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Jean-Paul II et le libéralisme


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Trémeau Bernard - dimanche 17 avril 2005


Spontanément, tous les médias français nous ont inondés pendant des heures tous les jours, d’information favorables à Jean-Paul II. Ce vieux pape hors du commun qui attirait des millions de jeunes, les fascinait. On nous faisait cependant remarquer par une petite phrase que, sur le plan des mœurs, le pape n’avait pas suivi le grand vent de liberté qui soufflait sur le monde. Il était, par exemple, opposé à la liberté sexuelle, à l’avortement ou au mariage des prêtres.
Or, pratiquement, aucun média n’a parlé du tournant que le pape à fait prendre à l’Église catholique sur le plan économique.
Jean-Paul II a d’abord combattu le totalitarisme soviétique en Pologne. Il avait connu, en tant que Polonais, la terrible dictature du régime communiste sur le peuple. Il a vu qu’au nom de l’égalité, le communisme tuait et imposait des contraintes humainement insupportables. Il a vu que le communisme créait une société encore plus pauvre et encore plus inégalitaire, avec la nomenklatura d’un côté et le goulag de l’autre.
Il a donc combattu sans hésiter ce totalitarisme avilissant et c’est de la Pologne très catholique que l’effondrement de l’URSS est parti. Il fut un des acteurs principaux de cette révolution non violente.
Depuis le concile de Vatican II, toute une partie de l’Église, fortement influencée par les idées marxistes, adhérait aux recettes recommandées par le marxisme pour lutter contre la pauvreté et l’inégalité. Ce courant a été particulièrement développé en France après 1968, où une partie importante du clergé et des évêques était marxisée. Ce clergé croyait récupérer les ouvriers en adoptant des thèses marxisantes de lutte des classes. Les sermons condamnant les sales patrons n’ont pas ramené les ouvriers dans les églises, mais ils en ont chassé tous les autres. Elles se sont alors vidées.

La contamination de l’Église par le marxisme


En Amérique latine, les idées marxistes ont totalement contaminé une partie très importante de l’Église. La lutte des classes a envahi l’église catholique et avec la théologie de la libération, l’Église s’est transformée en une espèce de syndicat n’hésitant pas à utiliser la grève ou la violence pour imposer sa vision du monde.
Cette dérive marxiste menaçait l’Église dans le monde entier, quand Jean-Paul II a été élu pape. Il a pris pour conseillers économiques des universitaires américains catholiques qui croyaient à la liberté d’entreprendre. Pour eux, ce sont les individus libres, les entrepreneurs qui créent les richesses, et non l’État. Quand l’État intervient par des contraintes, il ne peut que freiner le développement économique.
Jean-Paul II a donc fait prendre un tournant libéral aux encycliques sociales, qui jusque là étaient très socialisantes. Encycliques nouvelles refusant l’assistance et rendant ainsi chaque individu responsable de son destin économique. La politique sociale de l’Église a quitté le socialisme larvé.
La reprise en main du clergé français s’est faite progressivement et sans trop de remous. S’il existe encore quelques prêtres que l’on peut qualifier de « soixante-huitards attardés », l’ensemble des prêtres a pratiquement cessé de diffuser un message marxisant.
La reprise en main du clergé sud-américain a été plus difficile et douloureuse. La théologie de la libération a été condamnée et les principaux responsables ont été convoqués à Rome.
Sur le plan des mœurs, en s’opposant à la liberté sexuelle et en choisissant la fidélité dans le mariage, sur le plan économique en s’opposant au marxisme et en choisissant la liberté d’entreprendre, le pape a pris des positions très fortes situées aux antipodes de celles de nos médias. Or, jamais nos médias n’ont autant adulé un homme. Mais, en poussant les chrétiens à être responsables et à aimer leur prochain comme eux-mêmes, il a attiré a lui des foules immenses, surtout des millions de jeunes. Nos médias font comme les jeunes. Ont-ils senti le vent de l’Esprit ?


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En bref
VIEILLISSEMENT

Seize millions de Français ont plus de 65 ans, contre onze millions en 1950 et quatorze en 1980.

chiffres significatifs

ENSEIGNEMENT á40 000 enfants sont scolarisés dans des établissements privés hors contrat.

PRÉMATURÉS áEntre 1998 et 2003, la proportion d’enfants nés prématurés est passée de 6,8% à 7,2% de l’ensemble des naissances. Dans le même temps, la proportion d’enfants pesant moins de 2,5 kg à la naissance passait de 7,2% à 8%…

RMA á Le Revenu Minimum d’Activité, lancé en janvier 2004, est un échec: moins de mille contrats ont été signés sur l’ensemble du territoire!

CONSEIL D’ÉTAT á Le Conseil d’État a été saisi, dans le cadre de son activité consultative, de 195 textes en 2004, dont un projet de révision constitutionnelle. Il a rendu 1292 avis…

SÉNAT á 4956 questions écrites au gouvernement ont été posées par les sénateurs en 2004. Le délai moyen de réponse a été de 104 jours (alors que le gouvernement est censé répondre dans le mois qui suit la question!).

INTÉRIM á L’emploi intérimaire occupait 595600 personnes fin février, soit une baisse de 2,2% par rapport à 2004…

SENIORS á 37% des Français âgés de 54 à 65 ans exercent une activité professionnelle. Ce chiffre est, en moyenne, de 42% dans l’Union européenne et il monte à 70% en Suède…

MARIAGE á Sur 279 087 mariages civils célébrés en 2002, 110 409 ont été suivis d’un mariage à l’Église.

OCCASION á On compte 18300 points de vente d’occasions en France.




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