Lévy Gabriel - vendredi 28 janvier 2011
Nous avions publié en mai 2008 un article sur ce sujet. Sur le fond, il n’a pas pris une ride, mais le coût de ces actions dites de solidarité augmente chaque année.
Le site France diplomatie nous apprend (pilotage stratégique daté du 3 novembre 2010), qu’« en 2010, l’APD française approchera les 10 milliards d’euros ». Elle était de 8,5 milliards en 2006. Elle a donc augmenté malgré la « crise » qui sévit en France et qui justifie l’augmentation de nos contributions. Mais, soyons fiers : « Cet effort a notamment été apprécié et souligné par le Comité d’Aide au Développement (CAD) de l’OCDE ».
Cette aide comporte deux chapitres : une aide bilatérale dont un allègement des dettes, et une aide multilatérale offerte par l’Union Européenne et par d’autres organismes internationaux. L’Afrique reçoit 53 % de cette aide, dont 43 % pour l’Afrique Subsaharienne qui « est bien la priorité de l’aide publique française».
L’antienne de la justification
« L’aide au développement répond à l’impératif de solidarité ainsi qu’au souci de vivre dans un monde plus sûr».
L’aide est désintéressée car il n’est pas question de favoriser le commerce extérieure de France par un retour sur investissement. Soit, mais pour des sommes aussi considérables, les résultats sont peu probants.
Indépendamment du fait que « les autorités françaises sont bien conscientes des défis que pose l'augmentation de l'aide en termes de capacité d'absorption du surcroît (sic) d'APD, de transparence dans l'utilisation des fonds, et de redistribution de ces ressources au bénéfice des populations » (réponse ministérielle publiée au JO du 01 novembre 2005, n°7064, page 10158), les organismes de collectes et de décisions des gouvernements se sont multipliés.
Les nouveautés
1- La taxe sur les transactions financières
Emboîtant le pas au groupe altermondialiste ultragauchiste ATTAC, notre président préconise une taxe sur les transactions financières. Les contribuables apprendront, sans plaisir, que son étude a déjà nécessité des énormes dépenses : « Ce processus a été engagé à l'initiative du ministre des affaires étrangères et européennes, le 22 octobre 2009, par 12 pays pionniers qui ont créé un groupe de travail en vue de proposer des recommandations opérationnelles.Ce groupe de 12 pays a sollicité un rapport international d'expertise auprès de juristes, économistes et fiscalistes issus du monde universitaire ou de la banque, qui ont remis leurs conclusions en juin 2010 » (Réponse ministérielle publiée au JO le 24/08/2010 page : 9254).
Il est probable que ce « remake » aura la même destinée que la taxe Chirac sur les transports aériens, c’est-à-dire que cette taxe sera adoptée par 2 ou 3 pays et que les Français, comme toujours, paieront. Qu’importe, elle flatte l’ego de nos dirigeants dans les réunions internationales. Des « pionniers » disent-ils ! Ne boudons pas cette fierté.
2- La coopération décentralisée.
Les collectivités territoriales apportent désormais leur écot à l’aide destinée à l’étranger, et principalement à l’Afrique.
Selon une réponse ministérielle (publiée au JO le 18/01/2011 page : 443) : « en 2009, le montant de leurs engagements sur fonds propres se situe à 200 millions d’euros». S’ajoutent « la contribution directe au titre de l'aide publique au développement (APD) (qui) s'élève à 72 millions d’euros », « les actions de coopération en matière d'eau et d'assainissement » dont le produit « s'est élevé en 2009 à 17,2millions d’euros » et enfin les « actions humanitaires d'urgence, suite à des catastrophes naturelles ou à des situations de crise, rendues désormais légalement possibles par la loi Thiollière, les collectivités territoriales s'étaient mobilisées à l'occasion du tsunami en Asie du Sud (27 millions d’euros) ».
Et pourtant, les collectivités territoriales ne cessent de se lamenter sur les difficultés qu’elles éprouvent pour répondre aux besoins essentiels de leurs administrés.
3- La gratuité de la fourniture des armes.
Ces livraisons alimentaient notre commerce extérieur, et fournissaient des subsides non négligeables à certains privilégiés. Aujourd’hui, nous fournissons gratuitement 100 missiles au Liban, paysen proie au désordre et bientôt dirigé par des états alliés au terrorisme international. « Est-ce raisonnable ? » demandent deux députés français. Est-ce responsable de part de nos dirigeants, disons-nous ?
Les résultats
Le continent africain est toujours le lieu de convulsions, de rapts de nos concitoyens, de révolutions, de guerres nationales ou tribales. Les morts, les déplacés se chiffrent encore par millions. Les régimes politiques sont loin d’être démocratiques, mais ils disposent de plus d’un quart des suffrages à l’ONU et dans les organismes internationaux. Ils forment avec les (autres) états arabo- musulmans des majorités de circonstance, auxquelles notre pays se soumet quasi systématiquement.
Ainsi, selon Wikipédia : « L'Afrique est le continent le plus ravagé par les conflits. … En 2008, sur 88 000 casques bleus (1) déployés dans le monde,61 000 sont engagés en Afrique dans huit conflits ouverts ou larvés. Pour les Nations unies, la facture militaire africaine atteint 5,5 milliards de dollars sur un total mondial de 7,2 milliards ». La participation de la France à ces dépenses s’ajoute aux précédentes contributions.
En définitive, rien ne change.
« L’aide pour le développement, cette excellente manière de prendre l'argent aux pauvres des pays riches pour le donner aux riches des pays pauvres, qui en rétrocèdent une partie non négligeable aux riches des pays riches ».
Ce ne sont pas les pauvres du Maghreb en révolte, ou de la Somalie, pour ne citer qu’eux, qui contrediront cet aphorisme.
Gabriel Lévy
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<http://fr.wikipedia.org/wiki/Casques_bleus> de l’ONU <http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_Nations_unies>
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