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Il faut rétablir le septennat!


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Dutilloy Dominique - dimanche 16 octobre 2005


En 1973, le Président Georges Pompidou, qui estimait que « le septennat présidentiel était mal adapté aux nouvelles institutions », avait évoqué la question de l’hypothétique instauration du quinquennat présidentiel…
Ce projet lui semblait très important. Pourtant, bien que ce sujet ait été évoqué à maintes reprises par toute la classe politique, il aura fallu attendre 27 ans pour que cette réforme devienne réalité, grâce au Président Jacques Chirac et à son Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin.
Nombreux étaient ceux qui pensaient que ce quinquennat présidentiel allait tout arranger au plan de nos institutions, d’autant qu’il était censé « mettre ‘’définitivement’’ fin à ces ‘’néfastes’’ périodes de Cohabitation ‘’à la française’’ ».
Mais, depuis que cette loi a été promulguée par voie référendaire le 24 septembre 2000, tout porte à croire que c’est le contraire qui prévaut.
Aussi, à la veille des élections présidentielles et législatives de 2007, il nous paraît nécessaire de poser trois questions essentielles :
– Ce quinquennat aura-t-il vraiment permis au Président Chirac de demeurer le Président élu de tous les Français, donc, de rester « au dessus des partis », comme le stipule la Constitution de la Ve République ?
– La durée du mandat présidentiel étant désormais alignée sur celle d’un député, le chef de l’État a-t-il réellement pu conserver toute latitude politique et toutes facultés institutionnelles pour diriger un pays en tant qu’« arbitre suprême de la Nation » ?
– Les élections législatives étant organisées immédiatement après une élection présidentielle, peut-il vraiment exister un scrutin purement démocratique basé sur les sensibilités politiques de chaque citoyen ?
L’existence d’un gouvernement de cohabitation étant toujours possible, il convient de ne formuler qu’une seule et unique réponse : « Non ! », à toutes ces interrogations…
En effet, beaucoup d’hommes et de femmes politiques partisans de l’instauration de la Constitution de la VIe République, estiment que les deux Premiers ministres, tout d’abord Jean-Pierre Raffarin, puis Dominique de Villepin, « ont gouverné et continuent à gouverner la Nation sous la tutelle du chef de l’État ».Histoire de démontrer la « justesse » de leur jugement, un nombre croissant de mécontents continue de hurler et de manifester dans la rue, face à ce gouvernement devenu, à leurs yeux, « inapte à la concertation et au dialogue »…
Les conséquences du deuxième tour des Régionales du 27 mars 2004 et le « Non » massif au référendum du 29 mai 2005 sur le projet de Constitution européenne illustrent parfaitement ce manque de consensus et ce divorce total déjà visibles au soir du 21 avril 2002, lors du résultat du scrutin du premier tour des élections présidentielles…
De là à penser que ce quinquennat présidentiel en est une des causes fondamentales, il n’y a qu’un pas !... Et il a été allègrement franchi à plusieurs reprises, le 26 septembre 2005, par Maurice Leroy, député UDF du Loir et Cher, qui s’est montré « hostile au quinquennat présidentiel » lors de l’émission de France 2 : « Mots Croisés », consacrée à « L’après Chirac ».
Pour confirmer le bien-fondé de cette opinion que nous partageons, on peut se demander en toute logique si une alternance politique saine pourrait encore être possible dans un éventuel gouvernement de cohabitation placé sous le signe d’une « certaine » ambiguïté, en cas de dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République:
– puisque le chef de l’État serait reconnu, non plus comme le Président élu de tous les Français, mais comme le chef suprême de l’ancienne majorité gouvernementale;
– puisqu’il serait contraint, soit de se soumettre, soit de se démettre, pour éviter que le pays ne devienne dangereusement « ingouvernable » ou « ingérable » ?
Donc, dans la mesure où le chef de l’État dirige la France, et où le Premier ministre gouverne la France, il devient urgent de rétablir immédiatement, par voie référendaire, le septennat présidentiel !


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