Sadot Philippe - mercredi 17 mai 2006
Depuis le 10 mai dernier, la Métropole française et ses habitants se doivent de commémorer l’abolition définitive de l’esclavage et de ses corollaires comme la Traite des noirs, les déplacements forcés de population…
Jeudi 11 mai, à Anvers, un jeune Belge de 18 ans tire sur deux personnes d’origine turque et malienne, en blessant une, en tuant l’autre ainsi que l’enfant (Blanc) qu’elle portait dans ses bras… Pure coïncidence qui va encore alimenter les rancœurs de certains, pour stigmatiser le racisme ou la xénophobie blanc envers les minorités allogènes extra-européennes, et culpabiliser encore cette pauvre Europe si frileuse de son avenir et si honteuse de son passé !
Concernant le premier événement, initiative du président Jacques Chirac dont les objectifs peuvent être doubles : un clin d’œil au député radical-socialiste, Christiane Taubira initiatrice de la loi conférant à la Traité négrière la qualité de crime contre l’humanité ; et une « récompense » pour les émeutes raciales de l’automne dernier.
On peut qualifier cette commémoration de discriminatoire. Pourquoi un « 10 mai » pour les Traites noires, et rien pour les Traites de l’Antiquité et du Moyen-âge dont furent victimes les gens de l’Est, et plus précisément les Slaves (d’où le terme « slave » en anglais) ; et, plus proches de nous, celles des Barbaresques musulmans razziant la Méditerranée pour récolter leurs cargaisons de chrétiens (mises définitivement hors d’état de nuire par le roi Charles X en 1830) ?
Corollaire : le dénigrement de certains lieux, personnes ayant eu un rôle lors de cet épisode historique. Va-t-on mettre au pilori Colbert parce qu’il rédigea le Code noir ; va-t-on ostraciser les descendants de négriers qui ont permis à certaines villes comme Nantes ou Bordeaux de s’enrichir ?…
Le rôle d’une commémoration est aussi de rassembler une communauté. Or celle du 10 mai peut en monter une composante contre une autre en remettant en exergue les haines du passé. Je ne disserterai pas sur le rôle « positif ou négatif » de l’esclavage dans notre histoire, mais il fut un fait d’un passé.
Certes quelques personnalités y furent opposées à toute époque, mais il demeura longtemps un facteur économique de notre développement. Chercher dans l’histoire des motifs de division est dangereux dans un climat social et tendu comme le nôtre. Cherchons plutôt dans le futur des objectifs pour nous souder !
Agression d’Anvers
L’agression délibérée d’Anvers traduit un autre problème, lié au premier. Certes condamnable, elle est la résultante d’un ras-le-bol d’une population, déshéritée ou non, de voir ses rues, ses commerces, changeaient de physionomie pour devenir un « petit Alger », « un petit Bangkok »… Montrer du doigt l’extrême-droite belge et toutes celles de la planète, comme causes de la montée du mépris, voire de la haine envers les populations culturellement et ethniquement différentes de notre communauté européenne, est une honte !
À force de dénigrer toute origine à l’histoire de notre continent (cf. le christianisme), à force de ne voir dans notre passé que les aspects négatifs, à force de louer la mixité culturelle, à force de célébrer le culte à la différence, à force de faire des minorités des majorités par le jeu de quelques médias et de bien-pensants, à force d’accueillir des groupes allogènes dont le seul désir est certes de vivre pour la plupart tranquillement dans l’Union, mais en gardant leurs particularismes culturels, on risque la désintégration de nos bases socio-politiques à long terme.
Tout Européen désirant sauvegarder sa culture a le droit d’émettre des réserves sur l’évolution raciale de notre continent, sans être qualifié de raciste. Je rappellerai que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC) de 1789 fait explicitement référence à la différence, sans que celle-ci soit un obstacle à l’homogénéité de la Nation. Pour terminer cet article et anticiper peut-être mes détracteurs, je ferai une référence à l’Empire Romain dans lequel toutes les races, les religions ont cohabité pendant plusieurs siècles, cimentées par le culte impérial et la fierté d’accéder à la citoyenneté romaine. Mais, quand il a trop ouvert ses portes aux peuples hors limes, avec comme seule garantie la paix, la chute a suivi…
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