Milliere Guy - mardi 30 mars 2004
À l’heure où j’écris ces lignes, l’Europe continue à faire la cour aux terroristes islamistes. Après le réflexe collectif munichois de la population espagnole, criant d’un seul élan « la paix, nous vous donnerons tout ce que vous voulez mais épargnez-nous », après la promesse faite immédiatement par Zapatero de retirer les troupes espagnoles d’Irak, un ministre italien fait part de ses états d’âme et parle d’« erreur » pour qualifier l’alliance concrète États-Unis-Italie, le Premier ministre polonais dit avoir été « trompé ».
Les réunions européennes destinées à renforcer la lutte contre le terrorisme ressemblent, en ce contexte, à de pitoyables pitreries. Les actions de police et de justice vont être renforcées, nous dit-on. Si j’étais membre d’Al-Kaïda, je partirais d’un grand éclat de rire : on leur déclare la guerre, et ils traitent cela comme un problème de délinquance ! L’UE envisage de créer un « monsieur Terrorisme » européen : sans doute pour négocier au nom de toute l’Europe les prochaines redditions inconditionnelles. De partout en Europe monte, de surcroît, une grande clameur d’espoir : souhaitons que John Kerry soit élu en novembre prochain. Si les États-Unis étaient, eux-mêmes, gouvernés par un défaitiste, tout serait effectivement pour le mieux dans la meilleure des agonies. Un candidat à la présidence des États-Unis qui a déjà reçu le soutien de Kim Jong-Il et qui s’est vu décerner un brevet d’intelligence par Ben Laden ne peut pas être tout à fait mauvais.
La vérité derrière tout cela est que l’Europe paie plusieurs décennies de lâchetés et de calculs à la petite semaine. Plutôt que de préserver la capacité de se défendre, l’Europe a construit le rêve d’un État-providence utopique et ruineux qui la conduit à la décrépitude économique, au vieillissement, et à une soumission à l’islamisation. La vérité est que l’Europe, tout en étant défendue par les forces américaines, n’a cessé (à l’exception de quelques dirigeants) de glisser vers la jalousie et un mélange de fascination et de mépris vis-à-vis des États-Unis : les Européens en leur majorité voudraient concrètement la prospérité américaine, mais sans être prêts à payer, en termes de courage et de travail, le prix de cette prospérité. Voyant qu’ils n’auront plus jamais cette prospérité, ils en viennent à détester ceux qui en disposent et, par compensation, développent un complexe de supériorité intellectuelle : « ils sont plus forts, mais qu’ils sont bêtes ! ». Un président américain européanisé et prêt à rabaisser son pays peut trouver des excuses à leurs yeux. Pas un Texan et, dans une Europe qui tremble à l’idée de se dire encore chrétienne, surtout pas un texan chrétien.
La vérité est que si l’Europe accepte d’être gouvernée par Al-Kaïda, les États-Unis, quelles que soient les vociférations d’hurluberlus médiatiques, ne cèdent pas. L’Amérique profonde est faite de gens debout. Comme l’information est libre aux États-Unis, on voit quels pas immenses ont été accomplis depuis le début de la guerre contre le terrorisme, et on voit que la détermination paie. Saddam est en prison, les Irakiens sont libres, même si le terrorisme les frappe encore. Khadafi a rendu les armes, le Pakistan coopère, les Talibans résiduels sont assiégés, les dirigeants syriens, iraniens et saoudiens savent ce qui se passera après la probable réélection de Bush, tout comme Yasser Arafat dans son bunker en ruines. Kim Jong Il n’est pas seul à rêver à la défaite de Bush et à la débâcle de l’Occident : tous les islamistes, les terroristes et les dictateurs partagent ses souhaits. Ce qui est effroyable est que l’essentiel des dirigeants européens partagent ce souhait. « Qui a peur de l’islam ! », tel est le titre de mon dernier livre. La réponse en Europe aujourd’hui est : presque tout le monde. Qui préfère se coucher en tremblant plutôt que de combattre ? La réponse, en Europe, aujourd’hui est là encore : presque tout le monde. Triste époque.
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