Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Jean-Paul II: Mort d’un géant


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
0 VOTES
1805 LECTURES

Milliere Guy - dimanche 17 avril 2005


La foule immense qui s’est dirigée vers Rome, le nombre de chefs d’Etat qui ont pris le même chemin, dont George Bush lui-même, suffirait à montrer que Jean-Paul II n’a pas été un pape comme les autres et a été, de fait, bien davantage: le dernier des géants du XXe siècle à quitter cette terre. On lui doit, en complémentarité avec l’action de cet autre géant que fut Ronald Reagan, la chute de l’empire soviétique.
Il faut rappeler son voyage en Pologne en 1979. Neuf jours. Quarante sermons et conférences destinés à rappeler au peuple polonais quelle était sa véritable histoire. Jaruzelski, le dictateur communiste de l’époque a déclaré depuis : « C’est à ce moment-là que nous avons senti le sol se dérober sous nos pas ». On doit à Jean-Paul II un combat sans merci contre cette déviance marxisante du christianisme qu’a été la « théologie de la libération », et il a mené ce combat aussi en allant parler sur place. Aucun pape avant lui n’avait à ce point parcouru le monde. Aucun n’avait pris à ce point une position de combat pour la liberté des êtres humains. En janvier 1998 encore, il se rendait à Cuba et s’adressait aux Cubains comme aux Polonais dix-neuf années auparavant. Quand le régime castriste tombera, nul doute que de nombreux Cubains diront à quel point le pape a su trouver les mots qu’il fallait pour les aider à garder courage.
Jean-Paul II a, en supplément, et cela me semble d’une importance que nul ne peut sous-estimer, été le pape qui s’est rendu en Israël, qui a fait des pas sans précédents en direction du judaïsme. Il a été le pape qui a dit et répété que l’antisémitisme est un crime et un péché. Des liens remontant à son enfance avec des juifs de Pologne, sa confrontation en sa jeunesse avec l’horreur absolue que fut la shoah y sont pour quelque chose.
Dans les médias, en contrepoint des hommages, certains disent que Jean-Paul II n’était pas un homme de son temps. On lui reproche d’avoir parlé de fidélité ou d’abstinence plutôt que de préservatif. On lui fait grief de s’être opposé à l’avortement. C’est, à mes yeux, aussi parce qu’il s’en est tenu fermement et de manière inébranlable à ces positions qu’il a été un géant. La foi chrétienne est porteuse de valeurs éthiques : l’être humain doté d’éthique transcende l’animalité en lui.
Fidélité et abstinence font partie de cette transcendance et ne peuvent être laissés de côté. Les pays d’Afrique où on parle de fidélité et d’abstinence plutôt que seulement de préservatifs sont les seuls où le sida recule aujourd’hui. La foi chrétienne repose sur le respect de la vie. L’avortement n’est pas un acte banal, il est porteur d’une dimension de suppression de la vie. Il eût été scandaleux que le pape ne le dise pas et se plie aux mœurs fluctuantes d’une époque adonnée à la jouissance et à la gratification immédiate et dans laquelle les fœtus, les handicapés et les vieillards peuvent être passés par pertes et profits.
Si je devais émettre une réserve concernant Jean-Paul II, ce ne serait pas sur ces plans. Sur ces plans, j’ai vu en lui au contraire le porteur de valeurs sans lesquelles notre civilisation n’existerait pas et que notre civilisation aujourd’hui oublie en adoptant un comportement suicidaire.
Si je devais émettre une réserve, elle tiendrait à l’opposition manifestée par Jean-Paul II à la libération de l’Irak, elle tiendrait aux condoléances adressées par Jean-Paul II à la famille d’Arafat au moment du décès de celui-ci alors qu’aucune condoléance papale n’a jamais été adressée aux victimes du terrorisme voulu et suscité par Arafat.
Le pape aurait pu prononcer une parole de compassion pour le peuple irakien et une autre parole de compassion pour les victimes du terrorisme. La foi chrétienne est amour du prochain, je sais, elle doit être aussi condamnation du mal. Comme la théologie chrétienne l’a énoncé dans le passé, il peut exister des guerres justes, et la guerre pour l’éradication du terrorisme est en tous points une guerre juste. La guerre pour la libération de l’Irak a été, aussi, une guerre juste.
Jean-Paul II a été un géant infiniment respectable. Il a fait faire au christianisme des pas immenses dans la bonne direction. Espérons que son successeur franchira les pas qui restent à franchir. Il est plus urgent que jamais de voir l’éthique à sa place.

15 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
DÉLOCALISATION

«Nous devons faciliter les délocalisations en Europe. Ainsi les sociétés européennes seront globalement plus fortes, car elles pourront abaisser leurs coûts.» Danuta Hubner, Commissaire européen

SIC

CONTRÔLE «Notre rôle de contrôle du gouvernement et d’évaluation des politiques publiques doit devenir notre seconde nature.» Christian Poncelet, Président du sénat

RÉFÉRENDUM «Une majorité de compatriotes est favorable au traité constitutionnel. Mais d’autres facteurs peuvent interférer. Il est assez tentant, lorsqu’on vous pose une qestion, de répondre tout ce que vous avez sur le cœur!» Brice  Hortefeux, Secrétaire général délégué de l’UMP

SYSTÈME «J’ai cru pendant longtemps qu’on pouvait changer les choses de l’intérieur. Puis je me suis rendu compte que le pouvoir concentré, à la française, fait que… Cause toujours, tu m’intéresses!» François Bayrou

CONCURRENCE «Dire que « la concurrence libre » et le marché « non faussé » seraient la marque indélébile du libéralisme économique, c’est enfantin et dérisoire. Si on ne veut pas la concurrence, il faut dire ce que l’on veut! Les monopoles? La concurrence faussée?» Jean Glavany, ancien ministre socialiste

MALTHUS «L’approche malthusienne classique est révolue dans l’économie de la connaissance. Le revenu par individu augmente avec le nombre d’individus.» Gary Becker, Prix Nobel d’économie

PAPE «On ne peut guère attendre d’un pape qu’il tienne un autre langage que traditionnel!» René Rémond, Universitaire




Plan du site