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Infirmières bulgares : l’Union européenne s’est soumise


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Rouxel Jean - vendredi 27 juillet 2007

libye, kadhafi
Tripoli a commué en prison à vie la condamnation à mort des infirmières bulgares et du médecin palestinien, accusés d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants. L’extradition vers la Bulgarie de ces praticiens permettra leur libération ultérieure.

Heureux dénouement. Mais le scandale demeure. Arrêtée en 1999, l’équipe fut condamnée à mort en 2004 pour « assassinat avec préméditation » visant à « saper la sécurité de la Libye ». Faute de preuves – évidemment – le Tribunal du peuple, traitant les atteintes à la sécurité de

l’État, annula cette peine. En 2006, les malheureux furent à nouveau jugés et condamnés à mort, cette fois-ci pour « provocation d’une épidémie de sida par injection de produits contaminés ». Une contamination « à des fins de recherche » a même été évoquée ! Il s’agissait de cacher à la population la responsabilité du ministère de la Santé publique dans l’épidémie de sida – 438 enfants et une trentaine de mères contaminés

– due à la mauvaise hygiène de l’hôpital de Benghazi. La justice a ignoré les témoignages de sommités comme le Français Luc Montagnier – co-découvreur du virus du sida – l’Italien Vittorio Colizzi et les spécialistes d’Oxford, montrant que l’épidémie avait commencé avant l’arrivée des accusés. Le président Kadhafi avait d’autant plus besoin de boucs émissaires que le berceau de l’épidémie, Benghazi, deuxième ville du pays et foyer islamiste, est en rivalité politique avec Tripoli. En février 2006, le gouvernement avait perdu, pendant une semaine, le contrôle de cette ville où le consulat italien avait été attaqué par la foule à cause de la publication en Europe des caricatures de Mahomet. Kadhafi a voulu plaire à Benghazi.

En outre, Kadhafi voulait faire libérer un officier libyen, Abdel Basset Ali al-Megrahi, incarcéré à vie en 2001 en Grande-Bretagne pour l’attentat de Lockerbie de 1988 contre un Boeing 747 de la Pan Am (270 morts).
On ne serait pas étonné d’apprendre bientôt la libération de cet assassin.

L’Union européenne a promis de mettre, à ses frais, l’hôpital de Benghazi aux normes européennes. Elle a « dédommagé » les familles des victimes, admettant implicitement la culpabilité des infirmières. Cette rançon infligée à des « infidèles » est conforme à la tradition musulmane depuis Mahomet. Comme pour l’affaire des otages anglais par exemple, l’UE a courbé l’échine. Cette servilité ne peut qu’encourager les prises d’otages d’Européens dans l’ensemble du monde musulman…

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