Rouxel Jean - mercredi 26 octobre 2011
euro
Le sommet de l’euro de dimanche 23 octobre a été un demi-échec.
Certes, les 17 pays membres de la zone euro se sont mis d’accord sur une augmentation de la force de frappe du Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Mais Angela Merkel n’a pas cédé sur les revendications françaises prévoyant une transformation du FESF en banque, ce qui lui permettrait d’accéder aux liquidités de la Banque centrale européenne (BCE).
Au plan politique, ce refus s’interprète, me semble-t-il, comme un refus allemand d’aller vers une plus grande mutualisation des dettes de la zone euro.
Officiellement, le refus de Merkel est justifié par le fait que les traités ne permettent pas la création d’une deuxième « quasi banque centrale ».
Dans la pratique, la véritable objection tient au fait que les Allemands ne veulent pas payer pour les États laxistes en matière budgétaire.
La meilleure preuve que les traités ne sont qu’un prétexte est qu’en marge du sommet du 23 octobre, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle a proposé une autre modification des traités. Pour pouvoir traduire les États laxistes devant la Cour de Justice européenne !
Toujours est-il que le sommet du 23 octobre se solde par une reconnaissance de désaccord fondamental.
La France veut sauver l’euro, y compris en payant pour les plus endettés. L’Allemagne ne veut pas sauver l’euro à n’importe quel prix. Et la mutualisation des dettes est, pour elle (et pour nous aussi, d’ailleurs !), un prix trop lourd à payer.
Tout le monde comprend que ce désaccord condamne l’euro à brève échéance.
Désormais, la question n’est donc plus de sauver l’euro. Ce n’est plus possible dans la configuration actuelle.
Plusieurs solutions s’offrent à nous. Soit on redéfinit le périmètre de la zone euro. Soit on crée un véritable gouvernement, non seulement économique, mais aussi politique, de la zone euro (ce qui serait fort inquiétant pour les libertés et la prospérité). Soit on abandonne simplement la monnaie unique, pur produit du constructivisme technocratique. Soit, enfin, on ne fait rien et, dans quelques semaines, le problème ne sera plus de sauver l’euro. Mais, bel et bien, de sauver l’Union européenne. La colère de David Cameron contre les gouvernants de la zone euro est un indice sérieux que cette dernière solution n’est pas seulement la pire ; elle est aussi la plus vraisemblable !
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