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Il fallait réduire les charges des entreprises


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Trémeau Bernard - mercredi 13 février 2008


Le pouvoir d’achat des Français baisse, le déficit de la balance commerciale devient abyssal Les sondages deviennent mauvais pour le Président. Les élections municipales vont être douloureuses.

Tout a commencé entre les deux tours de la présidentielle. Quand on a parlé de TVA sociale sans savoir expliquer aux Français ce qu’était cette manœuvre fiscale : réduire les charges des entreprises pour les rendre compétitives et augmenter en même temps la TVA pour rééquilibrer les recettes de l’État.
Nicolas Sarkozy était alors décidé à faire cette réforme en France, car elle avait parfaitement réussi en Allemagne, où le socialiste Schröder l’avait mise en place en septembre 2002. Immédiatement, les socialistes français ont hurlé, en disant qu’il était scandaleux d’imposer les petits pour permettre aux patrons de faire de plus gros bénéfices. Cette erreur de communication aurait coûté plusieurs dizaines de députés à l’UMP…

Après le deuxième tour, au lieu de mettre immédiatement cette réforme indispensable et urgente en place, Nicolas Sarkozy décide d’attendre les élections municipales pour le faire. En revanche, avec le paquet fiscal, il réduit les impôts des riches et des entreprises, tout en aggravant le déficit budgétaire de la France. Il donne là encore de bons arguments aux socialistes. Nicolas Sarkozy ne serait pour eux que l’ami des riches, ce que sa vie privée confirme totalement.

Comme la réforme indispensable n’a pas eu lieu, les entreprises françaises ne sont pas redevenues compétitives. Elles ont moins d’argent que les entreprises allemandes pour payer leurs salariés, leurs investissements de productivité et leurs actionnaires. Les salaires progressent très peu, les investissements se font de plus en plus rares et l’absence de bénéfices éloigne les capitaux dont elles auraient besoin pour investir.
Enfin, elles délocalisent en Slovaquie, en Pologne ou en Inde des parties de plus en plus importantes de leurs activités pour retrouver les bénéfices. Besancenot a totalement raison de dire que l’économie capitaliste française mène actuellement à la catastrophe et une partie importante de l’opinion le croit…

Si Nicolas Sarkozy avait, malgré tout, mis immédiatement en place la réforme Schröder - ce qu’il nous avait promis de faire - il aurait obtenu au bout de six mois les mêmes résultats que Schröder a obtenus en Allemagne : une reprise vigoureuse de l’activité, avec une baisse du chômage. Et, aujourd’hui, ses opposants seraient obligés de le reconnaître. Mais comme rien d’important n’a été fait, l’économie française se porte de plus en plus mal. Le pouvoir d’achat des Français baisse, alors que le fantastique déficit de la balance commerciale montre que nos entreprises sont de moins en moins compétitives.

Ce n’est pas en subventionnant les marins pêcheurs avec une taxe de 2 % sur la consommation du poisson qu’on les rendra compétitifs. C’est en réduisant leurs charges et en les laissant libres d’augmenter leurs prix de 2 %.

Nicolas Sarkozy voulait copier l’exemple allemand. Il semble qu’il n’a pas étudié l’exemple irlandais. En 1985, l’Irlande abandonne la politique économique que la France s’obstine à appliquer. Chômage et déficit budgétaires y étaient pires qu’en France actuellement. L’Irlande réduit alors brutalement les impôts de ses entreprises. Elle baisse par exemple les taxes sur les salaires de 37 % à 19 % et les impôts sur les bénéfices de 50 % à 16 %. Et, fait très important, elle n’augmente pas d’un centime les autres impôts pour compenser la perte comptable. Elle ne réduit donc pas le pouvoir d’achat de la population.

Six mois plus tard, une reprise économique vigoureuse est là et le chômage commence à régresser. La reprise est telle qu’en 1987 les impôts sur les salaires et sur les bénéfices rapportent plus à l’État qu’avant de les avoir abaissés. Car, quand les impôts sont trop élevés, il suffit de baisser leurs taux pour augmenter les recettes fiscales… Un vrai miracle ! L’Irlande qui était le pays le plus pauvre de l’Europe est maintenant le plus riche. Le budget de l’État est excédentaire.

Nicolas Sarkozy peut mettre en place demain une telle baisse des impôts français. Et il n’y aura que des gens satisfaits… Mais pour le faire, il faut abandonner Marx et Keynes et lire Friedman.
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En bref
Victoire
Les sondages donnent 44 % des voix à Bertrand Delanoë, maire de Paris, au premier tour des municipales, soit un gain de 13 % par rapport à 2001.

Chiffres significatifs
Terrorisme > Sur les 595 combattants d’Al-Qaida dont les dossiers ont été découverts par l’armée américaine en octobre 2007 près de Sinjar, à la frontière de l’Irak, plus de 40 % étaient saoudiens, 18,8 % libyens. Âge moyen :
15-24 ans.

Berlusconi > Alors que l’Italie s’achemine vers des élections anticipées, Silvio Berlusconi et les siens devancent la gauche de
16 points dans les derniers sondages.

Portables > Au 3e trimestre 2007, le nombre
d’appels passés par les Français sur leurs portables (24 milliards de minutes) a dépassé pour la première fois celui des postes fixes (23,9 milliards de minutes).

Dépannage > Les AGF vont tester dans les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, l’Hérault, le Var, un nouveau service : pour moins de 20 euros par mois, on pourra avoir à domicile, dans les 48 heures – ou 2 heures en cas d’urgence – un professionnel pour les petites réparations ou les travaux domestiques.

Honnêteté > Le magazine canadien « Reader’s Digest » mène chaque année une expérience dans 15 pays, consistant à égarer 20 portefeuilles contenant l’équivalant de 50 dollars en monnaie locale, avec les coordonnées précises du supposé propriétaire. Au Danemark et en Norvège, 100 % des portefeuilles ont été restitués, en France, 61 % (11e sur 15e), en Italie, dernière du classement, 28 %.




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