Rouxel Jean - jeudi 23 août 2007
immigration, sarkozy
En juin, l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, a dit que notre pays abrite « environ » 350 000 sans-papiers algériens. Déduction : avec les immigrés clandestins du Maghreb, de l’Afrique, de la Chine et autres pays asiatiques, on atteint le million, très au-dessus de l’estimation officielle. En 2006, dans un rapport du Sénat, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, l’estimait « entre 200 000 et 400 000».
Privilégié par Sarkozy lors de la présidentielle, le thème de la lutte contre l’immigration clandestine avait rabattu vers lui bien des électeurs frontistes. « Sur cinq étrangers qui sont en France, seuls deux travaillent : une femme sur trois, un homme sur deux. C’est pourquoi il faut limiter l’immigration », dit Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement.
Mais dans une tribune au « Figaro » du 1er juin, il a fixé un objectif de 25 000 éloignements d’étrangers illégaux en 2007. C’est peu. Et un an après leur expulsion, les sans-papiers de Cachan sont presque tous régularisés : de quoi rendre sceptique… Sarkozy continue sur sa lancée de ministre de l’Intérieur : faire semblant d’être ferme tout en étant laxiste. Ses rodomontades ne diminuent pas la pression de l’immigration.
Certes, ce n’est pas facile. Cet été, le politiquement correct médiatique s’est déchaîné à l’occasion de drames de l’immigration. Le 9 août, à Amiens, un sans-papiers de 12 ans tomba, en descendant par la façade de l’immeuble pour échapper à un contrôle de police. Il fut dans le coma. Les médias ont présenté Sarkozy comme un assassin ayant durci les lois sur l’immigration. Et ils ont reproché à la police de les appliquer avec zèle durant l’été, quand les professionnels de la manif - notamment les enseignants - sont loin. Autre drame : le 13 août, une embarcation d’immigrés clandestins naufragea au large de Mayotte, entraînant 17 morts - dont 8 enfants - et 19 disparus.
Sarkozy veut aider la majorité pour les municipales de 2008, qui s’annoncent difficiles pour elle. Aussi fait-il de la rhétorique, jouant sur les mots tels que « immigration choisie », souhaitant que l’immigration économique grimpe de 7 à 50 %. En septembre, l’Assemblée nationale examinera un projet de loi de Hortefeux durcissant le regroupement familial, en le subordonnant à la détention d’un logement et de revenus suffisants pour faire vivre une famille, et à un test de français. Cette loi ne vaudra que si elle est réellement appliquée…
13 commentaires - Ecrire un commentaire
|