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Hors la loi : un film infâme


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Milliere Guy - mercredi 13 octobre 2010

cinema, algerie
Il est des films que je vais voir par plaisir, d’autres que je vais voir par devoir professionnel. « Hors la loi » est de ces derniers. Je m’attendais au pire. Je n’ai donc pas été déçu.

C’est un film comme il s’en tournait en Union soviétique à la gloire de Lénine et de la construction du socialisme. Cela se base sur des références historiques exactes, mais avec une vision si déformée que cela devient de la propagande.

Le FLN est présenté comme ayant recours au meurtre, mais la réalité, l’atrocité barbare de la plupart des meurtres commis par les assassins du FLN ne sont ni montrées ni même évoquées. Le FLN est même comparé, plusieurs fois, à la résistance française des années 1940-1945. Si on oublie les femmes éventrées, les hommes émasculés, les gens au crâne défoncé avec les instruments les plus divers, les égorgements, les bombes déposées dans des cafés, si on oublie en somme, la quasi totalité des assassinats perpétrés par le FLN, la référence peut être exacte. Si on réintègre ces assassinats, elle devient insultante, et se met à ressembler comme deux gouttes d’eau sale à toutes les tentatives de faire passer les terroristes d’aujourd’hui pour des résistants.

Les Français montrés dans le film sont des pieds-noirs tirant sur des gens désarmés depuis leur balcon ou des policiers sadiques au comportement dignes de nazis.

Une « porteuse de valises » apparaît pendant quelques plans, présentée comme une écervelée désirant surtout coucher avec un militant arabe qui repousse ses avances : c’est normal, elle est blonde…

L’idée que le FLN incarne la liberté et la dignité est répétée avec insistance
. Les harkis ne sont pas décrits comme des êtres humains et n’apparaissent que sous la forme de cadavres entassés qu’on aperçoit après le mitraillage d’un convoi.

La place des femmes est conforme à ce qu’elle est dans le monde musulman : la maman voilée qu’on respecte, d’un côté, et, de l’autre, des prostituées.

En tant que Français, je suis sorti de la salle imprégné d’un profond dégoût
devant ce qui est tout à la fois une falsification et une incitation à la haine. J’ai pensé aux Français qui iront voir ce film en se disant qu’ils participent à un « devoir de mémoire » et qui pratiqueront l’autoflagellation en songeant que, tout de même, la France a commis des crimes ignobles vis-à-vis du peuple algérien.

J’ai pensé, surtout, à tous les jeunes issus des « banlieues de l’islam ». Quel message leur est-il transmis par l’intermédiaire de ce genre de film ?
Comment pourraient-ils vouloir, après l’avoir vu, s’intégrer ? Comment ne pourraient-ils pas sentir en eux de la détestation et du mépris ? Comment n’auraient-ils pas envie d’une forme de « revanche », qui pourrait être la participation à une émeute ou à des agressions ?

Le film s’achève sur la « joie » de l’indépendance en 1962. Le sort de ceux qui ont dû choisir entre la valise et le cercueil et qui ont tout perdu, n’est pas évoqué, bien sûr. Pour ceux qui ont fait le film, il a sans doute été généreux de ne pas les assassiner sur place. Le sort des Algériens qui avaient choisi la France, massacrés de manière ignoble par les gens du FLN, n’est pas évoqué non plus.

Ce que l’Algérie est devenue depuis l’indépendance est, bien entendu, passé totalement sous silence. S’il avait dit que l’Algérie était un pays construit par la France, et détruit par le FLN, le film se serait rapproché de la vérité, mais aurait perdu sa raison d’être. S’il avait fallu dire que les méthodes du FLN étaient des pratiques barbares dont tous les terroristes djihadistes se sont inspirés ensuite, le film aurait été plus proche de la vérité encore, mais il n’aurait pas pu être tourné. Et, s’il l’avait été, il aurait été décrit comme un film d’« extrême-droite », bien sûr. Diverses organisations islamiques et « antiracistes » auraient appelé à son boycott immédiat.

J’ai vu dans « Des hommes et des dieux » un symptôme de la mort qui vient. Je vois dans un film comme « Hors la loi » un symptôme inverse, mais symétrique. Les ferments de sécessions et de petites guerres civiles sont disséminés jour après jour. Nous sommes dans un pays qui se suicide doucement et qui perd peu à peu toutes ses immunités. C’est un phénomène qui touche tout le continent européen. Je le constate avec révolte et avec une infinie tristesse.


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En bref
Transport
L’État compte investir d’ici 30 ans 170 milliards d’euros (dont il n’a, bien sûr, pas le premier sou) dans les transports, dont 90 % dans les transports alternatifs à la route.

Divers faits
Poussière > On estime qu’en France, chaque année, une centaine de personnes sont victimes d’un cancer des sinus provoqué par des poussières de bois.

Non voyant > Le Français Luc Costermans, frustré de ne plus pouvoir conduire à cause de sa vue qui baissait, a ouvert à Charleroi (Belgi­que), une auto-école… pour non-voyants.

Corruption > La Banque mondiale estime le montant global de la corruption dans les pays relevant du comité d’aide au développement de l’OCDE entre 20 et 40 mil­liards de dollars par an. Pour apprécier ce montant à sa juste valeur, il convient de se souvenir que l’aide au développement envoyée à ces pays s’élève à 150 milliards de dollars par an, à peine 5 fois plus !

Bénéfices > En 2009, les quatre plus grandes sociétés concessionnaires d’autoroute en France (Sanef, APRR, Cofiroute et ASF) ont déclaré 1,3 milliard d’euros de bénéfices à elles quatre !

Écologie > Les ministères ont été invités à faire des efforts énergétiques pour bénéficier de « bonus » budgétaires. Selon le magazine Terra Eco, l’Élysée est, de loin, la maison qui pollue le plus de la République : 33 837 tonnes de CO2 pour 1 031 agents (32,82 tonnes par agent), devant le ministère de l'Éducation nationale (5,57 tonnes par agent) et le ministère… de l’Écologie (5,54 tonnes par agent). Faites ce que je dis, pas ce que je fais, reste la morale dominante…




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