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Jean Sévillia, heureusement « Historiquement incorrect »


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Vautrin Pierre - lundi 28 novembre 2011

livres

Note de lecture :

Un nouveau livre de Jean Sévillia, Historiquement Incorrect, remet l’histoire à l’endroit.

2004 : le journaliste Jacques Duquesne (collaborateur à La Croix) fait paraître chez Plon un livre intitulé Marie, dans lequel il s’attaque à la mère du Christ, en affirmant qu’elle n’avait pas pu rester vierge, que Jésus avait des frères et sœurs et que tous les dogmes mariaux sont dépourvus de fondement scripturaire. En 1994, Duquesne avait déjà remis en cause les miracles de Jésus, la Résurrection et la Rédemption dans un livre intitulé Jésus.

2008 : Sylvain Gouguenheim, enseignant l’histoire médiévale à l’Ecole normale supérieure de Lyon, est cloué au pilori par Le Monde des livres et la bien-pensance, pour avoir montré qu’au Moyen-Age, la transmission du savoir antique n’était pas seulement passée par les Arabes et que l’Occident n’avait jamais été coupé de ses sources helléniques.

Janvier 2006 : France 3 diffuse un téléfilm intitulé Galilée ou l’amour de Dieu. Jean-Claude Carrière, scénariste, et Claude Allègre, auteur d’une partie des dialogues , y développent une fois de plus l’idée que l’Eglise catholique est opposée à la science.

Février 2005 : l’article 4 de la loi portant « reconnaissance de la nation envers les rapatriés » préconise que les programmes scolaires « reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Ces termes suffisent à déclencher une polémique. Au prix d’un artifice constitutionnel, Jacques Chirac fera passer l’article 4 à la trappe.

Pourquoi cette haine de soi ? 

Ces polémiques, Jean Sévillia les rappelle toutes dans son dernier ouvrage, Historiquement Incorrect, pour mieux rebondir et remettre l’histoire à l’endroit, en historiographe, en s’appuyant sur les véritables connaissances historiques, qui contredisent les affabulations de Duquesne sur Jésus et Marie, démontent les préjugés idéologiques des adversaires de Gouguenheim, ceux de Carrière et Allègre sur la science et l’Eglise, ceux qui dénaturent le rôle de la France outre-mer…

Sont abordés, de même, l’histoire de la Grande Guerre, celle de la Seconde guerre mondiale, la politique du Vatican et de Pie XII face à Hitler, les rapports entre Juifs et chrétiens à travers l’histoire, l’identité nationale et les identités françaises, la longue confrontation entre la France et l’islam…

En traitant ces différents thèmes, Jean Sévillia entend lutter contre les manipulations qui défigurent l’histoire, en s’interrogeant : « Pourquoi tant de haine ? Pourquoi cette haine de soi ? », une haine qui conduit à « jeter aux orties » notre propre histoire dans les écoles, au nom de « l’ouverture aux autres cultures ».

« En histoire, écrit-il en avant-propos, le politiquement correct se traduit par trois symptômes principaux » : l’anachronisme, le manichéisme et l’esprit réducteur, que la véritable histoire répudie. « La crise de l’histoire, en France, est une crise du lien social, une crise de la citoyenneté. (…) De nos jours, sous prétexte que le pays a subi de considérables changements, d’aucuns voudraient transformer le passé afin de l’adapter au nouveau visage de la France. Rien ne fera, cependant, que le passé soit autre chose que ce qu’il a été. »

Jean Sévillia, Historiquement Incorrect, Fayard, 2011, 20 €

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