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Immigration choisie et immigration subie


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Hartemann Philippe - mercredi 29 mars 2006


Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il mis sous le coude le rapport édifiant de Richard Castera, Inspecteur Général de l’Administration, sur une mission d’évaluation des « capacités d’accueil de la France et de ses besoins », réalisée de septembre 2005 à février 2006 ?

Ce rapport remis récemment au ministre de l’Intérieur concluait entre autres que « les immigrés choisis ne se substitueront pas aux immigrés subis, ils s’y ajouteront ».

Le rapporteur précise, en outre, que « la France n’a plus, dans l’état actuel de son économie, les moyens d’accueillir des immigrants. Elle risque donc de créer une vague supplémentaire d’entrée d’immigrés qui ne seront, bien entendu, pas à l’abri du chômage endémique du pays. Si elle ne réduit pas de manière drastique l’entrée de son territoire pendant plusieurs années, la France s’exposerait à de nouvelles explosions comme celle de novembre 2005 dans les banlieues ».
Chaque année, le flux migratoire, en constante augmentation, est de plus de 160 000 personnes (chiffre quasi officiel pour 2004 qui ne prend pas en compte un nombre sans doute équivalent de clandestins).

Cet afflux cause de graves problèmes dans le domaine du logement, de l’emploi, de l’éducation…
Chaque année, plus de 100 000 étrangers se présentent sur un marché du travail déjà très encombré de chômeurs où les postes pas ou peu qualifiés sont rares, avant-gardes de familles entières qui débarquent en France en foules compactes au nom du regroupement familial.

Le secteur privé, le seul accessible à ces populations, ne crée pas suffisamment d’emplois pour satisfaire les demandes : il n’y en eut que 86 000 en 2004. Le rapporteur conclut logiquement que « les capacités d’accueil des populations immigrées sont donc totalement saturées, et les premières victimes de cette réalité en sont les étrangers eux-mêmes ».
Cette constatation est confirmée par le taux de chômage de cette catégorie qui est de 17,6 %, alors que la moyenne française est de seulement 9,7 % : soit près de deux fois moins !

En contredisant l’opinion habituelle sur l’importance du vieillissement de la population française et sur le départ à la retraite des enfants du baby-boom nés après la Libération, nous obligeant à recourir à une entrée massive d’immigrés, Richard Castera explique que : « Le chômage et le sous-emploi ainsi que la faiblesse du taux d’activité de certaines catégories de personnes (seniors, femmes, jeunes) offrent des gisements considérables de main-d’œuvre française. Des politiques actives d’emploi et de formation professionnelle peuvent permettre d’ajuster l’offre à la demande si des besoins sectoriels ou spécialisés se font sentir. Si des emplois sont à pourvoir, la priorité doit être impérativement accordée à la réduction du chômage en France, et notamment celui des immigrés déjà présents sur le territoire ».

Il est curieux de noter que ce rapport accablant pour les perspectives envisagées par le ministre de l’Intérieur pour une « immigration choisie » est antérieur à sa prise de position. On comprend aisément pourquoi il a préféré l’enterrer !
Ce n’est pas tout : le Premier ministre envisage de porter le problème au niveau européen. Au cours d’une réunion préparatoire, le 13 mars dernier, du Comité Interministériel mensuel sur l’Europe, il a décidé le « principe d’une ouverture progressive » des frontières qui commencera dans « les métiers où il y a besoin de main-d’œuvre ».
Le problème est considérable pour l’avenir de la France, compte tenu du fait qu’une large majorité des immigrés, choisis ou non, viennent de pays de culture et de religions musulmanes, qui n’ont aucune envie de rentrer dans leurs pays d’origine (ni eux, ni toutes leurs nombreuses familles) pour participer au développement de leurs pays respectifs, à l’issue de leur formation ou à l’expiration de leur hypothétique contrat de travail.
Quelles ruines allons-nous laisser à nos successeurs ?


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