Trémeau Bernard - dimanche 18 septembre 2005
Un terrible cyclone a durement touché deux États du sud des USA, la Louisiane et le Mississipi. New Orleans, ville aussi vaste que Paris, a été complètement submergée après la rupture des digues la protégeant. La police locale a été immédiatement déstructurée: plus d’électricité, plus de moyens de communication, nombreuses voitures emportées, certains policiers tués, d’autres disparus. Les routes étant pour la plupart submergées ou encombrées de débris, la circulation était très difficile. La police a été incapable d’assurer l’ordre. Immédiatement, des bandes de pillards armés ont pris le pouvoir. Elles ont pillé les magasins d’alimentation pour avoir de l’eau et des aliments, mais elles ont aussi pillé tous les autres magasins, jetant à la rue ce qui ne leur plaisait pas. L’État de Louisiane a alors envoyé la Garde nationale de Louisiane pour la mettre à la disposition de la police et éliminer les pillards. C’est le gouverneur de l’État qui a pris la décision L’ordre est immédiatement revenu. La Garde nationale a mis à la disposition des survivants l’eau, la nourriture ou les médicaments dont ils avaient besoin… La police locale s’est reconstituée, aidée au besoin de volontaires locaux. Puis, le gouvernement fédéral (George Bush) a pris la décision d’envoyer l’armée, non pas pour participer au rétablissement de l’ordre, mais pour mettre à la disposition de la Louisiane la lourde logistique militaire américaine: bateaux pouvant circuler dans les rues inondées, avions, hélicoptères, cars… L’armée a aussi fourni à tous les survivants ce dont ils avaient besoin. Les digues rompues ont été colmatées avec des matériaux transportés en hélicoptère. L’armée a apporté des générateurs électriques et des pompes puissantes, civiles ou militaires. Le niveau des eaux a commencé à baisser de quelques centimètres par jour. L’évacuation a commencé massivement dans les États voisins, voire dans tous les USA. Comme les eaux polluées recouvrant la ville deviennent dangereuses du fait des bactéries qu’elles contiennent, l’armée a reçu l’ordre d’évacuer malgré eux les quelques habitants qui désiraient encore s’accrocher à leurs ruines.
L’économie américaine sera peu touchée
Le territoire ravagé par Katrina en Louisiane et dans le Mississipi correspond à la moitié de la surface de la France. On comptabilise actuellement plusieurs centaines de morts. Mais le chiffre de plusieurs milliers est avancé par certains. Ces deux États ne contribuent qu’à 1,3 et 0,7 du PIB américains, soit 2 % en tout. Même si l’économie de ces deux États était totalement stoppée pendant des mois, Katrina aurait finalement peu touché l’économie américaine. Partout, on répare ce qui est réparable et ces nouvelles activités relancent vigoureusement l’économie locale. La production pétrolière de la région est fortement touchée. On peut évidemment critiquer la police locale totalement déstructurée par le cyclone, police qui a abandonné le pouvoir aux pillards. On peut critiquer l’intervention trop tardive de la Garde nationale de la Louisiane pour rétablir l’ordre dans ces vastes territoires. On peut critiquer enfin l’envoi trop tardif de l’armée dans les zones sinistrées. La canicule qui a fait des milliers de morts en France n’a pas déclenché de réactions efficaces des différents pouvoirs pour s’y opposer… Mais Katrina aura finalement des conséquences très favorables pour l’économie européenne. Depuis des mois, l’économie américaine étant dynamique, la banque centrale américaine (la FED) relevait régulièrement ses taux courts pour éviter toute surchauffe. Le 1er septembre, le gouvernement américain a exercé une vigoureuse pression sur le patron de la FED : les taux ne seront pas relevés. Le dynamisme de l’Amérique va persister et la vieille Europe en profitera…
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