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L’Europe au crépuscule |
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Milliere Guy - mercredi 18 janvier 2012
immigration, demographie, livres
Bien des sujets seront abordés dans la campagne présidentielle qui commence.
Il en est un qui sera, pourtant, laissé de côté. Il concerne toute l’Europe, et à des degrés plus importants que la France, mais il touche aussi la France. Profondément. Ce sujet est le vieillissement et le changement de la population. Les Européens, dont les Français, vivent de plus en plus vieux. Ils ont moins d’enfants, et pas un seul pays européen, France comprise, n’atteint le seuil de renouvellement des générations.
En supplément, les populations se transforment. S’opère ce que j’ai appelé autrefois un processus de migration complexe : une bonne part des jeunes Européens les plus entreprenants quittent le pays, et, en parallèle, des migrants arrivent des pays du Sud de la Méditerranée, de Turquie, du Pakistan. Ceux qui s’en vont sont porteurs de capital intellectuel et humain important. Ceux qui arrivent ont un capital intellectuel et humain plus faible, parfois quasiment nul. On peut ajouter que ceux qui s’en vont étaient de culture occidentale, et que ceux qui arrivent sont, le plus souvent, de culture musulmane.
Ce phénomène d’ensemble joue un rôle très important dans la faillite des États-providence, dans les taux d’endettement atteints par les pays d’Europe, dans l’asthénie générale de la croissance, dans la dégradation de la note de la dette des pays européens par les agences de notation. Il joue un rôle dans le délitement social qui s’observe partout en Europe et qui voit des clivages se dessiner et s’accentuer entre des populations de souche qui, avançant en âge, se crispent sur leurs acquis, adoptent un regard plus myope, se ferment, et en face d’elles des populations migrantes plus jeunes, frustrées, ne parvenant pas à se faire une place, ghettoïsées, et tournées dès lors souvent vers des trafics parallèles, voire vers la radicalisation. À une extrémité montent les mouvements populistes ; à l’autre extrémité se cristallisent les banlieues de l’islam.
Les gouvernements, en ce contexte, naviguent à vue, dans une atmosphère de pénurie croissante, entre les coups de menton autoritaires qui satisfont les premiers et les gestes d’apaisement qui calment passagèrement les seconds.
Il est difficile de voir une issue autre que tragique. C’est pour cela qu’on n’en parle pas. Il est, de surcroît difficile d’en parler, car une police de la pensée veille et empêche les analyses.
Un livre est paru au Royaume Uni sur le sujet voici un peu plus d’un an. Son auteur est un grand journaliste américain, Christopher Calwell. J’avais traité ici du livre dans sa version anglaise lors de sa parution. Le livre est aujourd’hui disponible en France. Il s’appelle : « Une révolution sous nos yeux : comment l'islam va transformer la France et l'Europe ». C’est un livre indispensable pour ceux qui veulent ne pas s’aveugler.
Un autre livre a été publié récemment par un écrivain français, Renaud Camus. Le livre s’appelle « Le grand remplacement ».
C’est là encore un livre indispensable. Renaud Camus y parle de la « perte de la puissance intégrative des identités » et y souligne que la culture française, comme les autres cultures européennes est moribonde, vidée de sens et de substance.
Pour désigner le phénomène analysé par Christopher Caldwell, il parle de « remplacisme ». Pendant que les cultures européennes meurent, une autre culture les remplace sans que nul soit autorisé à se demander ce que sont les implications de ce remplacement.
Renaud Camus s’interroge sur ce qui peut expliquer que tant de gens se résignent à ce qui vient. Il y voit des séquelles de la Deuxième Guerre Mondiale qui a, effectivement, été une immense défaite pour toutes les civilisations européennes et les a souillées d’une honte que rien n’est venu laver. Renaud Camus termine en demandant ce que peut encore être une pensée libre. Sa conclusion est qu’une pensée libre ne peut pas exister aujourd’hui. Sans partager toutes les positions de Renaud Camus, je dis qu’il a raison sur ce point comme sur l’essentiel des autres points qui composent son livre. Hélas !
120 pages – 13 € À commander auprès de notre service abonnements
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Sectarisme
Le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon a refusé d’offrir, lors de ses vœux à la presse, une galette des rois aux journalistes, au motif que cela faisait « trop monarchiste ».
Chiffres significatifs
Dimanche > 29 % des Parisiens sont très favorables et 36 % assez favorables à ce que les magasins de la capitale ouvrent le dimanche.
Garde à vue > Si l’on compare la période du 1er juin au 30 novembre 2011 à la même période de 2010, les forces de l’ordre ont mené environ 150 000 gardes à vue de moins. La diminution est de 28,1 % pour les atteintes aux biens, de 31,7 % pour les atteintes à l’intégrité physique et même de 50,3 % pour les délits routiers.
Marine Le Pen > 39 % des sympathisants UMP font confiance à Marine Le Pen pour « bien exprimer les problèmes des gens ». 30 % estiment même qu’elle « propose de bonnes solutions ».
Déficit > Le déficit public pour 2011, que les dernières estimations donnaient au-dessus de 95 milliards d’euros, devrait finalement être inférieur à 91,5 milliards, soit 5,7 % du PIB.
Excès de Vitesse > Un nouveau record vient d’être établi sur les autoroutes françaises. Un automobiliste a été « flashé » à 255 km/h sur l’A51. Le précédent record s’élevait à 242 km/h.
Niches > La Cour des comptes estime que le nombre de niches fiscales est passé de 400 dans le projet de loi de finances pour 2006 à 500 dans le projet de loi de finances pour 2011. Dans ce dernier, le « manque à gagner » estimé pour l’État s’élèverait à 150 milliards d’euros. |
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