Trémeau Bernard - mercredi 11 octobre 2006
Les migrations de population ont toujours existé. Au troisième siècle, les Germains ont envahi le monde romain et l’ont plongé dans la pauvreté. Au dix-huitième siècle, les Irlandais ont quitté leur pauvre pays natal où ils mourraient de faim pour aller vivre en Amérique du Nord. Ils sont à l’origine de la richesse américaine. Au dernier siècle, des Polonais, des Italiens, des Espagnols, des Portugais ou des Algériens sont venus travailler en France pour quitter la pauvreté de leur pays d’origine. Dans le même temps, certains Français sont allés planter des vignes en Algérie ou des ananas en Guinée, pour gagner de l’argent. Ils ont développé économiquement ces pays, créant de nombreux emplois. Des millions d’hommes ont risqué la mort pour fuir les régimes communistes en Europe ou en Asie. On a même construit un mur dans Berlin pour empêcher les Allemands de l’est de fuir le communisme…
Toutes ces migrations ont un point commun. Celui qui migre, celui qui abandonne son lieu d’origine part dans l’espoir de trouver dans le pays qui l’accueille une vie plus agréable. Manger à sa faim, faire fortune ou ne plus subir les contraintes d’un État prédateur.
Depuis 30 ans, un phénomène nouveau apparaît. Le fantastique développement des technologies de production et de communication, édifie à toute vitesse un Marché mondial. Cette évolution permet aux entreprises de passer d’une dimension nationale à une dimension mondiale. Certains États, comme les USA, l’Irlande ou la Chine, ne gênent pas par leurs interventions l’action des entrepreneurs. La richesse de ces pays augmente rapidement et le chômage régresse. D’autres États, comme la France, imposent de lourdes contraintes aux entreprises. La progression de leur richesse est fortement ralentie et le chômage progresse. D’autres comme le Congo ex-Belge, la Guinée ex-française ou le Zimbabwe ex-anglais imposent des contraintes insupportables à leur économie. Leur niveau de vie a fortement régressé et ils sont bien plus pauvres aujourd’hui que du temps des colonisateurs.
Lutter contre le sous-développement
Des différences de richesses énormes se développent ainsi entre tous les pays du monde et, avec le fantastique développement des technologies de communication, tous les habitants de tous les pays du monde sont aujourd’hui au courant de la façon dont on vit en France, en Irlande ou au Zimbabwe. Ainsi, des milliards d’habitants savent qu’en quittant leur pays, ils trouveront ailleurs, à quelques heures de voyage, bien plus de richesse, de sécurité ou de liberté. Des millions d’Africains francophones désirent s’installer en France, des millions de Mexicains désirent vivre aux USA.
Mais de nombreux Français ne trouvent pas de travail dans leur pays, ou ne supportent plus les contraintes économiques qui pèsent sur eux. Ils seraient un million à avoir quitté la France pour des cieux meilleurs, accentuant ainsi notre pauvreté relative. Il est évident que les pays les plus riches sont incapables d’accueillir tous ceux qui veulent profiter de leur richesse. Ils limitent donc l’entrée de leur territoire. Mais les entrées illégales se font de plus en plus nombreuses. Des « sans papiers » s’installent en toute impunité en France, squattent en toute illégalité des logements inoccupés et travaillent au noir. Quand le gouvernement essaye de faire appliquer les lois de la République, de nombreux Français s’y opposent…
Pour arrêter l’invasion de l’Europe, les Espagnols ont construit des murs autour de leurs enclaves africaines, ou les Américains ont décidé de construire un mur de 1 200 km entre le Mexique et eux.
Pour arrêter la fuite des Français entreprenants, nos technocrates n’ont pas encore construit un mur comme à Berlin, mais ils étudient des lois interdisant les délocalisations…
Le développement des technologies offre, aujourd’hui, la richesse à tous les États qui ne contraignent pas leur économie et qui éliminent, par la loi, les tricheurs de tout poil. Il faut aider les pays pauvres à installer chez eux une telle gouvernance. Ils se développeront, alors, deux fois plus rapidement que les pays riches (comme l’Inde ou l’Irlande) et leurs habitants préféreront rester chez eux. Il ne sera plus nécessaire de construire des murs.
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