Potrat Alain - lundi 13 juin 2011
libye
Le gouvernement a justifié l'intervention militaire de notre pays en Libye par la nécessité de s'interposer entre les pro et les anti-Kadhafi afin de protéger les populations civiles menacées par ce conflit armé.
Cet alibi est une ficelle un peu grosse qui ne convaincra que les plus crédules, car il est bien évident que la motivation de cette intervention est ailleurs, la preuve en étant que notre pays a délibérément choisi l'un des deux camps et que la mission qu'il s'est fixée est d'anéantir le pouvoir en place au profit de la rébellion, croyant sans doute, naïvement, que cette posture sera de nature à engager ce pays vers un processus démocratique...
Lorsque le chef de l'État français reçoit en grandes pompes et à plusieurs reprises les représentants fantoches d'un pouvoir auto-proclamé qui n'a aucune légitimité en dehors de celle qu'il s'est lui-même octroyée, en promettant d'augmenter sa pression militaire sur les forces loyalistes, notre pays fait preuve d'une ingérence qui n'a rien à voir avec un quelconque souci humanitaire, mais bien d'une volonté affichée de destituer le colonel Kadhafi.
Sur le modèle du Kosovo
Contre toute attente, celui-ci résiste depuis des semaines à une coalition puissamment armée, ce qui prouve qu'il n'est pas seul, qu'une partie non négligeable de la population lui reste fidèle, et qu'il ne s'agit donc pas d'un despote isolé, abandonné, trahi par son entourage et par son peuple, mais au contraire d'un chef adulé qui conserve de nombreux partisans.
Quelle que soit l'issue du conflit, il faudra bien admettre que ce pays sera coupé en deux, et que les rivalités entre pro et anti continueront à opposer la population, dans un schéma assez voisin de celui du Kosovo où règne désormais et pour une durée indéterminée une farouche hostilité entre Serbes et Kosovars, pays qui doit désormais être encadrée par une force d'interposition étrangère, ce qui sera sans doute le cas demain en Libye.
Rien n'indique que la France ait fait le bon choix en optant pour le soutien aux insurgés, allant au-delà de la mission humanitaire initialement annoncée, car le départ du colonel Kadhafi ne signifiera pas pour autant un retour au calme et à la paix dans cette région du monde, peut être débarrassée d'un dictateur, mais livrée au chaos.
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