Rouxel Jean - mercredi 02 avril 2008
economie
François Fillon déclarait dimanche 30 mars sur TF1 qu’il n’y aurait ni plan de rigueur, ni « coupes sombres dans les budgets publics ».
Ces déclarations ont sans doute pour objectif de maintenir le peu de confiance résiduelle dans l’économie française. Mais elles risquent fort d’avoir l’effet exactement inverse : qui peut croire, en effet, que la bonne réaction à la crise soit de maintenir le haut niveau des dépenses publiques (de fonctionnement et non d’investissement, rappelons-le) ?
Le Premier ministre annonce une baisse des prévisions de croissance de 2,25 % (chiffre supposé pour la construction du budget 2008) à un chiffre compris entre 1,7 % et 2 %. Très logiquement, le déficit public devrait monter de 2,3 % à 2,5 % du PIB.
Le seul énoncé de ces chiffres devrait faire bondir : comment peut-on bâtir un budget avec une prévision de déficit aussi élevée ? Et, comment, face à une augmentation prévisible de ce déficit, rester sans bouger ?
L’une des logiques de communication du gouvernement français consiste à dire : Nous avons résisté plus longtemps et mieux que les autres aux conséquences de la crise internationale. À présent, nous sommes touchés à notre tour ; nous n’y sommes pas pour grand-chose, mais faisons le dos rond et tout va s’arranger…
Le problème, c’est qu’il y a bien un domaine où le gouvernement peut faire quelque chose, et c’est précisément celui des déficits publics. Rappelons que, dernièrement encore, Bruxelles relevait ses estimations de croissance pour l’ensemble de l’UE en 2007… sauf la France, dont les prévisions (pourtant déjà inférieures à la moyenne de l’UE) étaient au contraire baissées !
Bref, quand François Fillon nous annonce que nous n’avons plus de marge de manœuvre, mais que nous n’allons pas changer notre politique d’un iota, cela n’est guère rassurant.
Naturellement, nous ne réclamons pas un plan de rigueur, au sens socialiste du mot ; il ne s’agit pas d’augmenter les impôts pour remettre les comptes à l’équilibre, comme Juppé l’avait fait naguère.
En revanche, sans « coupes sombres » dans les budgets publics, non seulement la France suivra ses partenaires dans la crise économique, mais les effets en seront amplifiés.
Tout se passe comme si le gouvernement anticipait une crise grave et utilisait les fonds publics pour dorloter les Français. Il serait plus rationnel de moins nous soigner et de nous délier les mains pour que nous puissions enfin nous battre à armes égales avec nos concurrents…
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