées – s’élève à 76 900 depuis le début de l’année, chiffre officiel. On devrait arriver en décembre à 100 000.
« C’est assurément intolérable », entend-t-on dire au plus haut niveau. « Les délinquants seront recherchés, trouvés et punis avec la plus grande sévérité ». Ce ne sont-là, hélas ! que des mots. C’est en réalité, le plus souvent, le contraire qui est recherché, tant les responsables politiques vivent dans la terreur d’une « bavure » qui mettrait le feu aux barils de poudre qui ne demandent qu’à exploser, et qui compromettrait les jeux électoraux en cours.
Les forces de l’ordre le savent bien. Elles savent que si l’un des policiers attaqués s’aventurait à utiliser son arme de service pour se défendre, il serait sanctionné par sa hiérarchie, risquerait d’être traîné devant les tribunaux et, à tout le moins, d’être révoqué. À vrai dire, policiers et CRS tiennent le plus souvent le rôle des quilles dans un bowling. D’où le mot d’ordre : surtout ne rien faire. J’ajoute qu’il n’est pas dans la vocation de la police de participer à des combats de rue. Elle n’est pas équipée pour cela.
Autre facteur inquiétant : l’analyse au sommet de l’État, où l’on s’entend dire que les « incidents » dans les quartiers « défavorisés » sont amplifiés par la presse, que l’immigration est maîtrisée. Tout au plus, regrette-t-on la « sous-représentation » des populations immigrées dans les arènes politiques. L’Afrique, d’où vient cette immigration à 80 %, reste un continent « prometteur », dont les peuples amis et francophones « font honneur à la France ». Aussi est-il souhaitable de leur expédier, à jet continu, les milliards d’euros soutirés sans vergogne de la poche des contribuables dont le nom, hélas ! commence bien mal ! Si vous vous insurgez contre cette formidable malhonnêteté officielle, et cette impuissance voulue, vous êtes taxé de « déclinologue », défaitiste et agent de l’étranger – l’étranger ne pouvant être que les États-Unis et non pas l’ex-grande Union Soviétique (dont le chef, ex-officier supérieur du KGB, vient d’être fait grand officier de la Légion d’honneur par Jacques Chirac en personne. Pourquoi ? Au nom des Droits de l’homme ?).
Comme ce même Président de la République espère bien obtenir un troisième mandat en 2007 – il ne pense qu’à cela – et qu’il n’est pas absolument exclu qu’il y parvienne, attendons-nous, car les mêmes causes produisent les mêmes effets, à une aggravation de la guerre civile, donc de l’insécurité, de la fiscalité et… de la méthode Coué.
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