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L'Etat français et ses méthodes de voyou


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Rouxel Jean - jeudi 24 décembre 2009

fiscalite
Nous avons déjà largement évoqué dans ces colonnes la scandaleuse manoeuvre frauduleuse par laquelle les services fiscaux se sont appropriés – dans la plus totale illégalité – des fichiers de personnes suspectées d’évasion fiscale.

Mais la Suisse n’est pas une république bananière, à qui l’on aurait pu proposer de partager les bénéfices pour acheter son silence. La justice de ce pays a réclamé une copie du fichier ainsi dérobé pour pouvoir instruire le procès de l’employé indélicat de HSBC qui avait transmis au fisc français ces fameux milliers de noms de fraudeurs.

Pendant quelques jours, les autorités françaises ont joué les gros durs, prêts à montrer les crocs face à cette petite Suisse qui donnait le si vilain exemple d’une démocratie écoutant son peuple, d’un peuple européen désireux de le rester, et d’une économie dynamique peu soucieuse de découvrir les charmes de la social-démocratie…

Moyennant quoi, il aura suffi que la Suisse menace de ne point ratifier un accord de coopération…sur la fraude fiscale pour que la France obtempère et rende les fichiers litigieux (tout en en gardant la copie qui lui permettra de sanctionner – frauduleusement – ses propres fraudeurs !).

Nous vivons décidément une époque épatante ! Les pouvoirs publics donnent le déplorable exemple d’un mépris souverain pour le droit qu’ils ont eux-mêmes édicté…

Comment voulez-vous que quiconque respecte le droit français quand ceux qui l’ont écrit s’en moquent comme de leur première chaussette ?
Et comment voulez- vous que quiconque respecte la France quand les autorités y acceptent officiellement de coopérer avec un voyou et quand un petit pays voisin peut nous mettre à genoux par la simple menace d’une non-ratification d’un accord international ?

Et tout cela pour rien ! Les fraudeurs auront sûrement les moyens d’entamer des procédures judiciaires longues, au terme desquelles il est assez peu probable que le juge puisse les astreindre à payer, puisque pour tout argument l’État devra alléguer sa propre turpitude.

Bref, pour quelques poignées d’euros, nous aurons manifesté au monde que la parole de la France ne valait rien. Brillant résultat.
Mais il est vrai que, pour dévaloriser la parole de la France, nos gouvernants n’ont besoin de personne : ils viennent de le montrer à nouveau à Copenhague, il suffit qu’ils parlent pour que l’hilarité, l’exaspération, ou les deux à la fois, soient à leur comble !

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