Piard Bernard - samedi 13 mars 2004
On connaît mieux Pierre Lance après avoir lu son dernier ouvrage « Alésia, un choc de civilisations ». Et décidément, Pierre Lance - qui n’est pas un inconnu pour les abonnés à cette publication - n’est vraiment pas quelqu’un de politiquement correct. Il ose parler de races, d’ethnies, de peuples, auxquels il attache des caractéristiques quasiment génétiques, qu’il se permet de distinguer, en tout cas selon la répartition de leurs groupes sanguins. Attention, bien sûr, les groupes considérés sont bel et bien divers, mais, comme disait le philosophe (Nietzsche), un peu plus ou un peu moins, c’est ce qui fait toute la différence…
Ne vous fiez pas trop au titre, qui se justifie par le fait que, pour l’auteur, la bataille d’Alésia marque non seulement dans notre histoire un moment critique et déterminant, mais aussi, un point révélateur d’une histoire dont cet événement serait en quelque sorte le milieu. C’est en fait, ni plus ni moins, une histoire de France que nous livre Pierre Lance. Une histoire de France passée au filtre d’une étude psycho-ethnologique.
Avant Alésia, la Gaule, indépendante était composée de différentes régions et rassemblait quelques dizaines de tribus. Sur la base de critères aussi bien matériels qu’intellectuels, on peut considérer que les Celtes qui peuplaient la Gaule dans les décennies qui précédèrent Alésia avaient porté leur civilisation à un zénith.
Alésia n’a été possible que parce que cette civilisation était déjà sur le déclin. La victoire des Romains, puis la domination des Germains, suivie de la conquête des Francs n’ont fait qu’accentuer les défauts de la société gauloise.
Pour renaître, selon Pierre Lance, la société française, toujours largement gauloise, doit redécouvrir les vertus qui caractérisaient nos ancêtres celtes, à savoir l’individualisme plutôt que le collectivisme, le régionalisme plutôt que le centralisme, la spiritualité (et pas forcément le monothéisme) plutôt que le matérialisme…
L’ambition de Pierre Lance va bien au-delà du sous-titre qu’il a donné à son ouvrage (« La défaite d’Alésia, ses conséquences lointaines dans la société française
jusqu’à nos jours »). Son objet est d’ailleurs indiqué dès l’introduction : « Je veux montrer que la civilisation occidentale est promise à la confusion et à l’anxiété, bientôt à l’effondrement, si elle ne sait pas retrouver son éthique ». Et les fondements de celle-ci se trouvent, pour notre auteur, dans les constituants de la civilisation des Celtes, nos ancêtres les Gaulois.
On retrouvera, au fil des pages, les cibles favorites de Pierre Lance : ce sont les Romains (qui n’étaient que des soudards), les Germains (leurs alliés), les Chrétiens (tôt romanisés), puis plus tard les rois francs et leurs successeurs jusqu’aux Bourbons, les Jacobins, puis enfin les technocrates, héritiers directs des Germains et des Romains… Ce qui lui permet d’affirmer : « Les Romains et les Germains gouvernent encore la Gaule. Je sais qu’on a peine à le croire, mais c’est ainsi ».
Pierre Lance est un authentique individualiste. L’individualisme gaulois était selon lui la pierre de touche de ce qui fût, à l’époque, la première civilisation européenne. C’est aussi un patriote. Et pour lui, individualisme et patriotisme vont de pair, car « il n’est pas possible que la dignité nationale se maintienne là où la dignité individuelle a perdu son authenticité ».
On peut être en désaccord avec l’auteur sur plusieurs points. On ne peut lui contester ni sa cohérence, ni son courage, ni, accessoirement, sa grande érudition.
Pierre Lance
Alésia -Un choc de civilisations
Éditions Presse de Valmy
165, rue de Paris - 94220 Charenton
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