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Il y a 30 ans, Thatcher changeait l’histoire |
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Milliere Guy - mardi 12 mai 2009
liberalisme
Il n’en sera sans doute pas question en France. Je me dois, par conséquent, d’en parler. Il y a trente ans, à quelques jours près, Margaret Thatcher accédait au poste de Premier ministre du Royaume- Uni. Elle allait faire bien davantage qu’exceller dans ses fonctions.
Elle allait montrer que, lorsqu’il a des idées claires et de la détermination, un dirigeant politique peut changer le cours de l’histoire et redresser une situation qui pourrait sembler désespérée.
Quelques mois après l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher, les États-Unis, qui étaient alors dirigés encore par Jimmy Carter, le lamentable prédécesseur d’Obama, allaient élire un grand Président, Ronald Reagan. Jean-Paul II étant devenu Pape le 16 octobre 1978, on peut dire que les années 1980 ont constitué une décennie extraordinaire.
Le rayonnement de ces trois personnalités va produire des effets que nul n’aurait osé envisager auparavant. Non seulement le mur de Berlin est tombé, mais l’empire soviétique lui-même s’est effondré et une vague de liberté sans précédent a touché toute la planète.
Alors que certains, comme ils le font aujourd’hui, s’apprêtaient à enterrer le capitalisme démocratique, celui-ci allait se renouveler entièrement et, porté par des innovations technologiques majeures, susciter le passage à la mondialisation accélérée qui a changé la vie de centaines de millions d’êtres humains. Tout ne s’est certes pas enclenché avec l’arrivée de Margaret Thatcher, mais elle y a été pour beaucoup. Si des dirigeants de cette qualité intellectuelle et morale existaient aujourd’hui sur la scène européenne, nous n’en serions pas où nous en sommes.
Les mémoires se faisant courtes, et les historiens étant souvent remplacés par des propagandistes, il faut rappeler ce qu’était le Royaume-Uni lorsque la « dame de fer » a été élue : un pays en plein déclin économique, en état de déliquescence politique, enlisé depuis plusieurs décennies dans la sclérose étatiste, soumis à la tyrannie inepte des syndicats, courbé sous les grèves à répétition.
Nul n’aurait parié la moitié d’un penny sur le redressement. Comme dans toutes les sociétés qui se délitent, l’agressivité était omniprésente – j’en atteste personnellement, ayant séjourné souvent à Londres à la fin des années 1970.
En quelques mois difficiles où il lui a fallu tenir face à des adversaires (parfois des députés pusillanimes de son propre parti), Margaret Thatcher a vaincu l’inflation, procédé à une vaste déréglementation, baissé considérablement les impôts, taxes et charges, amenuisé radicalement la progressivité fiscale. Elle a privatisé l’essentiel des secteurs industriels que ses prédécesseurs avaient nationalisé,
supprimé la quasi-totalité des subventions accordées à des entreprises non viables, revendu à leurs occupants des dizaines de milliers de logements dits « sociaux ».
Elle a, chemin faisant, brisé les reins des syndicats, n‘hésitant pas à affronter une grève des mineurs qui a duré une année entière. Elle n’a cessé de tenir un discours sans ambiguïté sur le caractère immoral et intrinsèquement pervers du socialisme et, quand Ronald Reagan a dénoncé « l’empire du mal », elle a été à son côté, sans conditions.
Ses propos sur l’Europe ont incarné la résistance au Léviathan redistributionniste et bureaucratique qui s’édifie à Bruxelles et, si elle n’a pas triomphé sur ce plan, elle a disséminé dans les rouages assez de grains de sable pour que son fonctionnement se fasse un peu moins irrépressible. Lorsque la junte d’Argentine a envahi les îles Falkland, elle n’a pas demandé aux Nations Unies d’énoncer une protestation d’eunuques, elle a envoyé la Navy et la junte argentine a quitté les Falklands, avant de chuter un peu plus tard.
Près de deux décennies après son départ, le Royaume-Uni est gouverné par des nains. Le spectre du déclin vient planer à nouveau au-dessus de Londres. Après George Bush, les États- Unis ont porté à leur tête un téléprompteur réglé sur des longueurs d’ondes très à gauche, l’Europe se porte mal et se résigne à devenir une zone islamique et sous-développée sur la planète.
Mais, si l’histoire semble parfois une tragédie jouée d’avance, il peut exister des personnages hors normes qui, eux, font l’histoire. Margaret Thatcher a, sans conteste, été de ceux-là.
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