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Jacques Chirac fait le jeu du Hezbollah


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Artur du Plessis Laurent - mercredi 23 août 2006


drapeau du hezbollahC’est sur l’ordre de Téhéran, que le Hezbollah attaqua l’État hébreu, en enlevant deux soldats israéliens, le 12 juillet dernier. L’Iran souhaitait détourner l’attention internationale de la crise nucléaire, et démontrer son pouvoir de déstabilisation. Jacques Chirac désigna le Hezbollah comme l’agresseur.

Tel-Aviv ne négocia pas un échange de prisonniers, comme il avait eu maintes fois l’occasion de le faire par le passé. Nanti du feu vert américain, il chercha à détruire le Hezbollah, qui, depuis le retrait de 2000, tirait des roquettes sur son sol. Israël lança une attaque aérienne massive contre ses bunkers et caches d’armes, et contre les infrastructures de communication permettant l’acheminement de son ravitaillement en armes en provenance de la Syrie. Jacques Chirac fit une volte-face, accusant Israël d’avoir « une réaction disproportionnée ».

Le Hezbollah manifesta une capacité de résistance qui surprit tout le monde. Ses tirs de roquettes ne faiblissaient pas. Il envoyait aussi des missiles de provenance iranienne, dont certains atteignirent des cibles israéliennes à plus de 40 kilomètres de la frontière. Israël intensifia ses opérations militaires, bombardant massivement les infrastructures libanaises, enfermant le Pays du Cèdre dans un blocus total, et déployant un effectif total de 30 000 hommes dans des opérations terrestres au Sud-Liban.

L’armée de terre israélienne fut engagée dans une série de combats très durs avec les Hezbollani. Ceux-ci démontrèrent d’étonnantes capacités d’organisation, de discipline de feu, de coordination. Ils disposaient d’un armement d’excellente qualité, par exemple, des armes antichars de fabrication russe. Ils infligèrent de sévères dommages aux Israéliens.

Devant la montée en puissance de l’attaque israélienne, Jacques Chirac réclama un cessez-le-feu immédiat. Il voulait couper net l’élan israélien, afin de laisser au Hezbollah toutes ses chances de restaurer ses forces rapidement. La France rassembla à l’ONU tous les adversaires de l’axe Israël-États-Unis, au premier rang desquels la Russie et la Chine. Cela aboutit au vote de la résolution 1701 du Conseil de sécurité : celle-ci a prévu un cessez-le-feu (entré en vigueur le 14 août) et le désarmement du Hezbollah, mais sans en définir les modalités. Sitôt la résolution 1701 votée, le Hezbollah a fait savoir qu’il ne désarmerait pas. La France, qui avait promis un contingent de 3 000 hommes, n’en a envoyé que 150. Ce faisant, elle décourage les pays ayant des velléités de participer à la formation du contingent onusien, et laisse le champ libre au Hezbollah. L’ONU ne parvient pas à obtenir les 15 000 soldats censés se joindre aux 15 000 hommes de l’armée libanaise.

Les Israéliens ne sont pas parvenus à désarmer le Hezbollah, après 34 jours de combats. Il ne faut pas compter sur Beyrouth pour ça : le ministre libanais de la Défense a averti que, si son gouvernement dépêche 15 000 de ses soldats sur la rive nord du fleuve Litani, ce n’est pas « pour priver le Hezbollah de ses armes et faire le travail qu’Israël n’a pas accompli ». Sitôt la trêve instaurée, le Hezbollah a entrepris de se ravitailler en armes, via la Syrie. C’est pourquoi, l’armée israélienne lança un raid en territoire libanais, le 19 août. L’ONU accusa aussitôt Tel Aviv de violer le cessez-le-feu.

Le mouvement terroriste est sorti logistiquement affaibli, mais politiquement renforcé de ce conflit, qui lui a valu un regain de prestige dans la population libanaise et l’ensemble du monde musulman. La presse arabe salue « la victoire du Hezbollah », qui a « fait reculer l’armée israélienne, l’une des plus puissantes du monde ». Le visage massif et barbu de Nasrallah, le secrétaire général du Parti de Dieu, fleurit sur les tee-shirts, les affiches et les banderoles, nouveau héros des foules musulmanes.

Jacques Chirac a fait le jeu du camp terroriste, piloté par l’Iran. Mais ce n’est pas fini. Israël refuse que l’armée libanaise, peu crédible, se déploie, avant un contingent de l’ONU, à moins de deux kilomètres de la frontière. Il envisage un « second round » contre le Hezbollah. Le président Bush a dénoncé les « parrains » du Parti de Dieu, l’Iran et la Syrie, les jugeant responsables d’une guerre qui, à ses yeux, fait partie d’un combat plus vaste, dans toute la région, entre la liberté et le terrorisme. L’Iran lui a répondu qu’il tirerait des missiles sur Tel-Aviv s’il essuyait une attaque des États-Unis, et d’Israël. La crise du Liban n’est qu’un épisode de la Troisième Guerre mondiale, qui prend son essor, et passera par une attaque aérienne américaine des sites nucléaires iraniens.
....
-Hassan Nasrallah actuel dirigeant du Hezbollah : fiche Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_Nasrallah

-Le Hezbollah, fiche Wikipédia : http://en.wikipedia.org/wiki/Hezbollah

-PDF de la résolution 1701 de l'ONU (2006) : Télécharger

-Site critique sur la Politique Arabe de la France : http://politiquearabedelafrance.net/


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