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Je voterai Sarkozy aux premier et second tour |
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Milliere Guy - mercredi 28 février 2007
elections-presidentielles, sarkozy, royal
Je n’ai, de toute ma vie, soutenu et apporté mon concours qu’à un seul homme politique en France, chacun le sait : Alain Madelin. Je continue à penser qu’il est, en termes d’idées et de compréhension du monde, à mille coudées au-dessus du plus brillant de ses concurrents. Quand bien même j’ai eu des désaccords avec lui sur la façon dont la campagne de 2002 a été menée, je pense qu’il avait raison de dire que les idées libérales avaient été essayées partout sauf en France et que, dès lors qu’elles portaient leurs fruits partout, il serait intéressant de tout faire pour qu’elles puissent porter leurs fruits en France aussi. Le score d’Alain Madelin a été le simple et triste reflet de l’audience, en ce pays, d’idées qui, en cent contrées du monde, apparaissent comme relevant du simple bon sens.
La réalité est là : dans la situation présente, la France ne peut pas retrouver le chemin de la prospérité et de la liberté. Elle est trop intoxiquée mentalement. Pour que cela change, il faudrait un long et patient travail des idées. C’est celui que j’essaie de mener avec l’Institut Turgot, celui que mènent aussi l’Aleps de Jacques Garello, Contribuables associés, ou l’Ifrap. En attendant, il faut, si possible, limiter les dégâts. Je ne m’intéresse pas à la politique politicienne. Je ne me fais aucune illusion. Je raisonne en termes de moindre mal. J’ai de la sympathie pour Alternative libérale, mais je dis qu’il y a, concrètement, deux candidats susceptibles d’êtres élus à la présidence en mai prochain, et deux seulement, n’en déplaise aux autres. L’un des deux est la candidate du parti socialiste.
Dès le lancement de la candidature de celle-ci, j’ai discerné qu’il s’agissait d’une opération de communication. Dents blanches, tenue immaculée, sourire constant, débit verbal pour débile moyen, discours vide formaté marketing. Très tôt, j’ai pensé que cela allait permettre à Ségolène Royal de passer devant ses concurrents socialistes : dès lors que le discours socialiste est un tissu d’inepties, le couvrir d’un vernis de communication était une idée potentiellement performante. La médiocrité et l’indigence intellectuelle, évidentes, de Madame Royal constituent, pour elle des atouts.
Ceux qui disent cela ne se trompent pas. Je sais aussi, pour l’avoir lu, la dangerosité du programme socialiste, qui serait appliqué par ceux qui, tapis dans l’ombre de la nouvelle immaculée conception, attendent leur heure. La France est déjà en situation de déclin, l’application du programme socialiste permettrait de parachever le désastre. Contrairement à ce que j’entends ici ou là, je ne pense pas que ce désastre serait réversible en un monde qui évolue à très grande vitesse.
L’autre candidat est Nicolas Sarkozy. En tant qu’intellectuel libéral et néo-conservateur, j’aurais à redire en examinant le discours que tient celui-ci. Je pourrais noter les concessions à l’étatisme, au gaullisme, au socialisme, à l’écologisme qu’il inclut. Je dirai aussi qu’il n’a, en les circonstances actuelles, vu ce que sont les médias, le système d’éducation, la mentalité ici et maintenant, pas beaucoup de choix. Je dirai que sa candidature constitue la seule lueur d’espoir. Et que, quand bien même il m’arrive de m’interroger très fortement sur cette lueur, elle est, pour l’heure, tout ce qui reste. Si Nicolas Sarkozy devait se conduire en successeur de Chirac, je ne serais ni surpris ni dépité. Je me dirais que les tendances lourdes à l’œuvre en France sont toujours là. S’il devait se révéler comme un homme de courage et de détermination, prêt à changer les orientations du pays en politique étrangère et intérieure, je serais surpris, et j’aurais pour lui un immense respect.
Tenter de redresser la France dans le contexte actuel serait une entreprise confinant à l’héroïsme. Il y faudrait affronter tant de corporatismes, de blocages, de cécités que cela découragerait aisément à l’avance. Ou bien Sarkozy veut, simplement, le pouvoir et il présidera sur une base qui s’écroule. Ou il veut être un homme d’État. Dans le premier cas, disais-je, je ne serai pas dépité. Je quitterai le navire France avant le naufrage final. Dans le second cas, j’aurai fait ce que je dois. En l’état actuel des choses, tout bien pesé, et pour les raisons énoncées ici, je le dis en tout cas clairement : je voterai Sarkozy, au premier et au second tour. Et j’attendrai la suite. Je me dirai, quelle que soit l’issue, que j’aurai fait ce que j’ai pu.
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Parrainages
«Un certain nombre de maires ayant signé des promesses de parrainages reçoivent des coups de téléphone de gens qui essaient de les dissuader de confirmer.» Jean-Marie Le Pen
SIC
FN «Les intentions de vote semblent nous dire que Bayrou arrive troisième. Je pense que le FN se situe à un niveau plus important.» Xavier Bertrand
Imitateurs «À partir du moment où on prend la posture de Jean-Marie Le Pen, où M. Sarkozy prend une posture autoritaire, où Madame Royal le fait aussi, où chacun s’accorde à dire que l’immigration est un problème et où M. Bayrou dit comme nous que le système est pourri, les gens se disent « tiens, ça me rappelle quelque chose.» Marine Le Pen
Suicidaire «La gauche va dans le mur, comme en 2002. Mais cette fois les yeux ouverts et en klaxonnant.» Éric Besson, ex-conseiller économique de Royal
Enseignants «Je découvre des profs qui vont voter Bayrou. C’est à pleurer. C’est la désagrégation d’un corps idéologique.» Jean-Luc Mélenchon
PC «Et si le vote utile pour battre Sarkozy était de voter Bayrou dès le premier tour ?» Alain Bocquet, député communiste
Mystique «Bayrou est le seul homme politique à m’avoir assuré que la Sainte-Vierge lui était apparue et prédit qu’il serait président de la République.» Charles Pasqua
Porte-avions «J’ai convaincu Nicolas d’intégrer un certain nombre de mes propositions, dont la construction d’un second porte-avions.» Michèle Alliot-Marie |
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