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L’Amérique aveugle et la France paralytique |
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Lance Pierre - mercredi 19 décembre 2007
ecologie, rechauffement-climatique
Il m’a été rarement donné de voir un spectacle plus émouvant que cet homme pleurant devant les caméras, pleurant sur la bêtise humaine, sur la lâcheté des politiciens, sur le suicide par inconscience d’une humanité pétroleuse et gadgetivore, qui sacrifie ses verts paradis à des enfers dorés et qui fonce à grande vitesse vers l’apocalypse.
Cet homme entrevu à la télévision et dont je n’ai retrouvé le nom nulle part, avait la douloureuse mission d’annoncer à la tribune les résultats de la Conférence de Bali sur les changements climatiques. Pleinement conscient que cette conférence, qui réunissait plus de
180 pays, se terminait sur un échec quasi total et que sa motion de clôture avait toutes les allures d’un acte de décès anticipé de notre civilisation, il ne parvenait pas à maîtriser son émotion, et c’est d’une voix brisée qu’il lisait le texte officiel de l’accord théorique obtenu de justesse.
Cet accord, dépourvu de réel contenu, consiste à fixer une nouvelle réunion dans deux ans pour discuter encore de la suite à donner au protocole de Kyoto, qui expire en 2012.
La conférence a été dominée par un affrontement entre les États-Unis et l’Union européenne, celle-ci voulant obtenir un engagement sur un accord chiffré d’une réduction de 25 à 40 % des émissions de CO2 d’ici à 2020 dans les pays développés, tandis que les États-Unis s’y opposaient obstinément. Quelques jours auparavant, Al Gore avait exhorté l’Amérique à modifier sa position. « J’espère que plusieurs pays vont changer, et tout particulièrement mon propre pays, les États-Unis. » avait-il déclaré.
Son espoir a été déçu. L’actuelle administration américaine semble totalement aveuglée sur l’évolution climatique et sur la pollution catastrophique de notre atmosphère. Son raisonnement, si toutefois le mot convient, peut se résumer ainsi : vouloir réduire les émissions de gaz polluants, c’est créer des difficultés à nos industries et il n’en est pas question.
Ce qui revient à dire : produisons à tout prix, consommons n’importe comment, au besoin jusqu’à en crever. Cette politique à la Gribouille est un monument de stupidité. Mais pouvait-on attendre autre chose de George W. Bush et de ses conseillers, dont la nullité intellectuelle n’est plus à démontrer ?
Bush ne sera bientôt plus président des États-Unis, mais rien ne prouve que son successeur, qu’il soit républicain ou démocrate, pourra freiner le productivisme et le consumérisme américains. N’oublions pas qu’un Américain sur trois est obèse et qu’un deuxième est en surpoids. Cela n’est-il pas un grave indice d’avachissement de tout un peuple ? La personnalité d’un président a son importance, certes, mais que peut-il faire seul ?
Ceci nous amène à la situation de la France, qui n’est peut-être pas frappée d’aveuglement comme les États-Unis, mais qui semble l’être de paralysie, ce qui n’est pas mieux.
Nous avons un président qui se démène pour réaliser des réformes indispensables, sans doute avec quelques erreurs et quelques maladresses - mais après tout ce n’est qu’un homme - et il se heurte à toutes sortes de résistances et de blocages très décourageants. On croirait que les Français, tout en râlant contre l’immobilisme, se crispent sur leurs positions corporatistes au moindre souffle de changement.
Les cheminots en ont donné le pire exemple qui soit, mais ne sont pas les seuls. Les cafetiers-buralistes manifestent contre l’interdiction de fumer dans leurs établissements, alors que ces « dealers légaux », qui vendent du cancer en petits paquets, devraient raser les murs, couverts de honte.
Et voici maintenant que les avocats tempêtent contre la simplification du divorce, parce qu’ils prospèrent depuis toujours, comme de purs parasites, sur la séparation des couples. J’ai proposé pour ma part une simplification encore plus radicale : Lorsque deux personnes mariées décident d’un commun accord, pour des raisons dont elles sont seules juges, et dès lors qu’elles se sont entendues sur toutes les modalités concernant, le cas échéant, leurs enfants et leurs biens matériels, il devrait leur suffire de signifier leur divorce par lettre recommandée au maire de leur commune, sans aucune démarche supplémentaire.
Parce que l’union ou la désunion d’un homme et d’une femme ne regardent personne d’autre qu’eux-mêmes.
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Lors de son déjeuner avec le bureau du Syndicat national de l’édition à l’Élysée, le 10 décembre, Nicolas Sarkozy a stigmatisé Arte, « ghetto culturel ».
Médias
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