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Incohérence de la droite nationale


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Milliere Guy - lundi 03 novembre 2003


J’ai, je dois le dire, de plus en plus de difficultés à déchiffrer les positions de la droite nationale et souverainiste en matière de politique étrangère.

Elle est hostile à la construction d’un super-État européen : je la comprends. Le déficit démocratique et le constructivisme inhérents à l’Union Européenne telle qu’elle s’édifie me semblent receler de multiples dangers, dont le moindre n’est pas de s’illusionner sur une grande Europe des nations qui pourrait aller de Paris à Vladivostok et s’ériger en rivale des États-Unis.

Pour constituer une rivale, il faut en avoir les moyens : rajouter à une Europe centrée sur deux États-providence en pleine déconfiture (le claudiquant couple franco-allemand) des pays d’Europe centrale encore mal remis du communisme et une Russie qui ne se relèvera sans doute jamais complètement des ravages que lui ont infligés Lénine et ses successeurs (PIB par tête de la Russie aujourd’hui : 1 700 $) relève du pur fantasme.

La détestation d’Israël peut se comprendre, hélas : la judéophobie n’est pas un monopole de la gauche et de l’extrême-gauche. Trouver des qualités à des dictateurs tels que Saddam Hussein peut s’expliquer aussi : la droite nationale et souverainiste n’a jamais rien eu contre les « hommes forts ».

La détestation de l’Amérique peut s’expliquer facilement elle-même. Un pays où il y a des gens de toutes les races et où un immigré peut devenir chef des armées, puis ministre des affaires étrangères, est-il vraiment fréquentable pour une certaine « vieille France » ?

Ce que je trouve beaucoup moins compréhensible et explicable est l’aveuglement dont les membres de la droite nationaliste et souverainiste font preuve concernant l’état de la France.

Cela ne me plaît pas de le dire, mais c’est un fait : la France aujourd’hui est un pays économiquement et financièrement à bout de souffle, un pays où la population vieillit et s’islamise, un pays qui n’a plus d’armée et guère de police.

Croient-ils qu’une France en crise de soixante millions d’habitants peut s’en sortir toute seule ? Croient-ils que c’est en s’appuyant sur des pays encore plus malades et détraqués qu’il sera possible pour la France de rebondir ? Vraiment ? Croient-ils que la meilleure façon de contrer la montée de l’islam et de l’islamisme est de pactiser avec lui ou d’adopter devant lui la position couchée ? Peuvent-ils m’expliquer (et précisément s’il vous plaît) comment tout cela sera possible ?

Peuvent-ils échapper à certaines réalités implacables : la civilisation occidentale dans son ensemble rassemble un peu plus de sept cents millions d’êtres humains, l’islam en compte presque le double, l’Asie a trois milliards d’habitants. La priorité urgente pour l’Occident est-elle de se diviser et de se fragmenter ? Vraiment ?

À l’époque du léninisme triomphant, on parlait d’idiots utiles. J’aimerais que la droite nationaliste et souverainiste me montre, par l’intermédiaire de ses membres, qu’elle n’est pas composée d’idiots utiles en train de préparer l’anéantissement de leur propre civilisation et sa soumission à une barbarie future, rien que parce qu’ils font passer leurs haines et leurs fantasmes avant le moindre effort de lucidité.

Cela vaut la peine de sauver la civilisation occidentale. Elle a produit des merveilles. Je ne comprends pas comment des gens qui prétendent être attachés à elle peuvent agir comme si leur priorité était de tout saborder et de compromettre ainsi l’avenir de leurs propres enfants.

Je comprends que des haines ou des rancunes peuvent rendre fou. Je ne comprends pas comment des haines et des rancunes peuvent mener à préférer se suicider, en tentant d’entraîner dans son suicide ceux qu’on exècre, plutôt que de tenter de survivre, fût-ce à côté d’eux…


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En bref
Chirac

« Depuis un tiers de siècle que nous connaissons Jacques Chirac, nous savons que c’est, par l’esprit, un radical- socialiste, modèle IIIe République » (Alain Minc, essayiste).

SIC

Bon conseil
« Pour assurer sa survie politique, il faut se montrer ferme sur l’immigration clandestine, ferme sur la criminalité et ferme sur le terrorisme » (M. Gianfranco Fini, vice-président du Conseil italien).

Majorité
« Si l’UDF a aujourd’hui un groupe à l’Assemblée nationale, c’est parce qu’aux dernières législatives, l’UMP s’est abstenue de présenter des candidats contre les siens dans une quarantaine de circonscriptions » (Jean-Claude Gaudin, vice-président de l’UMP).

UMP
« La période du “Garde à vous, fixe !” derrière le chef est révolue » (Jérôme Rivière, président de La Droite libre).

Totalitarisme

« Hitler, à sa façon, n’est qu’un frère putatif de Staline, auquel l’attachaient d’invraisemblables liens de haine-attirance » (Emmanuel Leroy-Ladurie, historien).

Bové
« Que José Bové complique la vie de la gauche institutionnelle n’est pas pour me déplaire. Pendant tant d’années, le parti socialiste a profité de ce que la droite républicaine était handicapée électoralement par la présence de l’extrême droite. À eux de découvrir qu’être flanqué d’un extrême sur sa gauche peut être embarrassant » (Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur).

Argent
« Être trop rémunéré, cela revient à perdre sa liberté » (Henri Lachmann, Président de Schneider Electric).

Fiscalité
« Ce qui pose un problème, ce n’est pas seulement la hausse de la fiscalité, mais aussi son imprévisibilité » (Louis Schweitzer, président de Renault).




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