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Iran : l’heure de vérité approche |
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Milliere Guy - mardi 20 octobre 2009
irak, israel, iran, obama
Depuis la regrettable arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche, les nuages s’accumulent de manière inquiétante sur la planète.
La plupart des commentateurs s’efforcent de ne pas voir ou d’édulcorer. Mais il ne sera pas possible de persister longtemps encore dans l’aveuglement volontaire. Une épreuve majeure se prépare. Elle est pour bientôt. Et il est improbable que les douze prochains mois se passent sans qu’elle ne survienne.
Elle concernera l’Afghanistan, bien sûr, où, à force de se conduire comme un ensemble de défaitistes pusillanimes, les membres de l’administration en place à Washington ont créé les conditions d’un pourrissement qui, pour les talibans, a des parfums de victoire.
Elle concerne le Pakistan où, si le front afghan cède, le gouvernement ne pourra plus résister aux poussées islamistes. Elle concerne l’Irak où, si l’Afghanistan et le Pakistan tombent, les efforts accomplis depuis le changement de régime en 2003 seront réduits à néant.
Elle concerne en fait, l’ensemble du Moyen-Orient. Elle a son centre d’ébranlement en Iran.
La stratégie de l’administration Bush était de mettre en place un endiguement et de serrer ensuite l’étreinte jusqu’à ce que le régime tombe. Cette stratégie n’a pu se trouver menée à son terme en raison du soutien que la Chine et la Russie ont apporté aux mollahs iraniens qui sont, de fait, leurs alliés. Et aussi parce que la plupart des pays européens, Allemagne en tête, ont choisi la voie de l’apaisement, de contrats honteux et de négociations où le plus idiot autour de la table venait, en général, de Paris, Londres ou Berlin. Elle a été abandonnée et remplacée par le discours du Caire où Obama a dit que l’islam incarnait la plus grande civilisation que l’humanité ait jamais vu naître depuis le commencement de l’humanité et par le récent discours aux Nations Unies où il était proclamé que chaque contrée pouvait « choisir sa propre voie » sans que quiconque puisse procéder à un jugement de valeur et où il était suggéré que le principal fauteur de troubles aujourd’hui était les États-Unis.
Le moment arrive où, prix Nobel ou pas, les discours apparaîtront pour ce qu’ils n’ont cessé d’être et où la vacuité des mots creux ne pourra plus cacher l’âpre réalité des faits.
Ahmadinejad veut l’arme nucléaire et l’hégémonie régionale et il entend aller jusqu’au bout. Des discussions comme celles qui ont eu lieu à Genève ne l’arrêteront pas. La réprobation morale, les menaces brandies en vain devant les caméras, les gesticulations ne l’arrêteront pas non plus. Les inspections menées sous l’égide de l’AIEA auront, chacun le sait, l’inefficacité stérile dont les Nations Unies sont coutumières.
Si les États-Unis n’agissent pas, ce qui, sauf immense et radical revirement, est probable, il restera les décisions prises par un pays, Israël. Les dirigeants de ce pays ont fait savoir qu’ils ne laisseraient pas se produire l’impensable et que, six décennies après la shoah, ils ne permettraient pas que se cristallise la menace d’une seconde shoah. Quand bien même le monde entier, par lâcheté, leur donnerait tort, je pense qu’ils ont raison et qu’ils ont l’éthique et les principes élémentaires du droit pour eux.
Si Israël agit, les pays arabes sunnites de la région condamneront, bien sûr, tout en étant secrètement soulagés. Car ils sont très inquiets de ce qui se fomente à Téhéran.
Les dirigeants européens condamneront eux aussi, tout en étant également soulagés. L’inquiétude qui monte dans les pays arabes sunnites se diffuse en Europe. L’administration Obama sera tentée de calquer son attitude sur la réaction officielle des pays arabes sunnites et sur celle des dirigeants européens, mais elle sera confrontée à la nécessité de faire ce qu’elle s’est refusée à faire jusqu’à présent : trancher. Ou bien, face aux actes terroristes et aux tentatives de blocage du détroit d’Ormuz qui surviendront sans doute, elle adoptera une attitude plus résolue et plus digne, et l’embrasement sera limité. Un coup d’arrêt sera porté à la dérive en cours. Ou bien elle restera dans l’irrésolution, fustigera Israël sans oser combattre les ennemis de la civilisation, et l’embrasement sera bien plus vaste et imprévisible.
Pour l’heure, je crains la persistance dans l’irrésolution et dans l’absence de courage. J’espère me tromper, bien sûr !
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