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Hôpital : le désastre annoncé


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Trémeau Bernard - mercredi 21 mai 2008

sante
Dans une ville de province de moyenne importance, un seul centre de radiothérapie pour traiter les cancers est le plus souvent largement suffisant. Ce gros et coûteux investissement médical peut se faire dans un hôpital public ou dans une clinique privée. La présence de deux centres serait économiquement absurde, ceux-ci étant sous-utilisés.

Mais les radiologues qui contrôlent le centre de radiothérapie ne sont pas que des producteurs d’imagerie médicale. Ils sont aussi les thérapeutes des cancers, ce qui leur donne vis-à-vis de tous les médecins du voisinage une bien plus grande dimension. Et le malade cancéreux a le plus souvent besoin de nombreux examens radiologiques avant, pendant et après la radiothérapie. Les radiologues contrôlant le centre de radiothérapie ont sur les autres radiologues un très gros avantage.

Pour toutes ces raisons, et contre toute logique financière, deux centres de radiothérapie sont souvent créés, l’un dans le public et l’autre dans le privé. J’ai connu une ville qui a ainsi possédé son centre public et son centre privé. Mais, après quelques années de fonctionnement, quand il a fallu renouveler le noyau radioactif de l’hôpital public, on a appris qu’il ne tournait qu’à 20 % de ses capacités, alors que celui de la clinique privée fonctionnait à 60 %. La bonne gestion de la radiothérapie locale poussait à ne pas renouveler la bombe au cobalt du public.
Mais certains médecins, certains syndicats et certains politiciens ont hurlé quand on a parlé de supprimer la radiothérapie publique. Le maire, président de la commission administrative dirigeant l’hôpital public, a eu la sagesse de refuser ce renouvellement. Un contrat a donc été signé entre public et privé.

Finalement, dans de nombreuses villes de moyenne importance, des contrats ont ainsi été passés entre le public et le privé et ces contrats ont permis de réduire le « trou de la Sécu ». Mais ces contrats peuvent être rompus. Les malades sont alors contraints de changer de radiothérapeute. Quand on est atteint d’une maladie grave exigeant de la radiothérapie, un tel changement est souvent ressenti d’une façon très douloureuse. Mais ces malades ont aussi la chance de pouvoir disposer près de chez eux d’un centre de soin animé par un personnel compétent. Souvent, les déplacements en taxi de ces malades coûtent déjà plus cher à la Sécu que la radiothérapie.

Nos médias nous présentent toujours des hôpitaux publics débordés par les urgences, et manquant de lits pour accueillir leurs malades. Et ils ont raison de le faire, car il existe en France de tels hôpitaux. Mais ils oublient en général de signaler qu’il existe aussi des hôpitaux qui attendent le client. Certains services de chirurgie provinciaux arrivent difficilement à effectuer deux appendicectomies par semaine. Une telle situation ruine la Sécurité Sociale, mais en plus, elle est dangereuse, car ces équipes chirurgicales ne peuvent plus être compétentes au bout de quelques années. Mais, quand on parle de supprimer de tels services, immédiatement, médecins, infirmières, syndicats et politiciens font l’union sacrée et organisent des défilés pour « défendre » leur hôpital. Or, c’est le maire qui prend la décision et le maire a envie d’être réélu…

Mais le pire est devant nous. Depuis 30 ans, les médecins français subissent des contraintes administratives ou judiciaires de plus en plus lourdes. Tandis que la Sécurité sociale stoppe la progression de leurs revenus pour faire des économies. De ce fait, aujourd’hui, la moitié des services d’obstétrique français n’a plus de titulaire pour assurer le poste de chef de service… Ou un service de radiologie n’arrive plus à recruter de médecins spécialisés.
Un malade hospitalisé doit ainsi attendre sa sortie pendant trois jours pour avoir une échographie de contrôle non urgente. Trois jours d’hospitalisation inutile coûtent très cher. Heureusement, de nombreux médecins étrangers, peu diplômés et mal payés, permettent encore aux services de fonctionner. Pour finir, quand dix chirurgiens partent à la retraite, un seul a achevé ses longues études pour les remplacer. Tel est l’affreux gâchis de la médecine « gratuite et socialisée » à la française…

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En bref
Fonctionnaires

Les communes ont vu les effectifs de leurs fonctionnaires augmenter de 1,3 % par an entre 2001 et 2008.

Chiffres d'affaire
PME > En dix ans, l’effectif moyen d’une entreprise nouvelle passe de 3 à 5 emplois.

Minimum > En 2005, 3,7 millions de retraités percevaient le minimum contributif de 579,85 euros par mois.

Courtiers > Les 100 courtiers les mieux payés du monde ont gagné en moyenne 300,4 millions de dollars en 2007. Le premier d’entre eux, John Paulson, a même gagné 3 milliards de dollars !

Piraterie > On a recensé 263 actes de pirateries en mer au cours de l’année 2007…

Population > Au 1er janvier, la France comptait 63,8 millions d’habitants, dont 61,9 en métropole. La population métropolitaine a ainsi crû de 337 000 habitants en 2007 (+0,5%).

Commerce > Le déficit commercial de la France s’est élevé à 2,77 milliards d’euros en février, contre 3,18 milliards en janvier.

Argent de poche > 50% des Français de 15 à 24 ans reçoivent de l’argent de poche, pour un montant moyen de 142,80 euros mensuels pour les garçons et 107,20 euros pour les filles…

Accouchement > L’âge moyen des femmes ayant accouché en 2007 en France était de 29,9 ans, contre 26,5 trente ans plus tôt…

Psycho > 82% des garçons et 75,4 % des filles de 15 à 24 ans ont consommé des produits pyschoactifs (drogue, tabac, médicaments…) au cours des 30 derniers jours…




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