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Impossible paix en Irak


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Milliere Guy - jeudi 12 juillet 2007

irak, islamisme, terrorisme
C’est un fait : des erreurs ont été commises dans la gestion de l’après guerre en Irak. C’est un fait encore : l’Irak n’est pas aujourd’hui une démocratie stable, les actes terroristes se poursuivent et nuisent à la possibilité pour les Irakiens de mener une vie normale.

C’est un fait aussi : une lassitude se dessine dans la population américaine.
Le doute s’installe quant à la possibilité de voir un terme à l’intervention militaire et quant à la possibilité que ce terme soit positif. Si la stratégie mise en place depuis janvier par le général Petraeus ne porte pas nettement ses fruits d’ici à septembre prochain, les appels au désengagement risquent de se faire plus pressants.
Certains vont même jusqu’à dire que les terroristes et ceux qui les soutiennent ont une vision du moyen terme qui manque à Washington.

Pour ce qui me concerne, et pour ce qui concerne aux États- Unis des gens de gauche comme Joe Lieberman ou des gens de droite comme John McCain ou Rudy Giuliani, avoir renversé Saddam Hussein a été et reste une bonne chose, le fait de dire que le Proche-Orient devait sortir, fût-ce au forceps, d’une oscillation entre la peste des dictatures et le choléra du fanatisme islamiste a été et reste une parole juste.

Les erreurs commises n’enlèvent rien à ce que la démarche d’ensemble a eu et a de fécond.

Le terrorisme, et c’est l’objectif de ses commanditaires, vise à empêcher cette fécondité de prendre racine et à susciter le découragement qui mène à renoncer.
Il vise à tuer atrocement et de manière absolument barbare, mais il vise aussi et surtout à faire peur et à démoraliser.

L’essentiel au cours des mois à venir est qu’il ne parvienne pas à ses fins. Un retrait précipité d’Irak serait une défaite majeure pour l’ensemble de l’Occident, mais aussi pour ceux qui, dans le monde musulman, se battent pour un islam modéré.
Le recours aux voies de l’apaisement vis-à-vis des régimes qui soutiennent le terrorisme - dont la Syrie et l’Iran - serait, par symétrie, une victoire majeure pour ces régimes.

La voie de l’opiniâtreté Il ne reste qu’une seule voie, celle de l’opiniâtreté, de la détermination, du courage. Il reste à souligner ce qui nuit au courage : l’ensemble des discours parlant des terroristes comme d’« insurgés » ou des soldats occidentaux comme de bourreaux.

Il est extrêmement grave que des médias occidentaux pratiquent la complicité avec l’ennemi.
Car il s’agit bel et bien de complicité avec l’ennemi. Il reste à souligner que ce qui nuit au courage nuit au respect de l’humanité : chaque parole d’excuse ou d’« explication » concernant le terrorisme encourage celui-ci, tout comme chaque parole négative envers des soldats occidentaux.

Il reste à dire que le mot « bourbier » est une insulte pour tous ceux qui sont morts pour la liberté (soldats américains ou membres de la coalition) comme pour ceux qui sont morts alors qu’ils voulaient seulement vivre leur vie et qui, s’ils sont nés en Irak, ne sont pas moins des êtres de chair et de sang que ceux qui sont nés en France ou ailleurs en Europe.

Il reste à s’interroger aussi sur ce qu’écrivait voici peu Bernard Lewis dans le « Wall Street Journal » lorsqu’il citait les propos de Ben Laden affirmant sa certitude de gagner : « les islamistes sont opiniâtres et aiment la mort, tandis que les Occidentaux se lassent vite et aiment la vie ».

Des erreurs ont été commises, mais une guerre a été déclarée au monde occidental. Les islamistes pensent plus que jamais pouvoir gagner. Si l’Irak devait tomber aux mains d’al Qaida, les Irakiens n’auraient été délivrés d’une dictature que pour se trouver asservis à une autre. Le message tel qu’il serait reçu dans le monde musulman aurait des effets désastreux. Les lendemains en Europe ressembleraient à la nuit.

L’Amérique se replierait. L’heure serait favorable au pire, à la dictature absolue, à la barbarie à visage bestial. Le monde civilisé n’a pas choisi qu’on lui déclare la guerre.

La guerre est là, l’ennemi la mène sans scrupules. Nous devons choisir : rester debout et droit ou bien nous soumettre et mourir de manière infâme.

J’espère que Ben Laden se trompe et que Bernard Lewis citant Ben Laden se trompe aussi, mais il m’arrive de douter.

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