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Irak : chronique d’un désastre annoncé


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Destour Jacques - mercredi 08 septembre 2010

irak
L’armée américaine quitte progressivement l’Irak. Seuls 50 000 soldats américains sont encore en poste là-bas, depuis le 31 août (ils étaient 170 000 en 2007).  Barack Obama a même eu le front de prétendre que la guerre était terminée. Ce qui signifie, j’imagine, que la paix est revenue. Curieuse paix, où il arrive que 150 personnes soient assassinées en une seule journée !

De toute évidence, le départ des Américains va conduire le pays au chaos. Les chiites, largement influencés par Téhéran, vont y prendre le pouvoir politique. Les sunnites vont soutenir Al Qaïda. La Turquie va récupérer le Kurdistan. Bref, ce pays va être, en somme, rayé de la carte. Avec les conséquences que l’on imagine en matière de production pétrolière et en matière d’alimentation du terrorisme international.
Pitoyable résultat. Mais, ce qui est plus grave, c’est que ce résultat était prévisible depuis le début. Il existe des fautes politiques pardonnables. Celle-ci n’en est pas une. Dès 2003, il était évident que l’occupation américaine en Irak serait un danger pour la paix mondiale : soit les Américains restaient sur place et alimentaient la haine de l’Occident et des « croisés » dans la population arabe ; soit ils partaient et abandonnaient le pays au chaos.  Nous y sommes aujourd’hui. Et je ne me réjouis pas spécialement d’avoir eu raison. Je n’avais pas beaucoup d’estime pour la dictature de Saddam Hussein. Un homme capable de liquider des dizaines de milliers de ressortissants de son propre pays n’est pas recommandable, c’est le moins que l’on puisse en dire ! Mais, enfin, cette tyrannie avait au moins un avantage : elle assurait la stabilité de l’Irak et de la région.
Déstabiliser ce pays, alors que l’on n’avait pas la moindre idée d’un gouvernement de remplacement (en dehors de quelques fantoches résidant aux États-Unis depuis 30 ans, et sans aucune légitimité politique), était évidemment jouer avec le feu.

Je sais bien qu’en dehors de la motivation pétrolière, et du pseudo motif des « armes de destruction massives », on a beaucoup usé de la justification « démocratique ». Mais cette justification ne tient pas la route. La démocratie, même quand elle n’agit pas comme dissolvant universel, n’est envisageable que pour un peuple ayant une existence politique antérieure. Ici, on parlait d’un pays dessiné sur une carte en 1918, avec trois ou quatre populations antagonistes, et aucune existence nationale !

Au demeurant, la démocratie dans le contexte islamique a toujours mené au pouvoir les islamistes les plus fanatiques – qui ont beau jeu de dénoncer la corruption des « élites » tolérées par l’Occident : le Hamas en Palestine, le Hezbollah au Liban, les Frères musulmans en Égypte, le FIS en Algérie…
Bref, la démocratie en terre d’islam n’est, à l’heure actuelle, envisageable que « tempérée par la dictature militaire », pour parodier Chateaubriand !
La « démocratisation » de l’Irak se résume en une phrase : justifications mensongères, vision politique nulle, pitoyable résultat, désastreuses conséquences !

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