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L’Europe entre dans la sénilité précoce |
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Milliere Guy - mercredi 04 avril 2007
europe
On vient de fêter le cinquantième anniversaire de l’Union européenne. Il y eut peu de scènes de liesse collective. Les populations des vingt-sept pays qui composent l’Union ne sont pas euphoriques.
Certes, l’Europe est en paix, quand bien même la situation dans les Balkans reste difficile. Certes aussi, depuis la chute de l’empire soviétique, elle est réunifiée. Certes encore, un grand marché s’est mis en place, les frontières sont tombées pour l’essentiel, la libre circulation des personnes et des marchandises dans un espace européen sont des réalités. Néanmoins, comme dans les contrées où on parlait dogmatiquement d’« avenir radieux », de faits cruciaux sont laissés de côté.
Nul ne parle du vieillissement des populations, du déficit de naissances, de la nécessité d’une forte immigration pour maintenir un équilibre minimal entre personnes actives et inactives et nul ne tente d’évoquer les causes de ces phénomènes qui sont des signes de déclin préoccupantes.
Nul ne rappelle que si l’Europe a été en paix et a pu s’édifier, cela a été grâce à l’Alliance atlantique et au plan Marshall.
Nul ne dit que la réunification de l’Europe n’a pas été le fruit de la génération spontanée, que le passé de l’Europe n’a guère été marqué par la « compréhension mutuelle » et la « fraternité », mais par des guerres auxquelles, au vingtième siècle les États-Unis sont venus mettre fin.
Nul ne pose vraiment la question du déficit démocratique qui gît derrière les affirmations de « principes démocratiques », et ne propose d’y remédier.
L’Union est présentée comme un exemple de « succès économique et de responsabilité sociale » capable de « donner forme à la globalisation », mais les raisons pour lesquelles la croissance moyenne dans l’Union est plus faible qu’aux États-Unis, et bien moins créatrice d’emplois, sont laissées de côté, tout comme les raisons pour lesquelles le tiers des chercheurs formés en Europe mènent désormais leurs recherches outre Atlantique, ou celles expliquant pourquoi quasiment aucune université européenne ne figure dans les cinquante premières mondiales.
Il se clame que l’Europe « combat le terrorisme et les ennemis de la liberté », mais c’est pour ajouter aussitôt que l’« Europe est résolue à régler pacifiquement les conflits du monde », et pour pointer la « menace la plus grave », le « changement climatique global » : aux déclarations de principes moraux, s’ajoute ainsi l’affirmation d’un pacifisme très seyant pour parler dans un salon, mais au souffle très court dès lors que l’on est face à un être totalitaire, criminel et sans scrupules. Au « politiquement correct », s’ajoute le « climatologiquement correct ».
J’aimerais me dire que ce cinquantième anniversaire n’est pas celui qui marque l’entrée de l’Europe dans la sénilité précoce, mais je suis très fortement enclin à le penser. Ce dont les populations d’Europe ont besoin, c’est de lucidité sur leur propre passé, pas d’une reconstruction myope de l’histoire. Ce dont elles ont besoin, c’est d’un regard clair sur les complexités du monde, c’est de la liberté qui permet d’être placé face à ses responsabilités, et de la connaissance que permet une information effectivement libre et pluraliste. L’Europe vieillit, disais-je. Ses dirigeants rêvent, en technocrates utopistes, d’un futur qui a tout d’une construction intellectuelle et d’une pétition de principes. Ses populations ressentent un malaise et discernent que construction intellectuelle et pétition de principes sont détachées de ce qui se passe concrètement, mais elles n’ont pas les réponses. Vladimir Boukovski parlait, il y a quelques années, d’Europe soviétique : son diagnostic me semble de plus en plus exact.
Pourra-t-on parler un jour, en Europe, de la civilisation de la liberté commune à tous les hommes libres et qui nous unit à l’Amérique ? Pourra-t-on dire que le succès économique ne se décrète pas et dépend seulement de la pleine liberté d’entreprendre ? Pourra-t-on dire que la globalisation est un fait auquel nul ne peut « donner forme », que seules la libre création et la libre rémunération attirent le capital intellectuel, qu’un vrai combat contre le terrorisme implique de comprendre encore ce qu’est le totalitarisme et que celui-ci (comme on le voit en Iran) se moque des pacifistes béats et méprise la faiblesse ? J’ai bien peur que, dans l’immédiat, la réponse à toutes ces questions soit : non
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INDIVIDUALISME
«La tendance de l’histoire est la victoire de la liberté individuelle sur toutes les autres valeurs… (Dans l’avenir) les États seront fantoches, le pouvoir appartiendra aux entreprises et au marché, qui décidera de sujets comme la justice, l’armée, l’éducation.»
Jacques Attali
SIC
Antisémitisme «Les juifs de France n’ont d’avenir que si la France reste une nation ; il n’y a pas d’avenir possible pour les juifs dans une société multiculturelle, parce que le pouvoir des groupes antijuifs risque d’être plus important. »
Alain Finkielkraut
Émotion «Dans nos sociétés ultra-médiatisées, avides de transparence, submergées d’émotion […] il est de plus en plus difficile de mener des politiques étrangères sérieuses, persévérantes, cohérentes, fondées sur une vraie vision du monde.»
Hubert Védrine,
ex-ministre des Affaires étrangères
Drapeau «Ségolène est tombée dans le piège de Sarko.»
Dominique Strauss-Kahn
Non «La France du « non » est sous-jacente. Elle n’a pas disparu. Je la sens. Elle ne parle pas, on ne parle pas d’elle, mais elle va s’exprimer.»
Nicolas Sarkozy
Rapprochement «Nicolas Sarkozy défend les valeurs traditionnelles de la droite, cela nous rapproche. Si d’aventure les relations se normalisaient, cela changerait beaucoup de choses.»
Olivier Martinelli,
directeur de cabinet de Le Pen
Dépenses «Les parlementaires ne consacrent que très peu de temps, lors des débats budgétaires, à évaluer la dépense publique.»
Charles-Amédée de Courson |
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