Livry Anatoly - dimanche 17 janvier 2010
Les suites de l’interview d’Anatoly Livry dans les 4 Vérités.
Les 4 Vérités avaient publié en juin 2009 un entretien avec Anatoly Livry, qui en disait long sur l’état de l’Université française. Après les réactions suscitées par cet article, il a bien voulu faire pour nous le point de la situation.
Les 4 V : Anatoly Livry, votre précédente interview dans Les 4 Vérités a attiré l’attention (1). Nos lecteurs avaient été informés du harcèlement que vous avez subi à la Sorbonne pendant et après avoir enseigné au sein de cette Université, du procès intenté contre vous en Suisse et surtout des attaques contre votre œuvre, littéraire et scientifique. Beaucoup ont réagi et, à lire quelques unes de ces réactions, il est clair que ce sont des familiers de la Sorbonne et de la slavistique française. Souhaitez-vous apporter certaines précisions quant à votre situation actuelle?
A.L. : Mon œuvre continue d’être calomniée et ostracisée, surtout en France, à cause de pressions provenant de la « Sorbonne ». Un problème institutionnel empêche un dénouement heureux de la situation. Certaines personnes que j’ai mentionnées dans ma première interview bafouent l’institution universitaire qui les a accueillies, avec la conviction que l’Institution – Université française ou Education nationale – les protégera et qu’aucune sanction ne sera prise à leur encontre. La Présidence de la Sorbonne, consciente du tort que ces personnes lui font depuis des années, ne se rend cependant pas exactement compte de la gravité de la situation.
Quel est ce vice institutionnel dont vous parlez?
Il concerne le titre de Professeur d’université. Il faut ici établir une distinction entre les vrais Professeurs d’université, dont la dignité et le haut niveau scientifique sont incontestables, et les parvenus qui ont obtenu ce titre au prix de nombreuses bassesses et qui profitent au maximum de l’ Institution.
Si l’on considère les études littéraires – domaine qui m’est familier –, on trouve d’abord, parmi les professeurs, les « super stars » de la science, qui maîtrisent couramment plusieurs langues, anciennes et modernes, possèdent une vaste culture générale et ont développé une capacité de sentir les œuvres qui les rapproche d’un supra-poète (c’est le plus grand compliment que je puisse leur faire). Ces professeurs croient en ce qu’ils font et la transmission de leurs connaissances représente pour eux une forme de sacerdoce, pas un moyen de remplir leur gamelle On compte parmi eux très peu de slavistes francophones.
Une deuxième catégorie de professeurs rassemble de bons compilateurs, ayant acquis une culture générale certaine dans leur domaine, mais qui ont souvent besoin de béquilles lorsqu’ils sortent de leur spécialité. Ce sont, par ailleurs, de bons administrateurs, traducteurs et éditeurs d’ouvrages scientifiques. L’Université en a besoin, comme toute bonne écurie a besoin, à côté des purs-sangs, de chevaux plus ordinaires. Les enseignants appartenant à cette deuxième catégorie ont donc indiscutablement le droit de prétendre au titre de Professeurs d’université.
Et puis il existe, à Paris IV comme ailleurs, une troisième catégorie de professeurs qui est la lie de la population « scientifique ». S’étant souvent prostitués, au sens propre du terme, pour intégrer l’Université, ils trouvent des protecteurs parmi les bons compilateurs de la deuxième catégorie. Ils haïssent l’Université française, où ils savent en leur for intérieur n’avoir rien à faire, et pourchassent tous ceux qui y entrent animés d’un esprit scientifique. C’est à ce type de soi-disant professeurs que j’ai eu affaire lorsque j’enseignais à Paris IV. Une slaviste ex-Soviétique , qui m’a longtemps harcelé sexuellement sans parvenir à ses fins – comme je le raconte dans l’interview publiée par les 4 Vérités en juin dernier –, utilise le nom et le prestige de l’Université de Paris IV-Sorbonne afin de me calomnier. Elle a été jusqu’à m’accuser d’antisémitisme ! Mes publications sur Claudel (un « catholique antisémite », bien sûr…) deviennent ainsi des preuves de mon « antisémitisme »… Précisons que, lorsque je vivais en URSS, il était noté sur mon acte de naissance, selon la formule soviétique : « mère – juive, père – juif »… Plus tard, poussé par une démarche spirituelle qui m’est personnelle, je me suis converti au christianisme : mes travaux sur les auteurs grecs, ainsi qu’une certaine perception de la France, y sont pour quelque chose. En revanche, mes grands-parents ont enduré tout ce que les socialismes, national et international, ont pu imposer à leur race.
J’éprouve un mépris souverain pour ces « juifs » qui sont constamment à la recherche des « antisémites » et qui vendent ainsi la chair et le sang de leurs ancêtres. Cette haine « anti-antisémite » dissimule souvent leur propre incapacité. La slaviste qui m’a harcelé à la Sorbonne appartient à cette canaille. Elle accuse tous les professeurs de la première catégorie – depuis l’actuel président de Paris IV jusqu’à ceux avec lesquels je fais une thèse à la Sorbonne, ou qui me publient chez Guillaume Budé – d’« antisémitisme ».
Ces attaques ne se sont-elles pas calmées après votre précédente interview ?
Les Professeurs de la deuxième catégorie qui chaperonnent ces folies sont, en effet, gênés depuis mon interview. On a nié mes capacités scientifiques en me chassant des publications de la slavistique française ; mais mes travaux sont publiés par l’Université de Berlin, par les Hellénistes de la Sorbonne, par des universitaires de Moscou, par l’éditeur allemand de Nietzsche, Walter de Gruyter Verlag... Mon Nabokov le Nietzschéen a reçu le Prix du Salon du Livre à Saint-Pétersbourg. Ces pauvres bougres n’ont plus qu’à se cacher la tête dans le sable, en continuant de répéter que « personne ne s’intéresse à l’Affaire Livry »…
Vos adversaires agissent-ils exclusivement dans le cadre de la Sorbonne, ou utilisent-ils d’autres filières ?
La slaviste qui me persécute a déniché en Suisse, où j’habite, une féministe qui a porté plainte contre moi. Pour ce faire, celle-ci a pris un avocat, qui a été élu par la suite juge de la cour pénale de Bâle-Ville. Lorsque les médias suisses se sont mêlés de cette affaire, cela n’a fait qu’empirer les choses. Finalement, les féministes qui avaient abusivement porté plainte contre moi ont cependant dû retirer leurs accusations à la demande insistante du Parquet. L’Avocat général de Bâle a directement contacté la Présidence de Paris IV-Sorbonne. Mon propre avocat à Bâle, Me Daniel Albietz, a lui aussi écrit, à deux reprises, au Président de Paris IV, Georges Molinié, sans toutefois obtenir – pour l’instant – sa collaboration. Il serait pourtant souhaitable que la Présidence de Paris IV et l’Avocat général de Bâle-Ville échangent leurs informations afin d’identifier les vrais responsables.
Hormis l’accusation d’antisémitisme, avez-vous fait l’objet d’autres calomnies ?
La plus importante porte sur mon enseignement à la Sorbonne. La slaviste qui me calomnie fait courir le bruit – en se faisant passer pour porte-parole de la Présidence de Paris IV – que je n’ai jamais enseigné, ce qui est faux : j’étais chargé, entre autres, d’un cours en licence à la faculté d’études slaves de la Sorbonne, « hérité » d’un maître de conférences, Mme Emilianova, qui avait enseigné l’œuvre de Pasternak et partait à la retraite. J’ai remplacé Pasternak par Nabokov. J’ai donc le droit de me dire ancien enseignant de Paris IV-Sorbonne. Pourtant, Mme Gavrilova, directrice de l’information sur www.mail.ru (l’équivalent russe de yahoo.fr), m’a informé par écrit que mon adversaire était intervenue, à propos d’un article sur l’une de mes publications (Ecce Homo), pour me dénier ce droit. De même, mon agent littéraire à Saint-Pétersbourg affirme qu’à chaque fois que paraît une publication sur mes ouvrages me présentant, à juste titre, comme un « ancien enseignant de la Sorbonne », cette slaviste proteste, en tant que prétendue représentante de la Présidence de Paris IV. Il me semble que la Présidence devrait intervenir publiquement pour se protéger contre ces menées – d’autant plus que le Président Molinié, qu’il est difficile de manipuler, fait également l’objet d’un procès en « antisémitisme » de la part de cette personne.
En définitive, ces calomnies vous nuisent-elles vraiment ?
Mes agents littéraires diffusent dans le monde entier mes publications en langue française, que je suis contraint de faire éditer à Berlin, car depuis 2002, la slavistique française ne publie plus mes ouvrages consacrés à Nabokov, Tourgueniev, Mandelstam ou Pouchkine, pour des raisons situées « en dessous de la ceinture » ! Je souhaite cependant préciser le sens de ma démarche. Vivant en Suisse, pays où un smicard gagne quasiment le double d’un maître de conférences à la Sorbonne (et paye moins d’impôts), je n’aspire nullement à un poste dans l’Education nationale française. En outre, il me suffit de proposer mes écrits chez Akademia Verlag, Guillaume Budé ou à la Revue de la littérature comparée, pour qu’ils soient acceptés. Au cours des dernières années, j’ai aussi publié comme membre d’une équipe de recherche de Paris IV-Sorbonne – autre que celle de la slavistique. Et bien évidemment, je continue à écrire des livres et des monographies. Ma « carrière » scientifique ne s’est donc pas arrêtée un instant. Je reviens néanmoins en France tous les mois, pour y rencontrer des éditeurs et des hommes politiques, mais aussi pour suivre des cours au Collège de France et des séminaires de grands hellénistes français ; je suis conscient de tout devoir à la science française, qui a structuré et aiguisé ma pensée, en me dotant d’une vraie culture. C’est pour sauver l’Université française d’un ridicule mondial que j’interviens ici, sachant que mes paroles seront examinées par tous les protagonistes de cette affaire.
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http://www.les4verites.com/Anatoly-Livry-victime-de-harcelement-en-Sorbonne-2364.html
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