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Injustice sociale et inefficacité économique


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Trémeau Bernard - samedi 21 février 2004


Depuis la Libération, la démocratie française est entrée dans une logique perverse. Unis dans un même élan de générosité apparente (ou de recherche d’électeurs), communistes et socialistes (les marxistes) et MRP (les chrétiens) ont d’abord mis en place un principe fondamental de notre société.

La répartition des revenus issue du marché, c’est-à-dire du libre comportement économique des individus, est une mauvaise répartition, car tous ceux qui ont un pouvoir économique abusent de leur pouvoir pour s’enrichir. Le boulanger vend son pain trop cher, le patron vole ses salariés, les entreprises s’entendent entre elles pour vendre plus cher leurs produits.

Tout le monde n’a qu’une seule logique : utiliser sa position économique pour augmenter ses profits. Ainsi le puissant est devenu riche du fait qu’il a volé les petits. Le petit est encore plus pauvre du fait qu’il a été volé par un plus puissant que lui. Les gaullistes ont ensuite repris les positions de leurs prédécesseurs.

Une telle vision du comportement économique justifie les interventions du pouvoir politique dans l’économie. Le pouvoir politique a l’obligation d’introduire plus de justice sociale. Ceux qui vendent au petit peuple, comme ceux qui embauchent des salariés, sont des voleurs.

Le pouvoir politique doit intervenir pour introduire plus de « justice sociale » dans la société française. Il doit nationaliser les entreprises qui pourraient avoir une situation de monopole, comme la SNCF, le métro ou EDF. Il doit empêcher les entrepreneurs d’exploiter leurs salariés et des dizaines de milliers de pages réglementent le comportement des entrepreneurs. Il doit prendre l’argent que les entreprises ou les entrepreneurs devenus « trop » riches gagnent et il doit le rendre aux pauvres. Aujourd’hui, l’État prend plus de la moitié des revenus des Français pour les redistribuer.

Le bilan d’une telle politique de répartition n’est pas brillant !

D’abord, les abus de pouvoir des responsables politiques sont permanents. Les entreprises nationalisées ont été utilisées par les hommes politiques pour augmenter leurs revenus ou les revenus de leur parti. Les scandales d’Elf, du Crédit Lyonnais ou l’affaire Juppé montrent que les abus de pouvoir des hommes politiques sont bien plus énormes que les abus de pouvoir des entrepreneurs privés.

La répartition accroît les inégalités !

Mais est-il normal que l’on finance en toute légalité par l’impôt les revenus des responsables syndicaux, dont la principale activité est d’arrêter le fonctionnement des services publics pour obtenir une augmentation de salaire ? Est-il normal que l’on paye notre électricité plus cher pour donner de très belles vacances à tous les salariés d’EDF ?

Ensuite, la politique de répartition des revenus n’a pas réduit les inégalités comme on essaye de nous le faire croire, mais elle les augmente en permanence. Le SMIC est le meilleur exemple de cet échec.

Selon l’INSEE, une augmentation de 1 % du SMIC augmente de 35 000 le nombre des exclus (40 000 selon le MEDEF). Plus on augmente le poids de la politique sociale, plus le nombre des exclus augmente et plus on oblige les « petits » à passer du SMIC au RMI.

Enfin, prendre l’argent des riches pour le donner aux pauvres enrichit très peu les pauvres, car il y a peu de gros revenus et beaucoup de petits revenus.

Pour finir, nos hommes politiques ont décidé d’intégrer l’économie française à l’économie européenne et à l’économie mondiale. Ils ont ouvert nos frontières en oubliant de lever les contraintes qu’ils font peser sur notre économie. Nos jeunes cadres dynamiques, nos chercheurs partent faire fortune à l’étranger. Nos entreprises délocalisent et notre marché est envahi de produits étrangers à bas prix.

La mondialisation associée aux freins imposés à notre économie maintient dans la pauvreté tout le monde, particulièrement ceux qui sont exclus et assistés. La progression du PIB français atteint avec difficulté 1 % par an, alors que dans les pays qui laissent leur économie fonctionner librement, le revenu des pauvres augmente de plus de 5 %.

En France, pour faire du social, il ne faut plus faire des lois, mais il faut en supprimer beaucoup…


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En bref
Immobilier

54,5 % des ménages français sont propriétaires d’une résidence principale et 19,2 % d’une résidence secondaire ou d’un bien immobilier de rapport.

Chiffres Significatifs

Magistrats 76 % des lauréats du concours 2003 de l’École nationale de la magistrature à Bordeaux étaient des femmes.

Divorces

La durée moyenne d’une procédure de divorce en France est de près de deux ans. 23 000 PACS sont signés chaque année, soit huit PACS pour cent mariages célébrés. Marché noir En prison, où les téléphones portables sont interdits, un appareil se revend en moyenne 1 000 euros. Si un détenu se fait prendre, il écope de 45 jours d’isolement. Aux dernières nouvelles, un passeport neuf valait 1 500 euros au marché noir…

Mariages blancs

Une filière de mariages blancs a été démantelée à Clermont-Ferrand. Les futurs mariés arrivaient de Tunisie avec un visa de tourisme après avoir payé 15 000 euros au réseau. La mariée auvergnate encaissait une prime de 5 000 euros en liquide. La rabatteuse qui avait convaincu cette dernière touchait entre 1 500 et 3 000 euros.

Chauffards

La multiplication des radars automatiques, depuis trois mois, se serait traduite par une diminution de 75 % des excès de vitesse. Le champion, en Europe, de l’équipement en radars est la Grande-Bretagne. Ses routes sont aussi les plus sûres : 6 morts dans des accidents de la route sur 100 000 habitants en 2000. Cette année-là, c’était 14 en France, 15,1 aux États-Unis et 21 au Portugal.

Chine

Le groupe Véolia Environnement veut réaliser 10 % de son chiffre d’affaires consolidé en Chine, en 2010.




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