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L’Angolagate et la corruption des élites


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Rouxel Jean - lundi 06 octobre 2008

afrique
Cette semaine commence le procès-fleuve de l’Angolagate, dernier en date des procès des « affaires » des années 80 et 90.
Dans ce procès des ventes d’armes à l’Angola au cours de la décennie 1990, sont cités à comparaître bon nombre des membres du « gratin » du monde politique (droite et gauche confondus…), médiatique et économique, de Charles Pasqua à Jean-Christophe Mitterrand en passant par Paul-Loup Sulitzer ou Jacques Attali, Pierre Falcone ou Arcadi Gaydamak.

Hasard du calendrier, ce procès s’ouvre moins d’une semaine après la proclamation d’un non-lieu général dans une autre « affaire », celle des Frégates de Taïwan – qui concernait d’autres membres du même « gratin » politico-économico-médiatique… Autant dire que les prévenus de l’Angolagate risquent fort d’arriver à leur procès relativement sereins sur leur sort.

À ce propos, un aspect cocasse de l’affaire mérite d’être signalé – la « grande presse » ne s’en étant pas particulièrement émue : aucun ressortissant angolais n’est inquiété dans ce dossier. Des Russes et des Français ont vendu des armes en Angolaa, mais personne ne les a achetées !

« Contrepartie » ou non de cette étonnante mansuétude des juges français, l’Angola a déposé juste avant l’ouverture du procès (le 6 octobre) un recours demandant que le procès n’ait pas lieu pour respecter le secret défense. À l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore encore le sort de ce recours, mais avouons en tout cas qu’il vient à point nommé !

Mais, plus curieux encore, le ministre de la Défense Hervé Morin a écrit, le 11 juillet 2008, à l’avocat de Pierre Falcone qu’il estimait qu’il n’y avait aucun délit dans ce dossier… alors que c’est précisément son ministère qui a porté plainte en 2001 !

Par conséquent, de deux choses l’une, soit l’Angolagate n’est qu’une vaste plaisanterie, dont « on » s’est servi pour discréditer certaines personnalités
– en comptant sur le zèle des juges pour « se faire » un politique ou un chef d’entreprise. Auquel cas, la moindre des choses serait de condamner l’État pour près de dix ans de procédure abusive.

Soit, au contraire, le dossier n’est pas vide. Auquel cas, il serait scandaleux que le procès n’ait pas lieu et que des personnes qui se sont enrichies frauduleusement – et peut-être même sur le dos des contribuables – ne soient pas inquiétées.
On parle beaucoup ces derniers temps de l’irresponsabilité des financiers. Nous apprécierions que les politiques aussi assument leurs responsabilités !

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