|
|
Il faudrait bien gérer « la maison France » |
|
Trémeau Bernard - mercredi 20 décembre 2006
economie
Dominique de Villepin vient d’annoncer une série de petites mesures qui vont augmenter la demande sans augmenter l’offre.
Or chaque fois que la demande devient supérieure à l’offre, l’inflation intervient et rééquilibre, après un délai de quelques mois, offre et demande. Les prix augmentent, réduisant d’autant le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population.
L’inflation permet ainsi à un gouvernement de distribuer de l’argent sans avoir besoin d’augmenter les impôts. Chacun ne peut qu’approuver l’attention que porte le gouvernement aux plus démunis. Mais pratiquement tout le monde ignore totalement la conséquence inflationniste de ces mesures généreuses : la réduction de son pouvoir d’achat.
Depuis la libération, les gouvernements français usent et abusent de ce type de comportement. La plus spectaculaire de toutes ces actions « sociales » a été la création des charges sociales en 1945. Le gouvernement de l’époque a « offert » aux salariés les assurances maladie, chômage et retraite « gratuites ». C’est le « patron qui payait ».
En fait, les patrons ont rétabli l’équilibre financier de leurs entreprises en augmentant leurs prix. Une énorme inflation a réduit le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population. Celui des salariés bien sûr, qui finançaient grâce à cette inflation une partie de leurs assurances. Mais aussi, de tous ceux qui n’étaient pas salariés. L’inflation a réduit leur pouvoir d’achat sans aucun avantage nouveau. Or plus de 60 % de la population n’était pas salariée à l’époque. Les paysans sans retraite ont ainsi payé la retraite des ouvriers…
Pour ne pas être inflationniste, toute nouvelle mesure sociale, qui augmente la demande sans augmenter l’offre, doit automatiquement s’accompagner d’une ressource fiscale réduisant la demande de façon équivalente. Seule une augmentation des impôts sur le revenu ou sur la consommation fournit une telle réduction de la demande. L’imposition sur le revenu le fait immédiatement. L’imposition sur la consommation, après un délai de quelques mois.
Le gouvernement a donc parfaitement les moyens d’augmenter la politique sociale qu’il pratique sans être inflationniste, donc de « bien gérer la Maison France ». Mais le gouvernement n’utilise pas ces moyens, préférant confier à l’inflation le financement « silencieux » de sa politique sociale : l’opinion publique n’aime pas les augmentations d’impôts…
Tant que la France avait sa propre monnaie, le franc, et tant qu’elle vivait pratiquement en autarcie économique, un tel comportement n’avait pas de conséquences trop graves sur la croissance économique. Une parité fixe reliait alors le franc aux autres monnaies. Quand le franc devenait trop surévalué, la balance commerciale française devenait de plus en plus déficitaire. Ceux qui possédaient des francs les vendaient pour acheter des marks, en attendant la prochaine dévaluation. On dévaluait, et l’économie repartait.
Mais avec l’euro, la France n’a plus sa propre monnaie. Elle a confié à la Banque centrale européenne le soin de s’opposer à l’inflation et les échanges entre les différents pays de la zone euro sont libres.
Plus l’inflation est importante en France, plus les Français achètent des produits étrangers, tandis que les entreprises françaises vendent de moins en moins leurs produits. Les entreprises françaises, devenues moins compétitives, ferment ou délocalisent en république Tchèque, en Pologne ou en Chine.
Seule une dévaluation compétitive pourrait aujourd’hui rétablir l’équilibre. Elle semble techniquement réalisable sans même sortir totalement de la zone euro.
Mais politiquement, c’est une autre histoire, bien difficile à faire accepter par 25 pays…
Malgré l’euro, les responsables politiques français continuent à utiliser l’inflation pour réaliser leur politique sociale. Ils sont donc responsables du chômage qui s’installe en France. Ils accusent alors la BCE, qui s’oppose à cette inflation, d’avoir une politique « trop » rigoureuse, responsable du chômage français, mais n’expliquant pas du tout la baisse massive du chômage allemand.
Les monétaristes préconisent une autre solution : les responsables politiques doivent cesser d’être inflationnistes. Et ça marche bien, au Canada ou en Irlande.
67 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Hausse
Les Français sont 26 % à se dire “plutôt” ou “tout à fait” d’accord avec les idées défendues par Jean-Marie Le Pen. Une hausse de 2 points par rapport à décembre 2005, selon une enquête réalisée par TNS Sofres pour “Le Monde” et RTL.
Chiffres Significatifs
Toulouse á Un sondage de “L’Express” place Douste-Blazy en 4e position pour la prochaine municipale avec 8 % d’intentions de vote, contre 37 % pour Dominique Baudis.
Sida á La circoncision réduit environ de moitié le risque, pour les hommes, d’être infectés par le VIH.
Terrorisme á 30 % des Américains sont favorables à une identification spéciale pour les musulmans.
Assistanat á La pêche française reçoit 800 millions d’euros de subventions pour 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Hollande á Les populations d’Amsterdam, de Rotterdam, de La Haye et d’Utrecht seront majoritairement musulmanes, en 2010.
Prospérité á Le taux de chômage de la Norvège, 3e exportateur mondial d’hydrocarbures, est à 2,1 % (50 200 demandeurs d’emplois pour 4,6 millions d’habitants).
Espace á Le centre spatial de Kourou construit un pas- de-tir pour le lanceur européen Vega, et un autre pour la fusée russe Soyouz.
Impôt á Le taux moyen de l’Impôt sur les sociétés en Europe est de 25,8 %, contre 33,33 % en France.
Pertes á La Grande-Bretagne a perdu 126 soldats en Irak depuis l’invasion de mars 2003. |
|
|
|