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Israël : soixante ans déjà |
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Milliere Guy - mercredi 14 mai 2008
israel
Dans quelques semaines, il sera temps de revenir à la situation géopolitique du Proche-Orient, et je le ferai.
Pour l’heure, je préfère m’en tenir à ce qui est pour moi source de joie et d’espérance. Israël a soixante ans, et ces six décennies ont l’allure d’un miracle sans cesse renouvelé, d’une promesse sans cesse répétée.
Israël, pour moi qui ne suis pas juif, c’est le symbole de ce que la mémoire d’un peuple peut surmonter tous les obstacles qui se dressent devant elle, dès lors que c’est une mémoire féconde. C’est l’affirmation du droit à disposer d’elle-même d’une population si longtemps persécutée. C’est l’affirmation que le monothéisme sans lequel il n’y aurait pas d’autre monothéisme vit et que la religion qui, la première, a affirmé la Loi et la transcendance qui constituent le fondement de notre civilisation, vit elle aussi.
L’idée de la nécessaire renaissance d’Israël s’est concrétisée chez Theodor Herzl au moment de l’affaire Dreyfus. Elle s’est cristallisée peu à peu face à la haine du national-socialisme arabe et du national-socialisme tout court. Elle s’est concrétisée trop tard pour éviter que six millions de juifs ne meurent dans la shoah, cette tache ignoble et indélébile sur le passé de l’Europe, mais elle s’est concrétisée quand même.
Malgré une guerre incessante et barbare, malgré le terrorisme, les malveillances et les ostracismes, les Israéliens ont transformé le désert en champs, où poussent fleurs et fruits. Ils ont fait de leur pays une puissance cruciale en matière de technologies de pointe, une oasis de développement économique, de liberté de parole et de liberté politique au milieu du sous-développement générique du monde arabe.
Si les voisins d’Israël sortaient des fantasmes et du fanatisme, ils discerneraient qu’il existe, dans la région, de la place pour tout le monde. Ils bâtiraient leur prospérité à côté de celle d’Israël et en symbiose avec elle. Ils s’ouvriraient à la grande fraternité humaine et à l’infini des possibles.
Ils reconnaîtraient qu’il existe déjà un État arabe palestinien qui s’appelle la Jordanie et qui représente 80 % du territoire du Mandat palestinien confié aux Britanniques. Ils diraient que les Arabes qui ont quitté le territoire d’Israël, voici soixante ans, étaient, pour la plupart, des travailleurs immigrés venus travailler pour des entreprises juives et repartis parce que des dirigeants sanguinaires leur ont demandé de laisser le terrain libre aux assassins de juifs.
Ils reconnaîtraient que les cécités criminelles auxquelles ils ont cédé les ont enfermés dans des impasses. Ils aspireraient au droit, à la démocratie, au capitalisme. Ils se débarrasseraient des Assad, du Hezbollah, du Hamas, de l’Autorité palestinienne, de Moubarak, des potentats saoudiens et du soutien d’Ahmadinejad. Ils se feraient un point d’honneur de délivrer Israël de la pression du bellicisme qui l’entoure, de se délivrer eux-mêmes et de délivrer les Arabes de Judée-Samarie et de Gaza des crapules qui les maintiennent dans la misère et l’endoctrinement aux fins d’en faire des bombes humaines.
Je ne puis dissocier mon amour d’Israël d’un amour de la liberté et de la dignité de l’être humain. Ni d’une immense compassion pour l’ensemble des populations du Proche-Orient : je dis bien, l’ensemble. Les peuples arabes peuvent eux aussi vivre libres et dignes, et ils vivront libres et dignes quand ils se délivreront des venins qui les empoisonnent, et au cœur desquels il y a la haine antijuive et anti-israélienne. Les populations arabes de Judée-Samarie et de Gaza peuvent, elles-mêmes, vivre libres et dignes pour peu qu’elles soient délivrées des venins.
La tâche des Occidentaux devrait être de réexpliquer ce que sont la liberté et la dignité, de défendre la démocratie et le peuple israéliens, et de dire que c’est, en fait, toute la région qui a besoin de liberté et de dignité. Au lieu de cela, les Occidentaux entérinent majoritairement les fantasmes et les falsifications qui hantent le monde musulman. Ils ferment les yeux devant le fanatisme. Ils parlent de « peuple palestinien » et font des courbettes devant ceux qui s’enrichissent ou s’excitent au nom du « peuple palestinien ». Certains Européens sont même prêts à trahir Israël en semblant ne pas voir qu’en trahissant Israël, ils trahiraient la liberté et la dignité de l’être humain, et entraîneraient un cataclysme génocidaire qui n’épargnerait rien ni personne…
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