Trémeau Bernard - mardi 19 août 2008
inflation
Les banques centrales américaine (la FED) anglaise et européenne (la BCE) n’ont pas modifié leurs taux de base.
Or, la FED a un taux de base bien trop bas, à 2%. Le crédit n’étant pas cher, les Américains empruntent beaucoup trop. Il y aura certainement encore plus d’inflation aux USA dans quelques mois. Les Américains maintiennent-ils un taux de base si faible pour utiliser l’inflation du dollar comme une arme économique ?
La BCE, de son côté, ne modifie pas non plus son taux de base, mais il est plus sérieux, à 4,25%. Elle aurait dû l’augmenter encore un peu pour respecter les consignes que lui ont données les gouvernements européens : maintenir l’inflation à 2 % seulement.
Mais elle subit d’énormes pressions pour baisser ce taux de base. La BCE a donc choisi encore un peu d’inflation pour l’euro dans six mois.
Actuellement, tous les responsables économiques francophones décrivent pratiquement de la même manière la situation actuelle de l’économie mondiale.
Les banques centrales doivent choisir entre deux maux. Soit elles mettent plus de monnaie sur le marché, et l’on aurait alors plus d’inflation et moins de chômage. Soit elles mettent moins de monnaie sur le marché, et l’on aurait plus de chômage et moins d’inflation.
Enfin, dernière erreur, pour s’opposer au chômage, certains proposent de relancer l’économie en augmentant les salaires ou les retraites, ou en augmentant le déficit de l’État. Or, depuis 30 ans, ces relances keynésiennes ont toujours augmenté l’inflation sans réduire le chômage…
La réalité monétaire est en effet différente. Quand un syndicat obtient, au besoin par la grève ou la violence, une augmentation de salaires de 10 % ne correspondant pas à une augmentation équivalente de la productivité, il est évident qu’il génère une inflation contre laquelle la BCE devra lutter.
Quand un gouvernement propose de travailler 35 heures payées comme 39, il est évident qu’il génère une inflation contre laquelle la BCE devra lutter. Quand un président, heureux d’être élu, accorde royalement une augmentation supplémentaire du SMIC, il est évident qu’il génère une inflation contre laquelle la BCE devra lutter.
Il existe mille et une façons de créer de l’inflation. Or, pour s’opposer à cette inflation, la BCE est obligée d’augmenter ses taux.
Le crédit devenant plus coûteux, particuliers et entreprises diminuent leurs demandes de crédit. La BCE met moins de monnaie sur le marché.
Le pouvoir d’achat du pays est réduit d’autant.
Plus le comportement d’un peuple est inflationniste, plus la banque centrale doit augmenter ses taux. Or, plus la banque centrale augmente ses taux, plus la progression du pouvoir d’achat se ralentit.
La BCE doit bien évidemment tenir compte des comportements inflationnistes de chacun des 15 pays européens unis par l’euro. Quand les Italiens ont un comportement inflationniste, la BCE est obligée d’augmenter ses taux et le pouvoir d’achat diminue en France. Le chômage augmente en Europe. Mais, quand le gouvernement allemand quitte un comportement inflationniste en réduisant les charges pesant sur ses entreprises, la BCE peut abaisser ses taux. Le pouvoir d’achat augmente plus rapidement et le chômage diminue dans toute l’Europe.
Il est ainsi possible d’obtenir le plein emploi sans inflation. Il faut d’abord que les gouvernements cessent d’utiliser des politiques inflationnistes. La BCE baissera alors automatiquement ses taux, sans qu’on le lui demande. Notre pouvoir d’achat augmentera.
Il est probable qu’en adoptant un tel comportement, on puisse même atteindre un certain niveau de surchauffe.
Telle est la réalité monétaire toute simple, que pratiquement tous les responsables économiques francophones semblent ignorer…
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