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Il ne faut pas restaurer les droits de douane |
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Trémeau Bernard - mercredi 15 décembre 2010
Pour relancer l’économie et s’opposer au chômage, Marine Le Pen, du Front National, d’un côté, et Arnaud Montebourg, du Parti socialiste, de l’autre, pensent qu’il faut cesser d’ouvrir les frontières aux produits fabriqués à l’étranger et rétablir les droits de douane. Et de nombreux Français, même dans l’actuelle majorité au pouvoir, pensent que ce serait une bonne solution.
L’entreprise française qui fabrique des pantalons à Troyes doit les vendre 12 euros pour obtenir un petit bénéfice. Mais l’entreprise française installée à Pékin vend les mêmes pantalons 7 euros en France, en faisant de très gros bénéfices. Les salaires payés en Chine sont, en effet, bien inférieurs aux salaires français.
La solution apparente est donc toute simple. Il suffit de rétablir un droit de douane de 5 euros sur chaque pantalon importé. Il sera alors vendu 12 euros en France. Et l’entreprise installée en France ne subira plus une concurrence « déloyale ».
Tous ceux qui pensent que le retour au nationalisme économique est la solution au problème du chômage doivent d’abord relire l’histoire de la crise de 1929. Roosevelt, alors au pouvoir aux USA, a en effet rétabli les droits de douane pour sauver les entreprises américaines devenues non compétitives. Les autres pays ont riposté et les échanges entre les pays ont pratiquement cessé. Le chômage s’est installé partout dans le monde, en Allemagne tout particulièrement. Et, pour finir, Hitler a été élu démocratiquement.
Mais rétablir des droits de douane est économiquement très dangereux. C’est en effet augmenter le prix de tout ce que nous importons. Nous allons payer le pantalon 12 euros au lieu de 7, et notre niveau de vie « pantalon » va ainsi baisser de près de 50 %.
Or, aujourd’hui, plus de la moitié de ce que nous consommons en France a une origine étrangère. Même le lait produit en Allemagne est vendu moins cher en France que le lait produit dans notre pays. Le pot de miel brésilien est vendu 3,12 euros au supermarché, alors que le pot de miel de qualité équivalente produit en France est vendu 12 euros. Ne parlons pas des voitures japonaises, indiennes, ou même allemandes.
En pratique, les prix de ce que nous consommons augmenteraient. Les prix de notre consommation courante (nourriture, vêtements, transport, télévision ou téléphone portable) augmenteraient de plus de 25 %. Nous achèterions donc beaucoup moins. Notre niveau de vie baisserait d’autant et un chômage massif accompagnerait cet appauvrissement.
Mais certains croient qu’il suffirait, dans un deuxième temps, d’associer ce retour au nationalisme économique à une augmentation des dépenses de l’État sans augmentation des impôts. C’est la fameuse « relance keynésienne ». Ils oublient un tout petit détail. Quand la demande devient supérieure à l’offre, le prix de tout ce qui est vendu en France augmente. À l’inflation issue de l’augmentation des droits de douane s’adjoindra l’inflation due à l’augmentation des prix issue de la « relance ».
Il faudrait alors, dans un troisième temps, lutter contre toutes ces inflations en rendant le crédit plus coûteux. Les entreprises auraient moins d’argent pour investir, donc pour innover et produire à moindre coût. Les particuliers achèteraient moins de maisons ou de voitures. On augmenterait encore le chômage.
En 2010, dans une économie mondialisée comme la nôtre, le retour des droits de douane serait une effroyable régression économique. Elle provoquerait une diminution de notre pouvoir d’achat en augmentant le chômage. Des troubles sociaux de plus en plus graves en seraient la conséquence.
Il faut, par contre, cesser d’imposer les entreprises installées en France et de faire peser sur elles des contraintes économiques augmentant leurs coûts de production.
Il faut aussi n’utiliser que des impôts comme la TVA, impôts qui taxent de façon équivalente les produits fabriqués en France ou à l’étranger.
Finalement, les lois déterminant les comportements économiques sont simples. Mais il faut les connaître !
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AME
Le budget de l’État prévoit que l’Aide médicale d’État (AME) coûtera 588 millions d’euros en 2011, soit une hausse de 53 millions par rapport à 2010…
Chiffres significatifs
Pauvreté > En 2008, 7,84 millions de Français vivaient avec moins de 950 euros par mois. La moitié d’entre eux vivaient même avec moins de 773 euros par mois.
Médecins > Au début de l’année 2010, la France comptait 261 378 médecins, dont 216 450 en activité. Ce qui représente pratiquement un doublement en 30 ans !
Budget > Le budget 2011 de la ville de Paris, voté le 14 décembre, atteint la somme colossale de 7,75 milliards d’euros !
Afrique > L’Afrique compte 169 chercheurs pour un million d’habitants. Chiffre à comparer aux 742 chercheurs asiatiques, aux 2 278 chercheurs européens et aux 4 654 chercheurs nord-américains par million d’habitants !
Logement > En 2010, l’État aura versé 630 millions d’euros pour aider à la construction de logements sociaux.
Poste > Au premier semestre 2010, la filiale courrier de la Poste a réalisé un chiffre d’affaires de 5,9 milliards d’euros, tandis que la filiale colis réalisait un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros.
Préretraite > En 2009, seuls 7 260 salariés du privé ont accédé au statut de préretraités. C’est le chiffre le plus bas jamais enregistré depuis 1985.
Santé > En 2009, les dépenses courantes de santé en France se sont élevées à 223,1 milliards d’euros, soit 11,7 % du PIB. |
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